Journée internationale des câlins : comment se faire des câlins en pleine pandémie ?

Est-ce un hasard si trois jours après le "Blue Monday" – la journée la plus déprimante de l’année – nous fêtons la journée mondiale du câlin ? Pas si sûr. Car il se trouve que le câlin a des superpouvoirs antidépresseurs et déstressant. A tel point qu’on pourrait presque remplacer le célèbre adage "An apple a day keeps the doctor away" (en français : "Une pomme par jour éloigne le médecin") par "A hug a day keeps the doctor away" ("Un câlin par jour éloigne le médecin") !

Après l’année qui vient de s’écouler et le confinement qui n’en finit pas, tout le monde aurait bien besoin d’un gros câlin. Mais est-ce sans risque ? Ça dépend comment on le fait et surtout… avec qui !

Quels sont les risques de se faire un câlin en pleine pandémie ?

Interrogée par le New York Times, la chercheuse spécialisée dans la transmission des maladies aéroportées Linsey Marr s’est penchée sur la question des câlins en temps de pandémie mondiale. Et l’étude démontre que, finalement, le risque d’exposition virale est "étonnamment faible". La chercheuse avance dans cet article que les scientifiques estiment qu’il faut être exposé à environ 200 à 1000 particules virales pour tomber malade du covid-19. Or, contrairement à la toux qui peut transporter jusqu’à 10 000 particules (et donc potentiellement vous exposer au virus si une personne atteinte vous tousse dessus), un câlin réalisé dans de bonnes conditions ne pourrait – en principe – nous exposer qu’à 100 ou 200 particules du virus.

Le risque est toutefois présent et les gestes barrières sont toujours d’applications. Si vous habitez en coloc, en famille ou en couple, surtout ne vous privez pas : faites des câlins à gogo avec les membres de votre bulle (s’ils ne sont pas en quarantaine, évidemment) ! En revanche, le "coup de coude" ou le salut de la main reste malheureusement d’application pour tous les autres…

7 conseils pour un "safe hug"

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Est-il possible de se faire des câlins en pleine pandémie ? Si oui, avec qui ? Et quels sont les moyens de limiter les risques ? © Getty Images

Clairement, les câlins hors de la bulle de contact ne sont pas recommandés en ce moment. Mais ils sont tellement importants pour notre santé mentale et notre bien-être que deux chercheuses en virologie de l’université de Griffith en Australie ont publié dans The conversation des conseils pour limiter au maximum les risques de transmission en cas de câlins "absolument nécessaires" (on ne sait jamais). Les voici :

  1. Cela va de soi, ne faites pas de câlin si vous avez les symptômes du Covid-19 ;

  2. Evitez autant que possible de faire des câlins avec une personne vulnérable (âgée, immunodéprimée ou souffrant de problèmes de santé) ;

  3. Lorsque vous faites un câlin (avec une personne en bonne santé, donc), ne mettez pas vos joues l’une contre l’autre mais tournez votre visage dans la direction opposée ;

  4. Portez un masque ;

  5. Retenez votre souffle si vous le pouvez et ne pleurez pas, afin d’éviter de transmettre ou d’inhaler des gouttelettes ;

  6. Le contact doit être bref ;

  7. Lavez ou désinfectez vos mains avant et après le câlin.

Il existe aussi l’option des "rideaux à câlins" pour s’enlacer en toute sécurité, comme on a pu le voir au Brésil ou chez nous, à La Louvière.

Et sinon, on fait comment ?

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Est-il possible de se faire des câlins en pleine pandémie ? Si oui, avec qui ? Et quels sont les moyens de limiter les risques ? © Getty Images

Si vous habitez seul(e) et que vous ne voulez prendre absolument aucun risque mais que vous avez un besoin urgent de réconfort, sachez que les câlins aux animaux de compagnie offrent à peu près les mêmes avantages que les câlins "entre humains" et augmentent eux aussi notre niveau d’ocytocine (l’hormone de l’attachement et de l’amour, qui combat le stress et apaise).


Lire aussi : Une personne sur deux trouve davantage de réconfort auprès de son animal de compagnie que de son conjoint !


Et sinon, vous pouvez aussi devenir câlineur ou câlineuse bénévole auprès de bébés hospitalisés (via l’ASBL Les câlineurs de bébés par exemple). En plus d’apporter aux nourrissons la présence rassurante et apaisante nécessaire à leur développement, vous profiterez également des bénéfices puisque ces moments câlins vous procureront de la joie et du bien-être (ça marche dans les deux sens !).

Bonne journée mondiale du câlin, soyez prudent(e)s.