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Carte Blanche

Prezy, dans la peau d'un festivalier

(Toute ressemblance avec des personnages existants est voulue. Mais si vous êtes de l’organisation ou de la police, ceux-ci n’ont jamais existé. De plus les mots "vie saine", "sobriété" et "sagesse" ont été remplacés par les mots "drogue", "alcool" et "débauche" pour ne pas choquer les âmes insensibles)

Bref, ce week-end, j'étais à Doureuuuh.

Le week-end, c’est deux jours de fin de semaine qui annoncent une liberté de 48h.

Plus de dossier, plus de réunion, plus de patron… Bref "libéré, délivré, je vais pouvoir me torcher!"

Et ce week-end, en ce qui me concerne, le programme de "torchage" est parfaitement établi, et se résume en un mot, " DOUR " ou plutôt " DOUREUUUUUUH " comme disent les aficionados de ce rendez-vous annuel.

Dour, c’est le rendez-vous des amoureux de musique, de road trip et de camping. Une sorte de mix de ces trois disciplines servi, en un cocktail à forte teneur en rhum, par un barman aussi positif qu’un test d’alcoolémie effectué à la sortie d’une foire au vin.

Mais avant de pouvoir profiter des réjouissances de ce "date" estival belge, il faut se montrer digne et surtout patient, même très patient, voire même très-très-patient.

Oui, Dour c’est loin. Si cette ville ne s’appelait pas Dour, je la rebaptiserais "le royaume de fort fort lointain" qui est comme son nom l’indique "fort fort lointain"

Me voici donc dans cette chariote de fer transformé en l’âne de Shrek répétant inlassablement cette même question de manière cyclique, spontanée et paraît-il emmerdante, " est-ce qu’on est bientôt arrivé ?" à en donner à mes comparses de fortune l’envie de m’abandonner sur une aire de repos tel un animal de compagnie.

Nous enfonçant dans les contrées profondes de notre plat pays au paysage défilant au travers de nos vitres teintées, nous voici arrivés à Dour.

Mais la réalité à laquelle nous avons dû faire face, et qui calma sec notre euphorie, est qu’être arrivé à "Dour" ne veut pas dire être arrivé à "DOUREUUUH".

Nous voici sur la N544 dans une file d’attente à ne plus en finir, tout cela pour s’engouffrer sur une route improvisée dans un champ de maïs où nous attend "DOUREEEUH ?!!!" Non, où nous attend une seconde file interminable de voitures pour rejoindre… "le parking".

À ma décharge, je dois avouer que le paysage est beau. À la condition d’être féru d’éoliennes et d’agriculture "bio" bien sûr. Dans le genre plus proche c’est impossible, on est en plein dans une pub de Géant Vert.

Mais arrêtons de rêvasser, ça roule enfin ! Après une petite colline à escalader dans une citadine non homologué pour le hors piste, nous découvrons une immense plaine au spectacle apocalyptique de sauvetage de l’humanité. On se serait cru dans un remake de "World War Z". Des bénévoles qui, au pas de course, nous indiquent la route à suivre comme si nos vies en dépendaient. J’ai vraiment cru que des morts-vivants nous poursuivaient!

Une place libre, quelques étirements, petite marque sur WhatsApp pour geolocaliser où est garée la voiture (ben ouais, on n’est pas des coquilles Saint-Jacques, nous). Nous suivons la masse vers l’entrée du festival, du moins c’est ce qu’on croyait, car la réalité à laquelle nous avons du faire face, et qui calma sec à nouveau notre seconde euphorie, est qu’être arrivé dans le parking de " Dour " ne veut toujours pas dire être arrivé à "DOUREUUUH". Fait chier!

Me voici donc à nouveau transformé en l’âne de Shrek répétant toujours inlassablement cette même question de Bruxelles à Dour, de manière cyclique, spontanée mais avec moins de vigueur, "est-ce qu’on est arrivé ?" à en donner à mes comparses de fortunes des idées de… non, cette fois ils étaient tous d’accord avec moi "ça commence à casser les noisettes morrey".

