Roland-Garros 2003, Henin ne laisse "aucune chance" à Clijsters et entre au Panthéon

Le 7 juin 2003, Justine Henin remportait le premier de ses sept titres en Grand Chelem. C'était à Roland-Garros.

17 ans plus tard, jour pour jour, Benjamin Deceuninck et Raffaela Raschella nous proposent sur la Deux, à partir de 14 heures 15, un documentaire de 90 minutes intitulé " J'espère que t'es fière de moi, maman. "

Tout au long de cette semaine, nous allons revenir sur quelques-uns des thèmes abordés par Justine pendant cet entretien.

Un treizième face-à-face

Depuis le début de leur carrière respective, Justine Henin et Kim Clijsters se sont affrontées à douze reprises, toutes compétitions confondues. Les statistiques renseignent set succès pour Kim et cinq pour Justine. La défaite subie, deux ans plus tôt, en demi-finale...à Roland-Garros est le souvenir le plus douloureux pour la Rochefortoise.

Ce jour-là, c'était déjà un 7 juin, Justine avait craqué face à la Limbourgeoise. Après avoir remporté le premier set 6/2, elle garde l'avantage dans le deuxième puis Kim inverse la tendance. Le match bascule, Kim se qualifie pour sa première finale en Grand Chelem.

Justine Henin est dévastée, elle qui a la haine de la défaite. Avant cette deuxième finale, elles ont déjà été opposées à trois reprises en 2003. Clijsters s'est imposée en demi-finale à Sydney et à Anvers, alors que Justine allait décrocher la victoire en finale sur la terre battue de Berlin, sa surface de prédilection, au terme d'un duel d'une intensité exceptionnelle un signe...

Comme dans un rêve

Le jour de la finale, Justine ne change rien à ses habitudes. Elle se réveille de bonne heure, elle est en connexion avec sa maman, comme investie d'une mission. Cette journée ne peut lui échapper. De son propre aveu, à Berlin, Kim avait évolué à un excellent niveau mais elle pensait qu'elle ne serait pas capable de reproduire la même prestation à Paris.

Pour ,la Belgique, le moment est historique. La famille royale avec le Roi Albert, Philippe, Astrid ainsi que plusieurs membres du gouvernement ont fait le déplacement pour assister à cet événement. C'est un peu, le 21 juillet, avec quelques jours d'avance, Paris est envahi par une colonie belge bruyante mais bon enfant. Chacun a choisi son camp, le décor est planté, il ne manque plus que les deux joueuses sur le court Philippe Chatrier.

A 19 ans, Kim dispute sa deuxième finale après celle perdue, en 2001, face à Jennifer Capriati, déjà à Roland-Garros. Justine à 21 ans et elle dispute aussi sa deuxième finale en Grand Chelem, battue, elle aussi, en 2001 et aussi contre une Américaine, Venus Williams, mais c'était sur le gazon de Wimbledon. Un début de partie parfait lui permet d'évacuer définitivement la désillusion de 2001. Justine dirige le jeu. Kim le subit ou plutôt subit l'outrageuse domination de son adversaire. Les jeux défilent, donnent le vertige aux 17000 spectateurs présents. Une exécution en 29 minutes qui se conclut sur un cinglant 6/0. Avec 75% de premières balles, des montées efficaces et des amorties toutes en finesse et un revers rarement pris en défaut, Justine ne laisse aucune chance à Kim.

Nous sommes partis dans une finale sens unique ? Ce serait faire peu de cas de Clijsters qui, dans les cordes, au bord du ko, va trouver l'énergie pour revenir dans la rencontre.

Euphorique, sur un nuage, Justine voit l'intensité de son jeu diminuer. Les échanges s'équilibrent. Soutenue par Lleyton Hewitt, Kim s'accroche et veut encore y croire, le propre des champions. Kim égalise à 4 partout...Justine refuse de visualiser une victoire qui s'offre à elle. Il y a une tension mais elle est positive, elle veut contrôler ses émotions. Elle veut rester dans l'instant présent. Mais quelques minutes plus tard, Justine convertit sa balle de match...6/0 et 6/4 en 67 minutes.

Le rêve est devenu réalité.

L'émotion

L'espace d'un instant, le temps s'arrête à la Porte d'Auteuil puis fait place à un bruit assourdissant. Le public est debout quand Justine lève les bras vers le ciel, une seconde d'éternité qu'elle ne pourra jamais oublier.

Sur le podium, Kim Clijsters qui fêtera ses 20 ans, le lendemain, lui rend hommage: " Je dois féliciter Justine, elle ne m'a donné aucune chance. Je suis déçue mais contente pour elle." A son tour, Justine félicite Kim, remercie le public qui l'a soutenue pendant la quinzaine puis s'adresse à sa maman, disparue 7 ans plus tôt: " Je voudrais dédier cette victoire à ma maman qui veille sur moi depuis le paradis. J'espère que t'es fière de moi, maman." 

En 1992, elle avait assisté, en compagnie de sa maman, au sacre de Monica Seles et lui avait déclaré: " Un jour maman, c'est moi qui gagnerai cette finale". Une promesse qui avait fait sourire sa maman. Une promesse tenue...Justine a conquis Paris et devient la Reine de Roland-Garros...sous les yeux du Roi Albert.

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