Shang chi : nouveau héros Marvel et symbole de lutte contre le racisme anti-asiatique

Shang chi et la légende des dix anneaux, c’est le nouveau Marvel sorti le 1er septembre en salle. Pour être honnête, chez Tarmac on n’a pas (encore) vu ce nouvel opus. Mais c’est autre chose qui nous a interpellé. Pour la première fois dans l’histoire de l’univers cinématographique Marvel, le héros du film est issu des communautés asiatiques. Ce qu’il y a d’intéressant c’est cette volonté de se positionner contre un racisme anti-asiatique et d’offrir une plus grande visibilité aux personnes issues de ces communautés. Dans le choix des acteurs, la réalisation, le scénario ou encore la langue qui est pour une large part le Mandarin, rien n’est laissé au hasard. Le scénariste, David Callaham explique d’ailleurs qu’il avait une liste des clichés à dézinguer dans le film.

Shang chi et la légende des dix anneaux c’est aussi (et surtout ?) une façon de faire un pied de nez au racisme anti-asiatique.

Un héros asiatique chez Marvel : une première !

Effectivement, c’est la première fois que Marvel raconte l’histoire d’un héros d’origine chinoise. Pourquoi c’est important ? Pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agit d’une question de représentation de héros issus des communautés asiatiques dans le paysage hollywoodien et aussi parce que Shang Chi, le héros, débarque dans un contexte d’augmentation du racisme et de crimes de haine à l’encontre de ces communautés, notamment aux Etats-Unis.

En effet, selon les statistiques 2020, publiés par le FBI le 30 août dernier, les crimes de haine anti-asiatique ont augmenté aux Etats-Unis. Il faut dire qu’entre le contexte sanitaire du coronavirus et la multiplication des amalgames à l’encontre de la Chine, à quoi s’ajoutent les attaques frontales et ouvertement xénophobes de l’ancien président Trump à l’encontre des Asiatiques, un climat particulièrement tendu s’est installé, notamment aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, mettre en avant un héros asiatique pour la première fois, et avec la force de frappe que représente l’univers Marvel, ce n’est pas rien.

Simu Liu, acteur engagé

D’autant plus que l’acteur choisi pour jouer le héros, lui-même d’origine chinoise, est particulièrement engagé sur les questions de visibilité. Il s’agit de Simu Liu, un acteur chinois ayant immigré au Canada à l’âge de 5 ans. Jusqu’ici peu connu du grand public, il affiche régulièrement sur ses réseaux sociaux sa volonté de voir une meilleure représentation des communautés asiatiques au cinéma. Il s’était d’ailleurs exprimé dans une tribune acerbe pour Variety, comme le rappelle le HuffPost.

Il y écrit notamment, "le racisme anti-asiatique est bien réel, et il ne sera pas résolu avec une comédie romantique opulente ou un super-héros Marvel, mais avec vous – les spectateurs – reconnaissant la validité de notre douleur".

Comme le rappelle à nouveau le HuffPost, Simu Liu n’a pas non plus hésité à prendre à partie face Disney +, pourtant futur diffuseur de ce nouvel opus Marvel, quand ces derniers avaient parlé d’expérimentation. "Nous sommes les opprimés. Nous sommes les sous-estimés. Nous sommes la célébration de la culture et de la joie qui perdureront après une année difficile. Nous sommes la surprise", a-t-il déclaré sur twitter.

Nous savions que nous voulions changer ça

Cette volonté de casser les stéréotypes pesant sur les Asiatiques est aussi présente chez le scénariste, David Callaham qui a indiqué au média Inverse, "c’est plus facile d’être violent ou haineux à l’encontre de personne que l’on ne perçoit pas comme étant son semblable". "Nous savions que nous voulions changer ça".

Au-delà du personnage principal de Shang Shi, c’est aussi autour de celui du vilain : le Mandarin qu’un travail a été fait pour sortir des clichés contre les Asiatiques, comme l’explique le Journal du Geek.

Simu Liu, parle couramment anglais et chinois et il s’est formé aux arts martiaux pendant un an environ pour les besoins du film. D’ailleurs, c’est tout l’univers du Kung Fu que l’on peut retrouver dans le film. La langue est un autre élément important en termes de visibilité, apporté par le film. En effet, une large partie des dialogues est en Mandarin. On passe indifféremment de l’Anglais au Mandarin à travers tout le film. La langue fait partie d’une culture. Donner à voir et à entendre une langue c’est aussi donner à voir et à entendre un bout de la culture.

Shang chi et la légende des dix anneaux est sorti en salle le 1er septembre. Et Selon le journal du Geek, il paraîtrait même que les studios Marvel prévoiraient déjà une suite.