Un lieu rend hommage aux valeurs et au patrimoine du parfum

A quelques jours de l'inauguration, Guillaume de Maussion, président du Grand Musée du Parfum, nous en dit plus sur ce nouveau lieu culturel parisien.

Quand et comment est né ce projet de musée du parfum ?
L'idée est née il y a exactement deux ans, partant du simple constat qu'il n'existait pas de musée du parfum à Paris. Ce qui est assez incroyable. On a d'ailleurs reçu beaucoup d'encouragements de la part l'ensemble du secteur qui attendait un tel lieu, afin qu'il puisse rendre hommage aux valeurs et au patrimoine du parfum.

Pourquoi avoir choisi un hôtel particulier, rue du Faubourg Saint-Honoré ?
Il était important d'être dans un lieu emblématique parisien. La rue du Faubourg Saint-Honoré est quasiment une marque. On est dans un univers où il y a des codes : le parfum est un produit de luxe accessible. Un hôtel particulier est l'endroit idéal pour rendre hommage au chic et au romantisme parisien. Finalement, c'est très conforme à l'idée qu'on se fait d'un musée du parfum. 

Un parcours multi-sensoriel a été imaginé pour découvrir ce musée. Pouvez-vous nous en dire plus ?
On a décidé de rendre ce musée sensoriel parce que le parfum est quelque chose d'invisible, et avant tout un plaisir. La visite sera séquencée en trois parties. La première, historique, peut-être la plus muséale au sens classique du terme, montrera pourquoi le parfum, qui existe depuis l'Antiquité, est toujours présent, avec un accent porté sur les évolutions de son utilisation. La deuxième partie est consacrée aux odeurs, avec pour objectif de faire comprendre aux visiteurs leur importance au quotidien. On a voulu que les gens prêtent attention à leur capacité olfactive avec des outils sensoriels et ludiques, et notamment une soixantaine d'odeurs à découvrir. Pour la troisième, le visiteur rentre chez le parfumeur. On est dans une interprétation artistique et contemporaine du travail du parfumeur. On va expliquer comment on crée un parfum et chacun pourra sentir et découvrir la palette de matières premières des parfumeurs.

Vous parlez d'une soixantaine d'odeurs à découvrir. Seront-elles uniquement liées à l'univers de la parfumerie ?
Pour la troisième partie, il ne s'agira que d'odeurs liées au parfum. Mais pour la partie la plus sensorielle, entièrement consacrée au sens olfactif, il s'agira de celles du quotidien. On sera moins dans la parfumerie, et plus dans le plaisir olfactif. Pour aider les visiteurs à reconnaître les odeurs, on va en avoir des facilement identifiables. Ça pourra être des odeurs alimentaires, comme celle du café, par exemple, et même des mauvaises odeurs.

Est-ce qu'il faudra, par conséquent, avoir un nez affûté pour découvrir ce lieu comme il se doit ?
Non, il sera accessible à tous. On porte tous du parfum et on est tous curieux de savoir comment ça fonctionne. Il faut que ce soit un musée accessible au plus grand nombre. On veut d'ailleurs être capable de séduire les publics qui ne vont pas habituellement dans les musées. Il n'y a aucune barrière de connaissances.

Le musée proposera-t-il une sélection de flacons de parfums, disparus ou toujours en vente ?
Oui, il y aura quelques flacons à visualiser. Il y a beaucoup de gens qui adorent ça, donc il était nécessaire de le faire. Mais ce n'est pas le coeur du projet. Je trouve intéressant de mettre en avant quelques jolis flacons, mais il faut éviter l'effet d'accumulation.

Le Grand Musée du Parfum se situe à quelques pas du musée Fragonard. En quoi va-t-il se démarquer ?
Tout simplement, le Grand Musée du Parfum n'est pas le musée d'une marque. On ne propose pas non plus la même visite. Mais sur ce point, je pense que c'est le public qui s'exprimera.

Quelle est la cible du Grand Musée du Parfum ? Touristes ? Parisiens ? Passionnés ?
Il s'adresse vraiment à tous. Pour les Parisiens, il y a une curiosité évidente et une forme de fierté pour le parfum parisien. Outre cette cible locale et évidemment nationale, qui est très importante, il y a pour nous un important challenge à faire venir les touristes étrangers. C'est pour cela qu'on a imaginé une visite qui est originale, ne nécessitant pas une connaissance culturelle approfondie dans un certain domaine pour se faire plaisir.

Que peut-on souhaiter à ce musée ?
On peut lui souhaiter du succès, bien évidemment. Mais il faut aussi que l'intention de départ, à savoir faire partager le plaisir du parfum et donner envie d'en porter, soit comprise par tous.