Le chagrin d'amour est une douleur réelle, mais l'effet placebo peut aider à le surmonter

Le chagrin d'amour est une douleur réelle, mais l'effet placebo peut aider à le surmonter, selon une nouvelle étude
Le chagrin d'amour est une douleur réelle, mais l'effet placebo peut aider à le surmonter, selon une nouvelle étude - © andrej_k - Getty Images/iStockphoto

Une étude américaine a découvert que la douleur d'une rupture amoureuse, si elle est bien réelle, peut être atténuée par l'effet placebo.

Même si des études préalables ont déjà prouvé l'efficacité du placebo pour réduire la souffrance due notamment à la dépression, cette nouvelle étude est la première à mesurer l'effet du placebo sur la souffrance émotionnelle causée par un chagrin d'amour.

Menée par une équipe de l'université du Colorado, l'étude consistait à suivre 40 volontaires ayant souffert d'une "rupture amoureuse non désirée" au cours des six derniers mois. Les participants devaient se rendre, avec une photo de leur ex et d'un(e) ami(e) du même sexe qu'eux, dans un laboratoire d'imagerie cérébrale, où ils passaient alors une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour enregistrer l'activité de leur cerveau quand les chercheurs leur montraient les images de leur ex et leur demandaient de se rappeler de la rupture. Les chercheurs leur montraient ensuite la photo de leur ami(e), puis les soumettaient à un stimulus sur l'avant-bras gauche leur causant une douleur physique.

Les résultats ont montré que même si elles n'étaient pas identiques, les zones du cerveau activées par la douleur physique et la douleur émotionnelle étaient similaires, et l'auteur principal de l'étude, Tor Wager, pense que cela envoie un message important aux gens qui souffrent d'un chagrin d'amour : "Sachez que votre souffrance est réelle, sur le plan neuro-chimique."

Une fois sortis de l'IRMf, les participants recevaient une dose de spray nasal. À la moitié d'entre eux, les scientifiques expliquaient qu'il s'agissait d'un "analgésique puissant efficace pour réduire la douleur émotionnelle" ; à l'autre moitié, qu'il s'agissait d'une simple solution saline.

Une fois revenus dans la machine, les participants étaient soumis aux trois mêmes conditions et stimulis. Les résultats, cette fois, étaient différents.

Les personnes qui croyaient que le spray combattait le mal de tête et la douleur physique et émotionnelle voyaient leur cerveau réagir différemment lorsqu'on leur montrait la photo de leur ex. Les chercheurs ont constaté que l'activité dans le cortex préfrontal dorsolatéral, une zone jouant un rôle dans la gestion des émotions, augmentait significativement, tandis que les zones du cerveau associées au rejet témoignaient d'une activité plus faible.

L'activité augmentait également dans une zone du mésencéphale, ou cerveau moyen, appelée substance grise périaqueducale (SGPA), qui joue un rôle important dans la modulation des niveaux de sécrétion des molécules antidouleur du cerveau, des opioïdes et des neurotransmetteurs liés au sentiment de bien-être, comme la dopamine ; les participants se sentaient par conséquent mieux après avoir pris le spray nasal placebo.

Les chercheurs suggèrent que le simple fait d'entreprendre quelque chose qu'on pense utile pour se rétablir après une rupture peut être assez puissant pour influencer les zones du cerveau associées à la douleur émotionnelle, et peut ainsi permettre de se sentir mieux.