Un jour "inoubliable" pour Nadal, une "histoire de fou" pour Medvedev

Rafael Nadal et Daniil Medvedev se félicitent l'un l'autre après la finale de l'US Open
Rafael Nadal et Daniil Medvedev se félicitent l'un l'autre après la finale de l'US Open - © JOHANNES EISELE - AFP

Rafael Nadal a remporté dimanche son 4e US Open, son 19e tournoi du Grand Chelem, mais au-delà de ces résultats, c'est la façon dont il a battu Daniil Medvedev "qui rend ce jour inoubliable", affirme-t-il.

Vous avez disputé tellement de batailles épiques durant votre carrière, mais ce soir comment décririez-vous votre performance ?

"Ce sont ces matchs, ce genre de matchs en finale de Grand Chelem qui sont vraiment spéciaux. La manière dont le match a pris une tournure dramatique à la fin rend ce jour inoubliable pour moi. Je suis si content. Ce trophée est tellement important pour moi. La manière dont j'ai résisté durant les moments difficiles me rend tellement heureux. Normalement j'essaye de contenir mes émotions mais à la fin, pour toutes ces raisons, ça a été impossible."

Avez-vous pensé que vous alliez peut-être perdre ?

"Quand vous avez balle de break contre vous au début du 5e set alors que vous venez de perdre les deux précédents, vous n'êtes pas bien. Mais j'essaye toujours d'éviter ce genre de pensées, et je continuais à croire que j'allais avoir d'autres occasions. C'est comme ça que je raisonne. Mais j'ai toujours fait la course en tête, donc difficile de trop penser à la défaite."

Pensez-vous que vous aviez un avantage ce soir grâce à votre expérience de ce genre de marathons ?

"Mais j'ai 33 ans, pas 23 (comme Medvedev, ndlr) ! Ca, je ne pense pas que ça me donne un avantage ! Mais c'est vrai qu'à un certain stade, mentalement, oui sans doute, si vous êtes dans une dynamique négative, vous savez grâce à votre expérience que vous allez avoir encore une chance au 5e. Puis au 5e, les choses sont devenues difficiles pour nous deux parce qu'à la fin, c'est différent si vous courez après le score ou si vous essayez de boucler le match. J'ai toujours eu en tête l'idée que je devais continuer à résister. Au début du 5e, je n'ai pas le droit de perdre mon service. Et je savais que si je conservais mon engagement, ou plutôt j'espérais, que j'allais avoir des occasions."

Après le match a été projetée une vidéo retraçant vos 19 titres du Grand Chelem, et vous avez paru très ému, à quoi pensiez-vous à ce moment-là ?

"Ben... qu'on vieillit ! D'une certaine façon, c'est bien. Voir tout ce que j'ai traversé et pouvoir être encore là est très important pour moi. J'ai traversé des moments difficiles, en particulier sur le plan physique. Quand vous avez des problèmes physiques, alors le mental devient bien plus compliqué. C'était très émouvant de voir ces succès, il y a plein de choses qui me sont remontées."

La route est encore longue pour redevenir N.1 mondial. Mais y pensez-vous ?

"Je ne fais pas de la compétition pour ça. Je suis juste mon chemin. Si je parviens à devenir N.1 en le faisant à ma manière, très bien. Mais comme je le dis toujours, aujourd'hui ce n'est pas mon principal objectif. Bien sûr, c'est bien d'être dans cette bataille. Mais pour moi, ce n'est pas vraiment une bataille. Je veux juste être compétitif les semaines où je joue en tournoi. A mon âge et avec mes objectifs, je ne peux pas perdre de l'énergie à penser tout le temps à la place de N.1. Je dois regarder ma carrière différemment. Mon objectif principal est de jouer le plus longtemps possible tout en étant compétitif. Maintenant, j'en suis là. Si j'arrive à bien jouer jusqu'à la fin de l'année, peut-être que je redeviendrai N.1. Ce serait incroyable. Mais ce n'est pas mon principal objectif aujourd'hui."

Le Russe Daniil Medvedev a bouclé le circuit nord-américain sur dur dimanche par une finale époustouflante à l'US Open, perdue face à Rafael Nadal, et estime avoir vécu "une histoire de fou".

Que retiendrez-vous de cette finale ?

"Je m'en souviendrai toute ma vie. Ma première finale de Grand Chelem, contre l'un des plus grands joueurs de l'histoire, l'un des plus grands combattants de l'histoire du tennis, je ne l'oublierai jamais, même si j'en joue plein d'autres. Je suis sûr que même Rafa, qui en a gagné 19, se souvient de sa première finale de Grand Chelem. Bon, lui l'avait gagnée, moi je l'ai perdue... Mais c'était un match incroyable. C'est une histoire de fou. Tout l'été a été incroyable pour moi. Je me souviendrai de chaque instant."

Ces deux dernières semaines vous ont fait grandir ?

"Ma femme me dit toujours que je dois parfois être content de moi, parce que je suis très auto-critique. Par exemple, il faut que j'apprécie ce que j'ai fait ces deux semaines. Ca a été fou. Avant le tournoi, mon meilleur résultat avait été un 8e de finale en Grand Chelem. J'ai eu des problèmes physiques, parfois je n'ai pas joué aussi bien que je l'aurais voulu. Mais je me suis débrouillé pour arriver en finale. Et là, j'ai réussi à livrer un énorme combat face à l'un des plus grands joueurs de l'histoire de notre sport. J'espère que ça m'a fait beaucoup grandir. Mais je pense que je peux encore faire mieux."

Dans quel état d'esprit étiez-vous pour cette finale ?

"Tout est une question de tactique. Les deux premiers sets, je n'étais pas loin, mais au même moment, Rafa jouait comme une bête. J'avais l'impression que quoi que je fasse, il avait la réponse. Alors j'ai continué à essayer des choses, pour trouver quelque chose de nouveau. Je suis monté au filet, j'ai fait des amorties, des slices... J'ai tout essayé. Et puis, je suis tombé sur quelque chose, je ne saurais dire exactement quoi, mais ça m'a permis de revenir dans le match. Et ensuite, le match a été équilibré il me semble."

Vous avez 23 ans et un physique très frêle, pensez-vous que vous serez toujours sur le circuit à 33 ans, comme Nadal ?

"Oui, je me vois sur le circuit à 33 ans, courant et luttant comme Rafael Nadal. Mais Rafa l'a dit lui-même, il a beaucoup fait évoluer son jeu par rapport à ce qu'il faisait jeune, pour pouvoir continuer à évoluer au plus haut niveau. Peut-être qu'il faudra que je fasse pareil. Quant au fait que je sois maigre, c'est juste ma structure. Je travaille beaucoup, surtout mon physique ces deux dernières années et demie, depuis que j'ai consacré ma vie au tennis. Mes entraîneurs me tuent physiquement pour que je sois prêt pour les tournois comme celui-là, pour ce genre de matchs, pour ce genre d'étés. Je peux être fier de ma forme physique cet été et ce soir. Mais je mange beaucoup de pâtes. J'essaye de manger moins de pizzas, mais j'aime beaucoup l'hawaïenne..."

 

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK