La tendance "nolo" : le peu ou pas d'alcool fait des émules

Vous reprendrez bien un petit verre... sans alcool ? Face aux spiritueux, les boissons "nolo" ("no alcohol" ou "low alcohol") connaissent un franc succès. Le cabinet IWSR, spécialisé dans l'analyse du marché des boissons alcoolisées, s'est intéressé à cette tendance sans alcool.

Selon les chiffres, les ventes de boissons peu ou pas alcoolisées ont connu une progression de 20% entre 2017 et 2018 et de 30,5% entre 2018 et 2019. Et tout laisse à penser que ce marché ne va cesser de croître.

Le nolo, une tendance subversive ?

Le mouvement de sobriété joyeuse débute aux Etats-Unis, où l'ouvrage de Ruby Warrington, "Sober Curious", fait des émules chez les millennials soucieux de leur bien-être et de leur santé.

En France, la récente sortie de l'ouvrage de Claire Touzard, "Sans Alcool", s'inscrit dans la même veine. L'auteure n'hésite pas à qualifier le choix du zéro alcool de "subversif".

Dans un pays où partager et célébrer est souvent synonyme de - beaucoup - boire, choisir la sobriété est un acte de "rébellion".

Plantes, mocktails et "soberlife"

Alors que les jeunes délaissent l'alcool, de nombreuses marques choisissent de s'adapter aux nouveaux besoins de consommation.

Parmi les nouveaux entrants, on trouve des marques aux packagings léchés qui reprennent des alcools classiques.

Mais côté saveurs, elles jouent sur une alliance d'herbes et de fruits savamment équilibrée.

C'est le cas des gins sans alcool Ceder's de Pernod Ricard, ou d'Atopia, extraits de plantes et d'arômes naturels. Dans la même veine, on trouve JNPR, au bouquet floral, ou encore Gimber, un concentré de gingembre pour l'apéro.

Côté bières, nombreux sont les brasseurs à proposer des alternatives. Maxime Costilhes, délégué général des Brasseurs de France, explique que "depuis 4-5 ans, les industriels ont développé des techniques de refroidissement, de désalcoolisation et d'interruption de la fermentation qui permettent de ne pas altérer le goût de la bière". Une tendance suivie de près par les brasseries artisanales mais aussi par les grands industriels, comme Heineken avec sa bière 0.0.

Pour les fans de vins de table, de nombreuses alternatives existent. Parmi elles, le Français Le Petit Béret, dont le cofondateur Dominique Laporte est meilleur sommelier de France, commercialise des vins rouges, blancs ou rosés façonnés à partir de sélections de cépages et d'assemblages, comme un grand cru classique.

"Dry bars", les établissements qui ne servent pas d'alcool

Et la tendance ne s'arrête pas là. Outre les nouvelles marques de breuvage nolo, des "dry bars" se sont adaptés et proposent des cartes sans alcool. C'est le cas du Listen Bar à New York ou du Virgin Mary à Dublin.

Alcool, gare aux excès !

Sous ses airs pop, la tendance "nolo" représente aussi un fort enjeu de santé publique.

La consommation d'alcool fait partie des trois premières causes de mortalité évitables. Pour rappel, elle ne doit pas dépasser 10 verres d'alcool maximum par semaine ou 2 verres d'alcool maximum par jour. Et pas tous les jours !

Une bonne raison de se rabattre sur un bon mocktail !