La Nouvelle-Zélande gère son budget en fonction du bien-être plutôt que la croissance économique

La Nouvelle Zélande gère son budget en fonction du bien-être plutôt que la croissance économique
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La Nouvelle Zélande gère son budget en fonction du bien-être plutôt que la croissance économique - © AscentXmedia - Getty Images

Comme nous l’apprenons dans le New York Times, la Nouvelle-Zélande fait parler d’elle en ces temps de changement politique : les dépenses du budget national seront dictées par ce qui améliore le "bien-être" des citoyens. Le budget a été proposé le 30 mai et nous y découvrons ce que le gouvernement compte faire pour ses citoyens. Le budget prévoit une augmentation des dépenses publiques en matière d’allocations pour les populations indigènes, de santé mentale ainsi que de lutte contre les violences familiales et la pauvreté infantile.

La première ministre, Jacinda Ardern, soutient ce projet qu’elle avait promis de mener à bien pendant sa campagne d’élection : "Nous avons dit que nous voulions être un gouvernement qui fait les choses différemment, et avec ce budget, c’est précisément ce que nous avons fait. Nous avons créé les bases non seulement d’un 'budget bien-être', mais aussi d’une approche différente de la prise de décision gouvernementale dans son ensemble".

Le ministre des finances, Grant Robertson, explique que le pays connaît une croissance économique générale qui ne bénéficie pas à toute la population et c’est dans l’optique de diminuer la disparité entre les riches et les moins chanceux que ce budget a été mis en place. Une initiative saluée par les agences sociales néo-zélandaises qui sont chargées de s’occuper des personnes plus vulnérables dans le pays et par l’opinion publique après les tueries de Christchurch en mars.

Mais la Nouvelle-Zélande n’est pas la pionnière en matière de mise en avant du bonheur national. En effet, le Bhoutan, dans les années 70, avait déjà évoqué l’idée que le bien-être de la population doit être une priorité par rapport à la croissance économique. En 2008, le pays crée un indice, aujourd’hui mondialement connu, le 'bonheur national brut'. Cependant, la Nouvelle-Zélande reste le premier pays à inclure le bonheur et le bien-être de ses citoyens dans les décisions liées aux dépenses publiques.

D’après The Guardian, la Nouvelle-Zélande octroie un financement de 1,9 milliard de dollars néo-zélandais (1,1 milliard d’euros) pour la santé mentale, afin d’aider, d’ici 2023-2024, 325.000 personnes ayant des besoins 'légers à modérés' (troubles dépressifs, anxiété, etc.) et des problèmes de toxicomanie. Les mesures de lutte contre les violences familiales auront, elles, droit à un investissement de 320 millions de dollars alors que la réduction de la pauvreté des enfants, recevra plus d’un milliard de dollars.

L’opposition au gouvernement a été un peu déçue et se demande si les mesures prises auront un véritable impact sur la population et si ces mesures pourront élever le bien-être des Néo-Zélandais. Le chef de l’opposition, Simon Bridges, s’explique : "Ce n’est pas un budget de bien-être. La plupart des Néo-Zélandais se demanderont ce qu’ils en retireront. Les familles veulent plus d’argent dans leur budget hebdomadaire pour la nourriture, l’essence et le loyer. Au lieu de cela, leurs impôts vont aux chemins de fer, aux forces de défense et aux arbres", a-t-il déploré.