Xavier Malisse: "Je suis le passé, David Goffin est le présent; j'aimerais bien qu'il aille jusqu'au bout"

Il y a dix-sept ans, dix-sept ans déjà, Xavier Malisse allait jusqu'en demi-finale du tournoi de Wimbledon. Le souvenir est encore bien présent dans sa mémoire, et dans celle des amateurs de tennis, en Belgique. David Goffin va essayer de faire aussi bien. Mais Novak Djokovic sera bien évidemment un obstacle de taille.

Le numéro un belge actuel à ses chances, selon le Courtraisien, présent à Londres pour disputer le "tournoi des Légendes". Entretien...

Xavier, David Goffin va essayer de se qualifier pour les demi-finales du tournoi de Wimbledon, ce que vous avez réussi il y a dix-sept ans. On peut le qualifier de "joueur de gazon" ?

Je pense qu'il est bon sur toutes les surfaces. J'ai l'impression qu'il sert à nouveau mieux, et il est solide. C'est quelqu'un qui a toujours des chances de gagner ce genre de match, quelle que soit la surface. Mais bien sûr, ça va être dur. Tout le monde le sait, et il le sait. Mais il n'a rien à perdre. C'est un match. Si David est dans un bon jour, Djokovic sera peut-être un peu moins bien, ou stressera un peu, ou s'énervera un peu. Et tout sera possible. Je pense que le premier set va être vraiment important. Pour moi, Djokovic a 60 ou 65% de chances de gagner. Mais bon, il est numéro un, donc a priori, c'est tout le temps lui qui doit gagner. David Goffin doit jouer relax, parce qu'il n'a rien à perdre.

Quelle est l'atmosphère dans les vestiaires, quand les quarts de finale se profilent ? Il ne doit plus y avoir beaucoup de monde...

Tout est différent. On est presque seuls dans les vestiaires. Tout le monde veut arriver en deuxième semaine, parce que c'est presqu'un autre tournoi. C'est plus calme, il y a plus de choses à faire. On ressent d'autres choses. Je me souviens qu'à l'époque, on en rigolait, et qu'on se disait qu'on avait assez de place pour jouer au football, dans le vestiaire. Alors que quelques jours auparavant, on était serrés. C'était un super-moment à vivre.

Et donc David Goffin pourrait faire aussi bien que vous, à Wimbledon. Comment le vivez-vous ?

Mais j'espère qu'il le fera. Ce serait bien pour le tennis belge, aussi. Les derniers mois n'ont pas toujours été faciles pour lui, et ce serait bien qu'il le fasse. Moi, c'est le passé. Et lui, c'est maintenant. J'aimerais bien qu'il gagne le tournoi. S'il bat Djokovic, il peut aller jusqu'au bout. J'espère qu'il le fera. A 100%...

On vous parle encore souvent de votre demi-finale ?

Oui, et c'est toujours un grand souvenir. Même quand j'aurai quatre-vingt ans, j'y penserai encore. C'est l'un de mes meilleurs souvenirs. C'est cool qu'on puisse encore en parler, dix-sept ans plus tard. C'est mieux de parler de ça que d'un deuxième tour à Delray Beach...

Est-ce qu'il vous arrive de vous dire que vous auriez bien aimé le gagner, ce tournoi ?

Oui, mais on ne peut plus rien y changer. Dans ce match-là, en plus, contre David Nalbandian, il s'était passé beaucoup de choses. Il y avait eu mes petits soucis au coeur, déjà. Et puis, s'il n'avait pas plu, je crois qu'il aurait gagné en trois sets. Si on n'avait pas dû arrêter à cause de l'obscurité, je pense que j'allais en finale. Je n'avais pas l'expérience, non plus. J'ai breaké à 1/1 dans le cinquième, mais j'ai trop réfléchi. Et dix minutes plus tard, il gagnait 6/2. C'est dommage. Mais ce qui est le plus dommage, pour moi, c'est que même quand on perd en finale, on a quelque chose, un trophée. Ce qui n'est quand même pas mal, comme souvenir. Là, je n'ai rien. Mais c'est la vie. J'ai les photos, et j'ai tous ces moments en mémoire.

Et vous faites partie, à vie, du club des "last 8" de Wimbledon...

Je peux toujours revenir, ce n'est pas mal, ça. A vie, je pourrai rentrer, avec un invité, si je veux. Et je pourrai avoir des tickets pour regarder des matches. C'est sympa, aussi, pour plus tard.

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