K/DA / Entre e-sports, musique et influenceurs virtuels, retour sur les pop stars de Riot Games
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Entre e-sports, musique et influenceurs virtuels, retour sur les pop stars de Riot Games

Chose promise, chose due. Après une pause d’un an, K/DA, groupe de pop mettant en vedette à la fois des champions de League of Legends et des pop stars du monde réel est revenu ce 6 novembre dernier avec un EP intitulé All Out. Composé de 5 musiques, la personnalité des membres est représentée dans chacun des sons. Mais comment un phénomène musical né avec le championnat du monde League of Legends en 2018 a pu devenir si populaire au point de sortir de l’univers des jeux vidéo ?

 

Un retour en 2020 était attendu par les fans, nous déclare Toa Dunn, chef de Riot Music Group. Après donc une petite année de réflexion, les équipes internes de Riot Games ont su créer une histoire avec un début, un milieu et une fin, le tout se passant sur les réseaux sociaux via Seraphine, la nouvelle membre du groupe K/DA.Si les rumeurs concernant Seraphine en tant que prochaine championne de League of Legends furent vraies, Riot Games a tout de même laissé le doute planer jusqu’à son annonce officielle quelques semaines plus tard. Pour ceux qui aiment écouter de la musique, Seraphine est un succès. Mais pour les joueurs de LoL, son arrivée suscite des avis assez mitigés.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Riot Games utilise la musique comme élément clé d’un Championnat du monde de League of Legends. On peut notamment parler de Warriors, l’hymne officiel composé par Imagine Dragons en 2014.

 

Comme un petit feeling de 2007

 

Mais le succès de K/DA et de Seraphine ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Pour le comprendre, il faut retourner à lère du Web 2.0. La première chanteuse virtuelle ayant un impact culturel qui lui, est bien réel n’est nulle autre que Hatsune Miku. À la différence de Ahri, Akali, Kai’Sa, Evelynn ou encore Seraphine, Miku n’est pas doublée par une vraie chanteuse. Elle n’est en réalité doublée par personne car sa voix est issue d’un logiciel de synthèse vocale nommé VOCALOID. Personne ne se serait douté qu’un personnage en 3D avec une voix virtuelle aurait autant de succès. Et pourtant, Miku a fait plusieurs World Tour, des concerts en tout genre, des publicités pour des marques variées comme Toyota ou Domino’s Pizza et devait même se rendre au festival Coachella avant que ce dernier ne soit annulé.

 

Des chanteurs virtuels dotés d’Intelligence Artificielle, c’est pour bientôt ?

 

Si Riot Games refuse pour le moment de communiquer sur le futur proche de K/DA, nous avons quand même une idée du monde de la pop moderne de demain. Spoilers : On va parler d’Intelligence Artificielle. Si vous pensez qu’il s’agit d’une technologie futuriste, détrompez-vous. On sait aujourd’hui qu’elle fait déjà partie de notre présent.

SM Entertainment, plus gros label de musique K-Pop en Corée du Sud (et dans le monde) prévoit de lancer très bientôt son groupe nommé aespa. D’une contraction entre les mots Avatar et Experience, ce nouveau groupe sera révolutionnaire puisque toutes les membres auront droit à leurs avatars virtuels.

Le storytelling porte sur la façon dont ils [les membres réelles et leurs avatars, NDLR] interagissent et communiquent à travers le monde numérique, un espace entre réalité et virtualité” a déclaré Lee Soo-Man, fondateur de SM Entertainment.

Si on sait aujourd’hui que Pop/Stars a été en partie inspiré par la K-Pop, Riot Games semble un peu plus nuancer la chose. K/DA en 2020 a été inspiré par la pop occidentale, la K-Pop et tout un tas d’autres genres. Leur but à terme est de tenter de créer de nouvelles normes, de devenir un mouvement éclectique à part entière qui inspirera à son tour les futurs créateurs et créatrices du monde entier.

 

Le divertissement se diversifie

 

Pour Toa Dunn, il n’est pas question de faire uniquement du K/DA dans le futur, mais bien de se diversifier. Verrons-nous peut-être des nouveaux champions Valorant présentés en musique ? Peut-être. Mais quand on demande à Patrick Morales, directeur créatif de League of Legends (K/DA & Seraphine) comment il voit l’entreprise dans 10 ans, sa réponse est claire.

Le but, du moins pour moi, est de voir League of Legends et Riot Games comme une entreprise de divertissement.

Un objectif ambitieux mais clairement pas impossible. L’idée est donc de se positionner et de non seulement concurrencer les JYP ou autres SM Entertainment, mais aussi peut-être Netflix ou Disney. En dehors des jeux vidéo et de la musique, on retrouve aussi des séries d’animation comme Arcane, qui se déroule dans l’univers de League of Legends. Et quand on sait que sa société mère, Tencent, est déjà un mastodonte du divertissement en Chine comme dans une bonne partie du monde, la réponse de Patrick Morales n’est au final pas si étonnante.