15% des patients atteints de migraine chronique ont déjà songé au suicide, révèle un sondage

15% des patients atteints de migraine chronique ont déjà songé au suicide, révèle un sondage.
15% des patients atteints de migraine chronique ont déjà songé au suicide, révèle un sondage. - © Annadokaz/IStock.com

Ça pulse, ça cogne au niveau des tempes, la tête est comme serrée dans un étau et le moindre son ou faisceau de lumière paraît insupportable

Les patients atteints de migraine chronique reconnaîtront certainement cette description d'une crise, parfois si forte qu'elle peut empêcher de travailler ou même d'avoir la moindre bribe de conversation.

Un sondage dévoilé par l'association La Voix des Migraineux met en lumière le casse-tête au quotidien de ces patients.

Un impact considérable sur la santé mentale

Maladie chronique qui touche entre 15% et 20% de la population mondiale, la migraine se manifeste par une douleur localisée dans une partie précise du crâne ou du cou, des douleurs pulsatiles et une intolérance au son et/ou à la lumière. Un épisode migraineux peut durer de 3 à 72 heures et s'accompagner de nausées et de vomissements. On considère qu'au-delà de 4 crises par mois, la migraine devient invalidante pour le patient. 

Les répercussions sur la vie sociale, familiale, professionnelle ou conjugale de la migraine sont multiples. Pour 70% des sondés, la durée des épisodes de crise migraineuse excède les 4 jours.

L'effet sur le moral est colossal : un patient sur deux estime que la migraine gâche sa vie au quotidien au point de déclencher une dépression pour 14,5% d'entre eux. 15% confient même avoir songé plus d'une fois au suicide.

C'est sur le plan familial et social que le ressenti est le plus difficile : un malade sur deux confie faire fréquemment une croix sur les fêtes ou les réunions familiales en cas de crise. Les parents sont quant à eux confrontés à une difficulté supplémentaire : seuls 7% des sondés déclarent avoir réussi à s'occuper des enfants "sans difficulté" pendant leurs crises, tandis que près de 40% expliquent devoir demander de l'aide auprès de leurs proches dans ces cas de figure. Une situation qui engendre un grand sentiment de culpabilité

1 malade sur 2 rate fréquemment le travail à cause des crises migraineuses

Au travail, les crises de forte intensité entravent sérieusement les facultés de concentration et de réalisation des tâches. Le simple fait d'effectuer un trajet domicile-travail peut s'apparenter à un parcours du combattant. Plus d'un sondé sur deux (51%) déclare avoir manqué le travail au moins une fois en l'espace de 3 mois.

Pour toutes ces raisons, l'association La Voix des Migraineux exige que la migraine soit officiellement reconnue comme un handicap : "Il faut que ceux dont la vie sociale et professionnelle est vraiment altérée puissent bénéficier d'un statut de personne handicapée. Ce statut leur permettrait de bénéficier d'aides qui les soulageraient dans leur vie quotidienne. Or aujourd'hui, seuls, 5,5% des patients sont reconnus handicapés et 2,4% invalides. Cela est loin d'être suffisant face à une pathologie qui se classe parmi les 3 premières maladies reconnues invalidantes par l'OMS, et la première pour les 18-50 ans", plaide la présidente de l'association, Sabine Debremaeker.