Absentéisme, mal-être : comment aider les ados à mieux vivre avec la dermatite atopique ?

Absentéisme, mal-être : comment aider les ados à mieux vivre avec la dermatite atopique ?
Absentéisme, mal-être : comment aider les ados à mieux vivre avec la dermatite atopique ? - © tylim/IStock.com

Saviez-vous que la dermatite atopique modérée à sévère était responsable de 15 à 22 jours d'absentéisme à l'école par an ?

C'est le constat d'une étude relayée par Sanofi Genzyme à l'occasion de la Journée internationale de la dermatite atopique le 14 septembre, qui montre également que la maladie a de lourdes conséquences sur la qualité de vie des patients, notamment des adolescents.

Un constat qui interroge sur la nécessité de mieux informer le public et de répondre aux besoins non satisfaits des malades.

Une maladie de la peau fréquente mais peu connue du public

Si la dermatite atopique fait partie des maladies de peau les plus fréquentes dans le monde, elle reste encore trop méconnue par celles et ceux qui n'y sont pas confrontés. Une ignorance qui peut être à l'origine de nombreux préjugés, de moqueries ou de discriminations qui impactent fortement le quotidien des patients. D'après une étude française réalisée en 2020, plus d'un ado souffrant d'une dermatite atopique sur trois (35%) déclare avoir déjà été en proie aux moqueries ou subi un isolement tandis que 57% se déclarent gênés, malheureux ou tristes à cause des problèmes de peau générés par la maladie. La santé peut également s'en ressentir puisque 50% affirment avoir un sommeil perturbé.

"Nous sommes en présence d'une maladie chronique qui évolue avec des poussées et qui touche l'enfant et l'adulte. Le symptôme le plus gênant est sans conteste le prurit, qui peut être très féroce et insomniant. En conséquence, on se sent fatigué le matin au réveil", explique le Professeur Jean-Luc Schmutz, chef du département de dermatologie et d'allergologie du CHRU de Nancy.

La dermatite atopique se caractérise par des éruptions cutanées pouvant le plus souvent apparaître sur les paupières, le visage, le cou, les coudes, les poignets, les mains, les genoux et les chevilles, chez l'adolescent et l'adulte. Dans sa forme la plus sévère, elle peut même engendrer des démangeaisons intenses quotidiennes et des lésions cutanées avec un risque de surinfection.

Un impact important sur la vie des ados et de leurs parents

Outre les moqueries et la perte de l'estime de soi, la dermatite atopique peut également affecter la scolarité des adolescents concernés.

Près de la moitié des ados touchés confient avoir manqué l'école à cause de leur maladie au cours des 12 derniers mois tandis que 42% des parents ont déjà été obligés de s'absenter du travail.

On l'a vu, la dermatite atopique est à l'origine de 15 à 22 jours d'absentéisme en moyenne par an chez les patients adolescents.

C'est d'ailleurs sur toute la famille que l'impact de la maladie se ressent : 39% des parents déclarent organiser leur vie de famille autour de l'ado malade, 26% affirment délaisser les autres enfants pour se concentrer sur la maladie de l'ado concerné, et 63% avouent même culpabiliser par rapport à la pathologie de leur enfant.

"La dermatite atopique est une maladie stigmatisante parce qu'elle se voit et le meilleur moyen d'éviter cela est de la traiter", souligne le Pr Jean-Luc Schmutz. Il ajoute : "Sinon, nous avons les campagnes d'information, la Journée mondiale de la dermatite atopique... Pour faire connaitre la maladie au grand public".

Des solutions pour informer les patients

Les patients atteints de dermatite atopique ou souffrant de démangeaisons intenses et quasiment quotidiennes s'ils n'ont pas encore été diagnostiqués, doivent consulter un dermatologue, qui sera à même de leur proposer la prise en charge la mieux adaptée.

Il existe également des associations comme l'Association Française de l'Eczéma ou la National Eczema Association, qui conseillent et accompagnent les patients au quotidien, tout comme le site Dermatite-atopique.fr, qui fournit de nombreux informations et conseils sur la maladie tant sur la prise en charge et les symptômes que sur le mal-être ressenti au quotidien.

Les chiffres présentés sont issus de l'étude française ECL-Ados menée par la société EMMA en 2020. Elle a été proposée à 400 parents d'adolescents de 12 à 17 ans souffrant d'une dermatite atopique diagnostiquée par un médecin. Avec leur accord, un questionnaire a été délivré à leur adolescent.