GAMING / FC Silmi : l'eFoot de rue à la conquête de Twitch
GAMING / FC Silmi : l'eFoot de rue à la conquête de Twitch - © Nenaosu

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FC Silmi : l'eFoot de rue à la conquête de Twitch

Chaque lundi c’est la même histoire, si l’ambition du FC Silmi est bien la montée de division sur FIFA Club Pro souvent la réalité en décide autrement… Pourtant l’équipe explose tous les records puisque c’est devant plus de 100.000 spectateurs que les joueurs tirent leurs plus beaux missiles ou se purifient grâce à leur fameuse « game bashing ».

Derrière ce nom inspiré (Missile en verlan pour les moins loquaces) on retrouve 8 cadors du Twitchgame français : Domingo, DFG, Etoiles, Jiraya, Mister MV, Ponce, Rivenzi et Xari. Ils se retrouvent tous les lundis sur le mode Club Pro de FIFA 21 et se la donnent parfois jusqu’aux petites heures.

Un jeu en perte de vitesse ?

FIFA est un jeu très populaire, tellement qu’il est le bien culturel le plus vendu en France depuis… 2014 ! Il aura fallu une pandémie et que le monde soit confiné pour que Nintendo et sa simulation de vie Animal Crossing détrônent enfin EA Sports et son jeu roi du salon.

Et quel jeu ! Ce n’est pas par hasard qu’il se soit imposé dans presque tous les foyers équipés d’une console : c’était le jeu idéal à sortir quand on recevait des amis à la maison. Chacun son équipe, on s’échange les manettes en cas de défaite (ou de goals, chacun sa méthode) et la soirée pouvait ne jamais terminer…

Mais aujourd’hui à l’heure où l’eSport remplit des stades, où la KCorp rassemble plus de 300.000 viewers francophones pour une finale européenne de League of Legends, FIFA ne semble pas suivre la même " success-story "…

Des mécaniques pas très " eSport-friendly "

Entre les loot boxes du mode Ultimate Team (interdites en Belgique depuis 2019) où certains peuvent mettre plusieurs milliers d’euros avant de trouver les bons joueurs, ou l’absence d’un mode observateur (ce qui rend délicat voire impossible l’organisation de tournois amateurs) FIFA 21 cumule des désavantages pour progresser sur la scène professionnelle… Mais est-ce vraiment l’objectif d’EA Sports de suivre le même chemin qu’un League of Legends ou qu’un Rocket League ?

Selon Xavier Izzi de Fut with Apero, le modèle économique de FIFA est très différent des jeux eSportifs " classiques ". La plupart de ces jeux sont gratuits et proposent des cosmétiques (skins) pour en personnaliser le gameplay sans avantager un joueur ou l’autre tandis que FIFA doit vendre un nouveau jeu tous les ans. Et chaque année il est le jeu le plus vendu… Pourquoi changer une équipe qui gagne me direz-vous ?

N’oublions pas que FIFA se définit comme une simulation sportive pour tous les âges (le jeu est PEGI 3) ! Donc à ce titre le jeu est bourré de mécaniques de hasard censées rapprocher le jeu de la réalité et réduire les écarts de niveaux... Encore un obstacle à la scène compétitive de ce jeu.

Une popularité au service du jeu ?

Avec l’arrivée du FC Silmi sur Twitch, on recommence à parler de FIFA 21 que l’on avait mis sur le côté pendant longtemps. Des médias spécialisés dans le sport s’emparent de la hype comme l’équipe qui fait régulièrement des récapitulatifs des sessions de jeu, ou SOFOOT qui doit expliquer aux fans de foot traditionnel qu’ils ne verront probablement pas Connor de Virus, Entorsowski ou Jinedine Jidane sur de vraies pelouses tout de suite…

Il s’agit là d’une belle vitrine pour un jeu qui fait l’unanimité dans les salons, mais qui peine à se faire sa place dans le monde de l’eSport. Peut-être que cette folle aventure du FC Silmi montrera à tous que FIFA amuse toujours, et qu’il peut déplacer des foules dès lors qu’il est bien mis en valeur…