Depuis quand le sport est synonyme de santé ?

"Un esprit sain dans un corps sain." Dans le dernier baromètre Sport-Santé publié en février dernier par la Fédération Française d'Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire (FFEPGV) et Ipsos, 62% des Français jugent que la reprise des activités physiques et sportives est indispensable pour eux-mêmes.

Antiquité : la santé est une question d'équilibre

En son temps, Hippocrate (460-377 av. JC) faisait déjà le même constat en affirmant que "l'exercice est un facteur d'équilibre entre la force que l'on dépense et celle que l'on absorbe". Pour lui, la santé viendrait de l'équilibre entre quatre éléments : "le sang, la lymphe, la bile noire et la bile jaune".

Cette notion d'équilibre entre les éléments se retrouve aussi chez Aristote (384-322 av. JC), pour qui "les travaux du corps nuisent à l'esprit, les travaux de l'esprit nuisent au corps".

Le lien entre sport et médecine apparaît pour la première fois sous l'Empire romain grâce à Galien (130-199 après JC). Ce médecin à l'école des gladiateurs de Pergame incorpore la pratique de la gymnastique dans la médecine préventive et thérapeutique. Il différencie les "exercices actifs" en trois catégories : ceux qui demandent de la force, ceux qui nécessitent de la rapidité et les "violents". Ces notions ne connaissent alors pas d'évolution jusqu'à la Renaissance.

Renaissance : l'anatomie révèle le lien entre exercice et oxygène

La Renaissance marque la recherche par l'anatomie. Lors de l'étude du corps humain, les médecins font peu à peu le lien entre respiration et exercice musculaire.

En 1780, Lavoisier démontre que "la respiration est une combustion" et démontre dans les "Mémoires de l'Aca­démie des Sciences, 1789-1790" que plus l'activité physique est intense, plus le corps consomme de l'oxygène. Cependant, le mécanisme musculaire reste inconnu des scientifiques de l'époque. 

Le sport pour tous, enjeu de santé publique

En France, l'activité sportive fait son entrée à l'école en 1869 sous le nom de gymnastique. Ses objectifs sont clairs : former des soldats, des professionnels, des citoyens mais aussi rester en bonne santé. Cette pratique ne quitte plus l'enseignement. Elle est renforcée, d'abord sous le régime de Vichy en 1940 avant d'être l'objet de nombreuses réformes.

L'activité sportive est avant une question de santé publique en France, comme le démontre l'arrêté du 2 octobre 1945, qui vise à orienter les sportifs "rationnellement vers une activité d'éducation physique et sportive concourant à développer leur état de santé et leur équilibre en général".

La médecine évolue et les facultés proposent des cours "d'hygiène sportive". Les hôpitaux s'adaptent également. En 1977, un département médical dédié aux sportifs de haut niveau est créé au sein de l'Institut national des sports et de l'éducation physique (Insep).

Depuis, la recherche sur le sport ne cesse de se diversifier, que ce soit pour accroître les performances des athlètes ou pour préserver la santé des particuliers.