Tout droit en provenance du Brésil, Magali nous donne "Rendez-vous au bar du coin"

Difficile de trouver d’autres belges ici : les touristes noir-jaune-rouge ont posé leurs valises à proximité des stades qui accueilleront les Diables. Certains en profiteront pour faire un peu de tourisme mais il y a peu de chance qu’ils passent par chez nous. Pas grave : nous sortons nos perruques, nos lunettes et nos drapeaux nationaux pour nous faire une beauté. Ma belle-sœur décide d’être belge entre 13h et 15h avant de retrouver son identité nationale pour le match de son équipe. Nous sommes attablés dans le salon quand le coup d’envoi est donné. La rue est calme, personne n’a pris congé pour regarder le match des belges. On rit en voyant Wilmots enfiler sa veste (" il va cuire ") et on se dit que 12 ans après leur dernière Coupe, les Diables doivent avoir la pression. On entend les mouches voler mais les aficionados du foot ne mettent pas longtemps avant de rentrer dans la partie. Les débuts des Rouges sont difficiles et l’équipe algérienne fait bloc. Les commentateurs brésiliens ont du mal avec les noms des joueurs de notre équipe : Daniel Van Buyten et Kevin De Bruyne obtiennent la palme de la touche d’exotisme en devenant " Van Bouille-tèn " et " De Brou-i-ni ".

 

Facebook chauffe

Sur les réseaux sociaux, l’ambiance est électrique. Mes contacts fanas de foot (ou qui se sont découverts patriotes) commentent le match en direct. J’ai l’impression de vivre sur une autre planète, tellement il fait calme à la maison. La ferveur et les cris, ce sera pour plus tard. Heureusement, Wilmots effectue ses changements et la Belgique revient au score. Ça gigote dans le divan : du foot reste du foot, difficile de les empêcher de regarder l’écran. Surtout quand l’équipe nationale brésilienne sort de son hôtel : un deuxième écran apparaît sur Globo pour diffuser en direct leur trajet en autobus. Oubliés, Van Buyten et De Bruyne ! Neymar est sur toutes les lèvres. On applaudit quand même la fin de match des belges, tout en réservant notre table dans le bar où nous nous rendons sans attendre pour vivre en direct Brésil-Mexique.

 

Dress code : jaune et vert

L’entrée est à 10 R$. On nous a placés juste en face d’un des 3 écrans géants : " Par-fait ! ", Chéri exulte. Petit à petit, le bar se remplit, pour finir noir de monde. Les buzinas sont de sortie, les chapeaux, drapeaux et lunettes vertes aussi. Tout ce petit monde coloré converse tranquillement en regardant les joueurs s’échauffer. On commande des Skol ou un refri (" refrigerante ", sous-entendu une canette fraîche de jus, de Coca-cola, de Guaraná,…). L’hymne national retentit, Neymar verse une larme, et le bar entier chante à pleins poumons. La pression sur le terrain doit être énorme, tant celle des supporters se fait déjà sentir au moindre de ses mouvements. Les filles discutent de la nouvelle couleur de cheveux de Dani Alves, les hommes n’ont d’yeux que pour le gardien mexicain qui marque le match de sa présence. Les occasions ne manquent pas. La foule se lève mais jure à chaque fois qu’Ochoa contre les offensives brésiliennes (" Porraaaaaaaaaaaaaaaaaa !! "). La seconde mi-temps apporte son lot de stress avec une équipe mexicaine plus offensive : Chéri retient son souffle mais ne lâche pas sa buzina, sur laquelle il passe ses nerfs. Mes oreilles sont en feu.
Un groupe de pagode s’installe à côté de nous, et prépare l’après-match. L’arbitre siffle la fin de la rencontre. Les brésiliens sauvent l’honneur, même si dans leur conception du football un nul reste une défaite.

En quelques secondes, la vie reprend. Les filles se pressent sur la piste pour danser, on commande de nouvelles boissons et des espetinhos (petites brochettes) à déguster. Comme si le monde s’était arrêté et n’avait vécu qu’au rythme du Brazuca pendant 1h45. Prochains adversaires : Russie et Cameroun !

 

Magali Grimonprez