Nini to sali te, le clip qui dérange en RDC

Que n’avons-nous pas fait ? La question est légitime mais a pourtant été balayée d’une seule main par Bernardin Mayindombe, Président de la commission de censure qui stipule que " nul ne peut offrir un spectacle ou diffuser de chanson en RDC sans avoir eu au préalable une autorisation écrite de la commission de censure ", alimentant ainsi un buzz sans précédent sur les réseaux. 

 

Alors, posons-nous la question : Est-ce que les paroles du groupe MPR sont racistes, sexistes ou offensantes au point d’être interdites par les officiels, où bien sont-elles sensibles car elles illustrent le ras le bol d’une génération sacrifiée qui a pourtant tout fait pour s’en sortir, des petits jobs aux longues études, sans trouver de débouchés ? 

 

Extrait choisi / Traduction française : 

 

Est-ce un déluge ou l’éternité ? Je n’ai plus la force de voter car élection ou pas, rien ne change. 

 

Nous portons la famine comme si c’était notre identité, l’insécurité est partout et dans nos cités. On a oublié ce qu’est un petit déjeuner. 

 

Les députés ont l’air riches mais la vie des Congolais c’est le combat d’Ali vs Foreman. Nous sommes un pays riche, mais c’est juste une étiquette.

 

Nous avons fait toutes les prières imaginables.

 

Seigneur, vois-tu comment nos croyances ne mènent nul part.

Les hommes politiques n’ont plus de vision et leur promesses n’ont aucune valeur.

Avoir les larmes aux yeux est notre mode de vie, rire n’a plus de saveur.

 

On a fait des études mon vieux…

Des jeûnes et des prières mon vieux…

On s’est coupé de nos familles mon vieux… 

On nous a dit de lutter et on a fait que ça mon vieux…

Ah… Qu’est-ce qu’on pas fait ! (Nini to sali te)

 

Ils avaient dit que tout s’arrangerait si Mobutu partait.

Mobutu est parti et on a vu aucune avancée significative

On a dit que tout s’arrangerait au départ de Kabila, il est parti mais tout reste compliqué.

Est-ce que nos études ont de la valeur ?

 

 

Le clip de Nini to sali te se termine sur une cérémonie mortuaire qui rappelle le sacrifice des mères de famille, véritables colonnes vertébrales de la société congolaise, ainsi que de leurs enfants qui doivent au fil des élections redoubler de créativité pour survivre. 

 

Que devront-ils encore faire ?