US Open : Dominic Thiem revient de très loin, et gagne son premier Grand Chelem

Dominic Thiem, le vainqueur d'un US Open très particulier
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Dominic Thiem, le vainqueur d'un US Open très particulier - © AL BELLO - AFP

C’est l’Autrichien Dominic Thiem qui est devenu le premier "nouveau lauréat d’un tournoi du Grand Chelem" depuis six ans. En finale de l’US Open, il a battu l’Allemand Alexander Zverev, 2/6-4/6-6/4-6/3-7/6 (6), en quatre heures et une minute.

Il disputait sa quatrième finale dans un tournoi majeur, et son adversaire sa première. Ce statut de joueur d’expérience, et ses prestations impressionnantes depuis le début du tournoi, en faisaient le grandissime favori de la finale. Et pourtant, il a éprouvé les pires difficultés à entrer véritablement dans la partie. Il a perdu les deux premiers sets, a eu un break de retard dans le troisième, et il ne s’est imposé qu’au prix d’un énorme retournement de situation. Pour devenir le deuxième Autrichien à gagner un tournoi du Grand Chelem, après Thomas Muster, à Roland-Garros, en 1995.

Dominic Thiem est aussi devenu le 150e vainqueur différent de l’histoire des tournois du Grand Chelem.

Surprise, dans le premier set. Dominic Thiem réalise un début de match "à la Zverev". Il passe à côté, comme l’Allemand l’avait fait en quart de finale et en demi-finale. Son statut de grand favori de la finale y est-il pour quelque chose ? Extrêmement nerveux, Thiem accumule les erreurs. Doubles fautes, approximations, coups retenus, l’Autrichien n’y est pas. Et Alexander Zverev sert bien et joue très juste. Il réussit deux breaks, et gagne logiquement la première manche, 6/2.

Le deuxième set est une copie conforme, du moins au début. Dominic Thiem est crispé. Il ne bouge pas bien ; il ne joue pas bien. C’est tellement étonnant que l’on commence à s’interroger. Il s’était fait mal au tendon d’Achille, en demi-finale. Cela l’empêche-t-il de se livrer complètement ? Si ce n’est pas cela, ce qui se passe sur le Central Arthur Ashe est un peu incompréhensible. Alexander Zverev, lui, ne se pose pas de questions. Il surprend, par son calme et la justesse de son jeu. Par le nombre de ses "services-volées" aussi. Il dispute sa première finale dans un tournoi du Grand Chelem, et il gère. Il prend encore deux breaks d’avance. Il s’offre trois balles de 6/1, et une balle de 6/2, mais il gaspille (surtout sur cette quatrième occasion, quand il sort une balle dite "facile"). Il perd l’un de ses services d’avance, mais finit par s’imposer 6/4. Deux sets à zéro pour l’Allemand. Mais le jeu s’est équilibré, depuis quelques minutes. Un énorme renversement de situation est-il encore possible ?

Dans le troisième set, on croit avoir un début de réponse dès le troisième jeu. Dominic Thiem perd encore son service. S’il veut devenir le premier homme, depuis 1947, à gagner l’US Open après avoir perdu les deux premiers sets, le chemin est vraiment très long désormais. Mais il joue mieux. Donc il revient immédiatement au score. Il est encore en danger, à quatre partout, mais il tient. Et c’est Alexander Zverev qui craque, dans le dernier jeu. Il perd son service, et le set. 6/4 pour l’Autrichien. Ce n’est pas fini. Maintenant, on a une vraie finale.

Dans le quatrième set, plus rien n’est facile pour Zverev, qui ne domine plus. L’incertitude est totale, parce que les deux hommes font jeu égal, maintenant. On sent que tout cela peut tourner à tout moment, sur un point, sur quelques millimètres. Par exemple, dans le sixième jeu, quand Thiem s’offre deux balles de break. Mais non, il ne les transforme pas. Ou alors, deux jeux plus tard. Et cette fois-ci, l’Autrichien ne rate pas cette troisième occasion. L’Allemand lui fait deux cadeaux, cela aide. Dominic Thiem conclut sur son service, 6/3. La confiance a peut-être changé de camp. Celui qui vient d’égaliser à deux manches partout (re) devient sans doute le favori pour le titre. En tout cas, c’est la quatrième finale de suite d’un tournoi du Grand Chelem qui se jouera au cinquième set.

Dès le début du cinquième set, la tendance se confirme. Alexander Zverev multiplie les fautes directes, et cède tout de suite sa mise en jeu. Mais les nerfs sont à vif des deux côtés, et Dominic Thiem lui offre son service à son tour, sur une double faute. Et puis, chacun tient, 2/2, 3/3. Zverev est moins fragile, mentalement, qu’on aurait pu le croire. Il entreprend, il se rue encore au filet dès qu’il le peut. Et cela paye. Il réussit le break au meilleur moment, à 4/3. Il sert pour le match. Il plie, 0/30, 15/40, et il rompt. Dominic Thiem revient, et sert pour égaliser à cinq jeux partout. Ce qu’il fait, après avoir été mené 15/30, et avoir été à deux points de la défaite. Grosse tension sur le Central. On imagine l’ambiance qu’il y aurait, si le public était là. On ne sait absolument pas qui va gagner, mais on sait que la différence va se faire sur un rien. Dominic Thiem réussit le break à 5/5. C’est lui, maintenant, qui va servir pour le match. Il plie, 0/30, 15/40, et il rompt, lui aussi. 6/6. Il y a un tie-break, au cinquième set, à l’US Open. On y aura droit…

Dans le tie-break du cinquième set, Dominic Thiem est perclus de crampes. Il se contente de remettre la balle en jeu. Mais Alexander Zverev va-t-il vraiment mieux ? Il n’arrive plus à servir, en tout cas. Il commet deux doubles fautes. Logiquement, cela ne pardonne pas. Si, dans un match complètement fou, on peut s’en remettre. Zverev sauve deux balles de match, et égalise à six points partout. Mais il ne sauve pas la troisième. 8 points à 6. Dominic Thiem gagne son premier tournoi du Grand Chelem. Fini, le "toucher de raquettes au filet", les finalistes tombent dans les bras l’un de l’autre.

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