La course à pied pourrait aider à réparer certains types de dommages cérébraux

La course à pied pourrait aider à réparer certains types de dommages cérébraux
La course à pied pourrait aider à réparer certains types de dommages cérébraux - © blyjak - Getty Images/iStockphoto

Une molécule dont la production est déclenchée par la course à pied pourrait aider à réparer certains types de dommages cérébraux, comme le suggère une équipe de chercheurs issus de l'Hôpital d'Ottawa et de l'Université d'Ottawa.

Les chercheurs canadiens se sont penchés sur le cas de souris dont le cervelet a été réduit suite à une manipulation génétique. Cette partie du cerveau contrôle l'équilibre et le mouvement.

La modification génétique de la taille du cervelet a entraîné chez ces souris une difficulté de déplacement et une espérance de vie réduite (comprise entre 25 et 40 jours).

Quand l'équipe de chercheurs a laissé les souris courir librement sur une roue, leur espérance de vie s'est allongée, dépassant les 12 mois. Leur équilibre s'est amélioré et elles ont pris du poids par rapport à leurs congénères sédentaires.

En comparant les cerveaux des rongeurs, les chercheurs ont remarqué que l'isolation des neurones dans le cervelet était meilleure chez les souris actives.

Pour que les effets bénéfiques de la course soient durables, la pratique de l'exercice ne devait pas s'interrompre. Lorsque les chercheurs ont retiré la roue, les symptômes sont réapparus et l'espérance de vie s'est de nouveau réduite.

Afin d'approfondir ses recherches, l'équipe a comparé les profils d'expression génétique des souris. Les chercheurs ont observé que les facteurs de croissance nerveuse VGF, produits durant l'exercice, semblaient à l'origine du phénomène.

Ces molécules VGF semblent contribuer à la restauration de la couche protectrice entourant les neurones (myéline). Le Dr. Matías Alvarez-Saavedra, principal auteur de l'étude, commente : "Nous avons constaté que les neurones existants sont mieux isolés et plus stables. Les neurones qui n'étaient pas sains ont donc mieux fonctionné et les circuits endommagés au préalable dans le cerveau se sont renforcés, devenant ainsi plus fonctionnels".

Et lorsque les chercheurs ont introduit les mêmes substances protéiniques VGF dans le flux sanguin des souris sédentaires pas l'intermédiaire d'un virus latent, les bons résultats étaient similaires à ceux de leurs cousines coureuses.

Des recherches plus poussées dans ce domaine sont certes nécessaires mais l'équipe se montre déjà très enthousiaste face à ces découvertes. David Picketts, à la tête de l'équipe de chercheurs, commente : "Il est clair que les facteurs de croissance nerveuse VGF sont importants dans le déclenchement du processus de réparation des zones endommagées du cerveau".

Des recherches encore plus approfondies pourraient aboutir à l'élaboration de nouveaux traitements de la sclérose en plaques et d'autre troubles neurodégénératifs qui endommagent l'isolation entourant les nerfs.

Les résultats ont été publiés en ligne dans la revue Cell Reports