Prise du Capitole / Une « parfaite illustration d’un privilège blanc » selon BLM
Prise du Capitole / Une « parfaite illustration d’un privilège blanc » selon BLM - © SAUL LOEB - AFP

Prise du Capitole

Une parfaite illustration d'un privilège blanc ?

Plusieurs activistes antiracistes, dont le mouvement BLM, ont pointé du doigt le comportement de la police pendant que les supporters de Trump envahissaient le Capitole.

Alors que le vice-président Mike Pence s’apprêtait à reconnaître la victoire de Joe Biden, des manifestants se sont invités lors des débats de la Chambre des représentants ce qui a provoqué de la panique et une évacuation des bâtiments du congrès par la police.

Un double standard ancré dans la police

Sur les réseaux sociaux, c’est l’incompréhension totale de la part de beaucoup d’Américains. Certains ont même fait le lien avec les dernières manifestations du mouvement " Black Live Matters ", soulignant que l’accueil des policiers était plus virulent malgré leurs actions pacifistes pour la plupart. Sans oublier d’évoquer que la réaction des autorités aurait été tout autre si la foule ayant envahi le capitole avait été composée en majorité de personnes noires.

Est-ce l’illustration parfaite d’un privilège blanc ? Pour beaucoup d’internautes il n’y a pas l’ombre d’un doute.

" Lorsque les manifestants du BLM ont manifesté à Washington, personne n’a pris d’assaut le Capitole, n’a détruit des biens publics ou dépassé la police. Si les Noirs avaient fait ce que ces terroristes blancs ont fait aujourd’hui, ils auraient été gazés par des lacrymogènes, arrêtés et accusés de crimes ou de trahison, s’insurge Ben Crump, un avocat aux États-Unis.

Le Poète et écrivain Saeed Jones fait même référence à Breonna Taylor, une femme noire tuée chez elle par un policier, pour illustrer ce double standard : " Les Noirs ne peuvent même pas dormir dans leur lit en toute sécurité sans se faire tirer dessus et tuer par la police. Mais quand les nationalistes blancs tentent un coup d’État, les policiers ne trouvent plus leurs menottes " .Ou mieux encore, certains n’hésitent pas à poser pour un selfie avec les envahisseurs du Capitole.

Un pédiatre noir américain du nom de Tye Winters a quant à lui préféré nuancer plutôt que de laisser place au doute sur Twitter : " Nous ne vous demandons pas de leur tirer dessus comme vous nous tirez dessus. Nous vous demandons de NE PAS nous tirer dessus comme vous ne leur tirez pas dessus".

Le double discours de Donald Trump

La réaction de Donald Trump n’est pas non plus passée inaperçu, une partie de l’opinion publique juge qu’il est responsable de ce chaos. Avant la prise du Capitole, le président américain a tenu un long discours devant ses partisans " Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais ", déclare-t-il. " Nous ne reprendrons jamais notre pays en étant faibles. […] Vous devez être forts. Je sais que tout le monde ici marchera bientôt vers le Capitole, pour pacifiquement, patriotiquement faire entendre vos voix". La suite on la connaît.

Mais c’est une autre déclaration de Trump qui refait surface depuis. Lors des manifestations qui ont suivi la mort de Georges Floyd en juillet 2020, Donald Trump avait déclaré que " les anarchistes, les agresseurs ou les manifestants qui vandalisent ou endommagent notre palais de justice fédéral à Portland, ou tout édifice fédéral dans l’une de nos villes ou États, seront poursuivis en vertu de notre loi. Dix ans de prison minimum" !

Mercredi, pendant l’assaut du Capitole le président a tenté tant bien que mal de jouer le jeu de l’apaisement en s’adressant à ses partisans : " C’était une élection frauduleuse, mais nous ne pouvons pas faire le jeu de ces gens ". " Nous devons avoir la paix. Alors rentrez chez vous. Nous vous aimons, vous êtes très spéciaux " a-t-il ajouté. Malgré tout, comme le souligne Amnesty International Belgique, Trump a continué, dans ses discours et ses tweets, à rejeter les résultats des élections et à enflammer ses fervents supporters.

Un hypocrisie connue des minorités depuis longtemps

Fortement sollicitée par les médias, Opal Tometi,la cofondatrice du mouvement "Black Lives Matter" a préféré s’exprimer sur ses réseaux en déclarant ceci :

"Laissez-moi juste vous dire, pour votre information que l’hypocrisie des États-unis est bien connue des Noirs ainsi que des autres minorités marginalisées et ce depuis bien longtemps. L’incohérence dans les actes et les paroles gangrènent cette nation depuis sa fondation. Ma prière principale, aujourd’hui, est que les alliés de conscience rassemblent le courage nécessaire pour agir en conséquence."