En manque de vitamines ? Préférez une alimentation saine aux compléments

Sur le marché, on trouve d'ailleurs de tout, des complexes pour vous renforcer en passant par les vitamines pour vous booster avant l’hiver. Chaque année, 38% des Belges consomment des compléments vitaminés. Les plus gros consommateurs de vitamines ? Les enfants de 3 à 5 ans et les femmes de plus de 40 ans.

La dernière tendance en la matière, ce sont les complexes à base de micro algues, comme la spiruline, la chlorelle ou la klamath.

Pour en discuter, l'équipe d'On n'est pas des pigeons reçoit Nicolas Guggenbühl, diététicien, licencié en nutrition humaine.

A-t-on vraiment besoin de ces vitamines ?
"Des vitamines, c'est clair, on en a besoin ! Mais pour les trouver, il serait préférable de privilégier l'alimentation. En effet, une alimentation équilibrée peut fournir la trentaine de nutriments dont les vitamines dont partie, dont nous avons besoin."

Quel est votre avis sur ces algues ?
"On connait déjà les vitamines A, D, B mais ici, ce sont des complexes beaucoup plus compliqués. Nous n'allons pas retrouver l'une ou l'autre vitamine, mais un ensemble de protéines, acides aminés, vitamines, de l'iode ou encore du cuivre. Il faut savoir que l'on connaît relativement peu les effets 'documentables' de ce genre de produits qui sont dans la tendance 'green, vert, nature', ou cela vient d'océans ou de lacs à l'eau relativement pure. Mais il n'y a pratiquement pas d'étude clinique montrant des effets, pas encore."

Dans la dernière étude de l’Institut de santé publique sur notre consommation alimentaire, on apprend que la population belge manque de certaines vitamines et minéraux. Quels sont ceux qui nous font défaut ?
"Cette étude n'a pas étudié toutes les vitamines, mais il apparaît clairement que l'on manque de vitamines C, qui est pourtant une vitamine que l'on retrouve beaucoup dans les fruits et légumes, les crudités et les agrumes, on manque également de vitamine D et aussi une vitamine de groupe B, la B6, que l'on trouve notamment dans la viande. Et surtout, la vitamine B9 chez les femmes qui souhaitent avoir un enfant.

Quid des Omega 3 ?
"On est en moyenne à 30% en dessous de la limite minimale qui est nécessaire. Cela s'explique par une consommation plus faible de sources d'Omega 3 présents dans certaines graisses, huiles. En moyenne, on mange une dizaine de grammes par jour, mais il faudrait en consommer plus."

En cas de carences, vous préconisez de prendre des compléments alimentaires ou d’adapter son alimentation ?
"En cas de manque de vitamines, on va d'abord essayer de combler ce manque via les aliments, c'est la priorité. Si ce n'est pas possible, si l'alimentation ne permet pas d'en fournir des qualités suffisantes, par exemple une femme qui souhaite avoir un enfant et qui manque de vitamines B9 ou d'acide folique, on lui conseille de prendre un complément. très fréquemment, les enfants manquent de vitamines D en hiver, on va alors lui conseiller un supplément. Mais cela est au cas par cas."

Comment peut-on déceler une carence ?
"Il faut se méfier des signes physiques car il n'y a rien de plus atypique que la fatigue, par exemple. Par contre, il y a des seuils dans le sang qui peuvent alerter. En dessous d'une certaine valeur, on peut considérer qu'il y a déficience et encore plus en dessous, carence."

À cette période de l’année, est-ce qu’il y a des aliments que vous recommandez particulièrement, pour résister aux assauts du froid et des microbes ?
"Tous dans leur ensemble car il se complète. Mais c'est la saison des choux par exemple, c'est bourré de vitamine C et c'est local. Du poisson gras une fois par semaine et pour l'Omega 3, des noix."

 

Article original paru sur On n'est pas des Pigeons !