Mal dormir, c'est grossir ?

Mal dormir, c'est grossir ?
Mal dormir, c'est grossir ? - © Photographer: Aliaksei Kaponia/istock

Troubles du sommeil et problèmes de nutrition sont intimement liés comme le montrent les études les plus récentes. Les mauvais dormeurs sont plus que les autres sujets au surpoids, voire même à l'obésité.

L'Institut français du sommeil et de la vigilance (INSV) et MGEN ont publié hier une étude menée auprès de 49.086 personnes, elle a été réalisée dans le cadre du programme national NutriNet-Santé, qui regroupe quelques milliers d'internautes volontaires afin de recueillir des informations sur leur alimentation et leur santé.

Selon ses résultats, les Français dorment 6h48 en moyenne par jour, et un tiers d'entre eux dort moins de 6 heures. Parmi les personnes qui dorment peu, on compte surtout des actifs (61,2% d'entre eux) et de jeunes adultes (30%). Or, "dormir habituellement moins de 6 heures par 24 heures, c'est s'exposer à un risque d'obésité, de maladies cardiovasculaires, d'accident, de dépression", commente le professeur Damien Léger, président de l'INSV.

Les petits dormeurs comptent d'ailleurs dans leur rang plus d'obèses que les autres. Un temps de sommeil court augmente les risques de grave surpoids de 34% pour les femmes à 50% pour les hommes.

Plus qu'un lien direct de cause à effet, l'enquête montre surtout un phénomène de cercle vicieux. Car l'insomnie est aussi plus élevée chez les personnes souffrant d'obésité, surtout chez les femmes (27% des femmes obèses sont insomniaques, contre 19% chez les non-insomniaques). Le risque d'hypersomnolence sévère et l'apnée du sommeil sont aussi plus présents.

L'alimentation joue un rôle important sur la qualité du sommeil. L'étude de l'INSV et MGEN montre que les hommes insomniaques consomment moins de fruits et légumes et plus de viandes rouges, ainsi qu'une trop grande quantité de café.

Et dans un complexe effet boule de neige, mal dormir bouleverse aussi le comportement alimentaire. Ces dérèglements perturbent les systèmes hormonal et comportemental. Résultat : on grignote en dehors des repas, notamment la nuit lorsqu'on reste éveillé, et on ressent l'envie d'ingérer des aliments sucrés. Car avec la fatigue, le cerveau sera plus attiré par les glucides, considérés comme plus énergétiques.

 

RTBF TENDANCE avec AFP