Le confinement a eu des conséquences néfastes sur l'obésité infantile

Pour mener cette étude assez confidentielle, parue en avril 2020 dans la revue Obesity, des scientifiques du Louisiana State University Pennington Biomedical Research Center aux Etats-Unis et de l'université italienne de Vérone ont suivi 41 enfants et adolescents en surpoids pendant le confinement entre mars et avril 2020 à Vérone. Le panel était suivi dans un autre cadre depuis plusieurs années.

Les chercheurs ont suivi à distance l'alimentation, l'activité physique et le sommeil pendant trois semaines de confinement italien et ont comparé ces données avec celles concernant les mêmes enfants en 2019.

L'équivalent d'un repas en plus par jour

Leurs résultats ont montré que pendant le confinement, les enfants consommaient l'équivalent d'un repas supplémentaire par jour, qu'ils dormaient une demi-heure de plus, qu'ils passaient près de cinq heures supplémentaires devant un écran par jour et qu'ils perdaient deux heures d'activité physique hebdomadaires, en comparaison avec les données de l'année précédente.

Ils ont aussi considérablement vu augmenter leur consommation de viande rouge, de boissons sucrées et de malbouffe, bien que la quantité de légumes consommés restait la même.

"La pandémie tragique de Covid-19 a produit des effets collatéraux au-delà de l'infection virale", explique le co-auteur Myles Faith. "Les enfants et les adolescents qui luttent contre l'obésité ont été placés dans des situations d'isolement qui semblaient créer un environnement défavorable au maintien d'un style de vie équilibré."

"Reconnaître les effets collatéraux néfastes du confinement lié à la pandémie de Covid-19 est essentiel pour éviter de dévaloriser les gros efforts de contrôle de poids de ces jeunes", précise le professeur Faith.

Les scientifiques ont par ailleurs noté que les enfants et les ados ont tendance à prendre plus de poids pendant les vacances d'été que pendant l'année scolaire, ce qui laisse penser que le fait de rester à la maison du fait de la pandémie pouvait produire un effet similaire.  "L'environnement scolaire offre une structure et une routine de repas, d'activité physique et de sommeil, trois facteurs prédominants impliqués dans le risque d'obésité", ajoute la chercheuse.