L'efficacité du cannabis médical remise en cause par les chercheurs

L'efficacité du cannabis médical reste à prouver.
L'efficacité du cannabis médical reste à prouver. - © ©Yellowj/Shuttertsock.com

Des scientifiques ont analysé l’ensemble des études scientifiques traitant de l’influence du cannabis thérapeutique sur plusieurs maladies. Leurs conclusions sont claires : les preuves sont aujourd’hui trop faibles pour établir un réel lien de cause à effet.

Depuis quelques années, le cannabis médical suscite beaucoup d'espoirs dans le monde de la recherche. De nombreuses études ont montré qu'il pourrait avoir une influence dans le traitement de plusieurs maladies ou pour soulager certains symptômes. Aux États-Unis, 23 états ont déjà légalisé la marijuana à usage médical et 7 devrait très prochainement faire de même. Si l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux n'a pas approuvé son utilisation comme une forme de médecine, les recherches sur les composés actifs de cette plante, appelés cannabinoïdes, ont néanmoins conduit à l'approbation de deux médicaments. Le dronabinol et le nabilone sont utilisés respectivement pour traiter les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie et lutter contre la perte de poids et d'appétit chez les personnes atteintes par le virus du SIDA.

Pour en avoir le cœur net, une équipe de chercheurs de l'université de Bristol au Royaume-Uni, dirigée par le Pr Penny F. Whiting, a analysé 79 études impliquant 6462 participants portant sur l'efficacité des cannabinoïdes à usage médical.

Pour les scientifiques, les résultats sont clairs. Sur les 79 études, seules deux présentaient des résultats statistiques satisfaisants appuyant l'usage du cannabis médical. Soit un pourcentage insuffisant. "Un grand nombre de ces études ne sont pas statistiquement significatives, commente le Pr Whiting. Les preuves de l'efficacité du cannabis médical sont en l'état trop faibles pour établir un réel lien de cause à effet."

Des conclusions qui s'appliquent à l'ensemble de ses prescriptions : traitement de la douleur, troubles du sommeil, syndrome de Gilles de la Tourette, dépression, nausées dues à la chimiothérapie et sclérose en plaques. Les auteurs de l'étude ont également évalué le risque d'apparition d'effets secondaires indésirables mentionné dans 62 études. Ils ont ainsi mis en évidence que l'usage des cannabinoïdes augmentait la survenue de symptômes tels que : sécheresse de la bouche, étourdissements, fatigue, euphorie, désorientation, confusion, hallucination et perte d'équilibre. "De nouveaux essais cliniques, beaucoup plus larges, sont dans l'avenir nécessaire si l'on veut prouver que les cannabinoïdes ont un effet bénéfique pour l'ensemble de ces maladies", conclut le Pr Whiting.

Cette méta-analyse a été publiée le 23 juin dans la revue JAMA.

 

RTBF TENDANCE avec AFP