US Open : Quel imbroglio autour de Mannarino !

Adrian Mannarino
Adrian Mannarino - © JULIO CESAR AGUILAR - AFP

Cela va trop loin, non ? Les autorités new-yorkaises semblent avoir tellement peur que l’US Open se transforme en "cluster" qu’elles en arrivent à des extrémités que l’on n’aurait jamais imaginées. Protéger du coronavirus les joueurs et ceux qui travaillent pour le tournoi, oui, bien sûr, il le faut. Prendre toutes les précautions possibles, oui, c’est normal. Mais là, cela peut sembler exagéré. Le Français Adrian Mannarino, a failli être empêché de jouer, alors qu’il n’a jamais été testé positif au coronavirus.

Le rappel des épisodes précédents… Il y a une semaine, Benoît Paire était positif, et a été retiré du tableau. Il est dans sa chambre d’hôtel depuis lors. Les services de santé ont mené l’enquête, et se sont focalisés sur une partie de cartes, à laquelle le joueur français s’est adonné, avec des compatriotes à lui, et des joueuses belges.

Richard Gasquet, Edouard Roger-Vasselin, Adrian Mannarino, Grégoire Barrère, Kirstina Mladenovic, Kirsten Flipkens, Ysaline Bonaventure, et leurs entraîneurs, ont donc été soumis à un protocole beaucoup plus strict. Eux qui étaient auparavant, comme les autres joueurs du tournoi, dans une bulle (tests réguliers, interdiction de se rendre ailleurs qu’à l’hôtel et au stade) ont été placés dans une bulle dans la bulle (tests tous les jours, interdiction de se rendre ailleurs que dans sa chambre et au stade). Ils ont dû l’accepter pour pouvoir jouer.

La situation s’était compliquée pour eux. Mais franchement, pas au point d’utiliser les mots "abominable", "atroce", "traités comme des prisonniers et des criminels", comme l’a fait Mladenovic. C’est un manque de chance d’avoir joué cette partie de cartes pendant quelques minutes, ce n’est pas très amusant d’être soumis à de sévères restrictions, mais il faut raison garder. Ils et elles ont pu continuer à exercer leur métier, et à très bien gagner leur vie.

La situation est devenue plus rocambolesque ces trois derniers jours. D’abord, Benoît Paire a annoncé qu’il avait été testé négatif lundi dernier. Aurait-il été un faux positif ? Pour rappel, les autres joueurs et joueuses de la "bulle dans la bulle" ont été testés négatifs tous les jours.

Ensuite, Kirsten Flipkens a publié un message, sur son compte Instragram, disant que même éliminée, elle devait rester à New York jusqu’au 11 septembre. Encore une fois, c’est loin d’être plaisant, mais cela peut sembler logique, c’est le principe de la "quatorzaine". Elle et ses camarades d’infortune pouvaient continuer à sortir, pour aller s’entraîner.

Rebondissements en cascade ce vendredi. La joueuse belge a d’abord annoncé un changement. Désormais, elle ne pourrait plus sortir de sa chambre pendant une semaine, même pour aller au stade. "Affolement", quelques heures plus tard, quand la chaîne ESPN a déclaré qu’elle avait été vue à l’aéroport. Kirsten Flipkens a démenti sur Twitter. Non, elle n’est pas devenue une fugitive.

Le pire était à venir. Le match entre Alexander Zverev et Adrian Mannarino, annoncé tôt dans la journée à New York, s’est fait attendre pendant très longtemps. Il a commencé avec près de trois heures de retard.

Ce qui s’est passé pendant tout ce temps, on ne le sait pas exactement. Mais apparemment, l’Etat de New York refusait que le joueur français se présente sur le court, alors que la ville de New York avait autorisé, depuis le début de la semaine, les infortunés "franco-belges" à disputer leurs matches. Pour ceux qui ont perdu, tout était clair, ils étaient confinés. Mais ceux qui étaient encore dans le tournoi, lui et Kristina Mladenovic, ont fini par poser problème.

Adrian Mannarino ne connaît pas tous les détails de sa mésaventure, parce qu’il a tenté de rester concentré sur son tennis. Mais la politique, les négociations âpres, les luttes d’influence ont fait leur apparition dans le monde du tennis, c’est évident.

Personne, à New York, ne veut que ce tournoi, et que la ville, soient montrés du doigt pour avoir aidé le virus à se propager, et éventuellement pour avoir définitivement interrompu la saison. Donc, les précautions vont loin. Sans doute trop loin, puisque l'on parle de joueurs qui n’ont pas le coronavirus.

On va dire que cela leur fera des souvenirs à raconter à leurs petits-enfants. Adrian Mannarino semble réussir à prendre les choses avec ce genre de philosophie. Il a finalement pu jouer son match ; il a pu défendre ses chances, au point de prendre le premier set face à Zverev. Et il est resté zen, en évoquant son cas en conférence de presse.

Ecoutez des extraits de ses déclarations…

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