Et c’est au dépend de mes baskets que le citadin que je suis a redécouvert que "1 km à pied ça use les souliers".

Le premier km à pied dans la terre du milieu était gérable. Bonhomme, le corps se souvient qu’on a été sportif, t’as vu. Puis au 2ième km, je me suis motivé en me disant que si Frodon Sacquet a réussi à traverser la vallée du Mordor pour ramener l’anneau, ce n’est pas la vallée du ‘MorDour’ qui allait me stopper, bordel. Puis vinrent les 3ième et 4ième km, et là je me suis dit "fuck up ! Frodon Sacquet, sa mère! J’en appelle à la toute puissance du marteau de Thor, du schweppes agrum’ et du mental des coureurs Kenyans!"

Comme si je venais d’invoquer un alignement des planètes, au loin commença à s’entrevoir l’entrée tant attendue.

Enfin devant nous, aussi colorée qu’impressionnante, se dressant fièrement, la cause de tous nos déboires, la raison de notre abnégation, le pourquoi de notre présence en ces verts pâturages : "DOUREUUUH"!

La débauche peut commencer, enfin! Juste le temps de se munir du précieux bracelet d’accès, de traverser une zone de contrôle et nous voici arpentant les terres saintes de "DOUREUUUH". Mais chose bizarre, me fait remarquer un de mes potes, "on n’entend toujours pas de musique". Il avait raison l’enfoiré, pas de musique, juste un étendu de tentes se chevauchant en total promiscuité à me donner l’impression d’être en plein camp scout.

Vous commencez à connaitre la réplique, "c’est là que la réalité à laquelle nous avons dû faire face et qui calma blablabla, parce qu’arriver à DOUR, puis arriver dans le parking de Dour, puis arriver après 4km à pied devant l’entrée de DOUR ne veut toujours pas dire être arrivé à "DOUREUUUH".

Âne de Shrek ! (Oui Prezy ?) Tu connais la suite, (ne m’en dis pas plus). Et nous revoici à nouveau sur la route, mais cette fois pas n’importe laquelle. La dernière route, le "last action hero", le dernier effort avant le saint graal et il y a intérêt à ce qu’il en soit ainsi, parce qu’entre nous je ne vous cache pas que j’en ai un peu marre de me la jouer "sur la route" de Gerald De Palmas.

"Et enfin devant nous, aussi colorée qu’impressionnante, se dressant fièrement, la cause de…" Oui je sais, je l’ai déjà dit, mais ce n’est pas de ma faute, c’est eux qui donnent de faux espoirs aux gens avec leur pré – pré – pré entrées (Mais l’aise, on sait que c’est pour la bonne cause, sécurité avant tout!).

Bref, après 3h de souffrance (je chronomètre depuis Bruxelles) on est enfin devant la "vraie" entrée du Dour festival. Et tout ce que je peux vous dire, vu le monde et le spectacle offert, c’est qu’il est plus facile de rentrer en Belgique que de rentrer au festival de Dour (on avoue, ça nous rassure un peu.. toujours pour la sécurité toussa, toussa). Mais nous avons nos pass, nous sommes patients, résistants, majeurs pour tout alcool et substance du mal, nous pouvons enfin nous torcher la gueule sur fond de musiques assourdissantes (toujours avec notre pote "modération")!

Et c’est sur ce message d’espoir pour toute une génération en quête de débauche pas du tout hallal que nous sommes rentrés dans le festival en criant avec un plaisir non dissimulé "DOUREUUUH".

La suite se résume en ces mots, alcool, drogue, people, bouffe et musique… Starter pack de base.

Au fait, est-ce que j’ai l’air d’être un dealer ? Parce que du côté de la scène du Red Bull Elektropedia…Fin bref, ce qui se passe à " DOUR " reste à "DOUREUUUH".

Prezy