Roland-Garros : Son nom est Borg… Leo Borg…

Le 7 juin 1981, Bjorn Borg gagnait son dernier match à Roland-Garros. C’était une finale. Il s’emparait pour la sixième fois de la Coupe des Mousquetaires. Six victoires, un record que l’on pensait inaccessible jusqu’à l’arrivée d’un certain Rafael Nadal.

Avant Bjorn Borg, le tennis n’était pas un sport immensément populaire. Avec le champion suédois, la discipline s’est professionnalisée, et a été grandement médiatisée. Ses longs cheveux blonds, son bandeau, sa Donnay en bois, sa fausse froideur, ses victoires, ses duels avec John McEnroe, sont entrés dans l’histoire du tennis. Sans lui, la télévision aurait peut-être abandonné son idée de retransmettre du tennis toute la journée, beaucoup moins de raquettes auraient été vendues dans le monde, beaucoup moins d’enfants auraient eu envie de se rendre sur un court.

Le 7 juin 2021, quarante ans jour pour jour après les adieux parisiens du paternel, Leo Borg a gagné son premier match en Grand Chelem, à Roland-Garros, chez les juniors. Le jeune homme de dix-huit ans a choisi la voie la plus difficile qui soit : jouer au tennis comme son père. D’autres l’ont fait, mais l’obstacle paraissait moins haut. Des "fils de", il y en a quelques-uns actuellement sur le circuit, Sebastian Korda, Casper Ruud, Emilio Gomez. Mais lui, Leo, il veut carrément suivre les traces d’une légende du sport. L’héritage est glorieux, mais il pèse une tonne. Leo Borg a le courage d’y aller malgré tout. Quand, il y a quelques années, il avait annoncé à ses parents qu’il voulait devenir joueur de tennis professionnel, sa maman avait pleuré. Elle savait que la pression serait terrible, que l’attention serait permanente.


>> Bonus : Toutes les interviews radio de la RTBF à Roland-Garros 2021 sont ici…


 

Leo Borg a joué son premier match dans un tournoi du Grand Chelem sur un court plus grand que la plupart de ses camarades. Il a été demandé en conférence de presse par plus de journalistes que les autres juniors. C’est comme cela. Il le sait, et il s’en accommode. "J’ai eu du mal avec ce genre de chose quand j’étais plus jeune. Des gens me suivaient partout, et je n’étais pas habitué. Maintenant ça va, je m’y suis fait, et je peux mieux contrôler cette attention. Je suis bien obligé d’accepter la situation, parce qu’elle va me poursuivre durant toute ma carrière. C’est inévitable. Et cela ne me dérange pas. Je me concentre seulement sur mon objectif, et sur mon tennis."

Le chemin est encore long. Leo Borg est toujours junior, mais il a déjà tenté quelques incursions sur le circuit professionnel, dans des tournois challengers, grâce à des invitations (que d’autres, ne s’appelant pas "Borg", n’auraient pas reçues). Mais elles se sont toutes soldées par des défaites.

On verra ce que cela donnera dans quelques mois, dans quelques années. Le jeune Suédois avoue un objectif, entrer un jour dans le top 10 mondial.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK