ISHA

Au summum de l'augmentation à l'Orangerie

Initialement prévu le 16 février au Botanique, le concert d’Isha était assurément l’un des plus attendus de l’année. il aura fallu finalement attendre deux mois pour enfin s'enjailler en live sur les sons qui décrivent si magnifiquement le quotidien de l'ancien "O.G". Alors bien sûr, on a pu le voir à l’œuvre avec ses potes du Niveau 4 l'année dernière à Coulcaf' ou encore plus récemment en France avec Roméo Elvis ou l'ODC. Mais on avoue que l'on était assez impatient de le voir se produire seul sur scène.

C'est donc dans une Orangerie pleine à craquer que l'artiste belge a décidé de commencer son premier concert en solo pour cette année 2018. Annoncé vers 21h, le rappeur "lifestyle" comme il aime à le dire est apparu sobrement sur scène accompagné de son DJ Jeune RV pour faire son entrée sur " Justifié ",  le premier titre de son EP La Vie Augmente Vol. 2. La foule,  après s’être ambiancée sur les morceaux d' Eddy Ape en première partie, est directement conquise par cette intro tout en restant légèrement timide.

Mais il ne faudra pas longtemps à l’ensemble du public pour se déchainer et "pogoter" quasi instantanément dès que les premières notes du désormais banger  "Oh Putain" (avec l’accent du sud, of course) retentissent. Sans plus attendre, Isha  et son fidèle comparse Stan enchaînent directement sur l’autre gros banger de LVA2 cette fois-ci, "Domamamaï". On se demande tout de même si ces deux titres n’arrivent pas un peu trop tôt. Mais la salle déjà en pleine ébullition ne se fait pas prier pour scander les paroles en choeur.

Après avoir interprété " Le Salon de L’auto" présent sur LVA1 en featuring avec JeanJass, le rappeur aux dents du bonheur n’oublie pas d’où il vient et n’hésite pas à nous rappeler que l’expression " La Vie Augmente " est inspirée  de son oncle Dieudonné, artiste lui aussi, à l’origine du film " La Vie Est Belle ". Il s’agit d’un film culte de la fin des années 80 retraçant la vie d’un jeune paysan, joué par feu Papa Wemba (un monstre sacré de la rumba congolaise), qui désire plus que tout de devenir musicien à Kinshasa, capitale de la RDC (Zaïre à l’époque). Si l’on voulait pousser le bouchon un peu plus loin on jurerait presque que ce film est prémonitoire tant on identifie certaines similitudes avec les débuts cabossés de l’ex-Psmaker avant son incroyable ascension l’année passée. L’autre moment fort de la soirée c’est lorsqu’Isha entonnera l’émouvant " Mp2m " le vibrant hommage à son papa disparu.

Le Congo, son pays d’origine, sera aussi mis à l’honneur avec le très efficace "243 Mafia" qu’il n’hésitera pas à reprendre en fin du show avec ses potes/invités du collectif 2X500street. Ces derniers mettent d’ailleurs le feu à l’Orangerie avec le titre " Liquide " issu de leur collaboration avec Wolf Gang Mafia. Une invitation qui montre qu’Isha se souvient d’où il vient et qu’il n’hésite pas à donner de la force aux siens. Il s’agira d’ailleurs du seul guest pendant le concert.

En grand prince, l’artiste alternera tantôt les morceaux du LVA2 tels qu’ "Au Grand Jamais", "Rien" et  "Tosma" sur lequel il n’hésite pas à chambrer le public qui n’est pas assez réveillé à son goût. Tantôt sur son premier EP comme le diptyque " Frigo Américain " / " Tout Niquer "  ou encore " Tony Hawk " qui a fait bien ‘bouncer’ le public  majoritairement masculin  et sans oublier " Yipiya ", bien sûr.  Il est également revenu sur les titres "Passage à Niveau" et "Coloris" qui signaient sont retour en 2016 et 2017 après une longue absence, faisant de lui un rookie ayant quand même plus de 10 années de rap dans les pattes.

Si le début a semblé un peu mollasson pour certains, Isha a su insuffler une énergie à son public avec une prestation sur scène parfaitement équilibrée entre ses différents projets. Après une heure de concert les visages sont suants, mais ravis. L'authenticité et la sincérité de l'artiste ont payé, impossible de s’endormir tant le répertoire de l’artiste est composé presque quasiment que de tubes. On en veut encore, car nul doute que l’augmentation est bien là.