Roland-Garros 2003 : Henin-Williams, une demi explosive !

Le 7 juin 2003, Justine Henin remportait le premier de ses sept titres en Grand Chelem. C'était à Roland-Garros.

17 ans plus tard, jour pour jour, Benjamin Deceuninck et Raffaela Raschella nous proposent sur la Deux à partir de 14 heures 15, un documentaire de 90 minutes intitulé :"J'espère que t'es très fière de moi, maman."

Tout au long de cette semaine, nous allons revenir sur quelques-uns des thèmes abordés par Justine pendant cet entretien.

Justine entre bien dans la partie...

Lorsque Justine Henin débarque à la Porte d'Auteuil, elle fait figure de favorite de l'édition 2003. Ses récents résultats obtenus avant de mettre le cap sur la capitale française plaident en sa faveur. Et la première semaine de ces Internationaux de France confirme cette tendance et cela se confirme en début de seconde semaine, en quarts de finale, l'Américaine Chanda Rubin ne peut sauver que cinq jeux.

Mais, deux jours plus tard, c'est une autre Américaine qui attend notre compatriote en demi, l'épouvantail, Serena Williams. La numéro un mondiale reste sur une impressionnante série de trente-trois victoires consécutives en Grand Chelem, cela situe l'immense défi qui se présente à Justine. Et pourtant, la tenante du titre peut être bousculée sur la terre battue. A Charleston, elle a subi la loi de Justine en s'inclinant en deux sets : 6/3-6/4.

Le jeudi 5 juin 2003, le Central de Roland-Garros affiche complet pour une journée très particulière. Un peu plus tôt, dans l'après-midi, Kim Clijsters s'est imposée en deux manches face à la Russe, Nadia Petrova et on veut croire à une finale 100% belge.

Dès le début de la rencontre, la tension est palpable sur le "Chatrier". Premier point, Serena Williams balance un ace, le ton est donné. Une entrée en matière qui ne déstabilise pas la Rochefortoise. Il y a un peu de stress mais compensé par énormément de sérénité. Justine breake une fois, deux fois son adversaire et file à 3-0, la première manche est bien engagée. Williams revient à 3-2, mais notre compatriote se relance pour mener 5-2. Justine maintient la pression et son jeu de contre-attaque est payant. Le plan tactique mis au point avec son coach, Carlos Rodriguez, fonctionne parfaitement. La Belge veut bousculer Williams et n'hésite pas à attaquer sa première balle, sur terre battue, Justine peut se le permettre et elle ne va pas se priver pour le faire. Elle remporte le premier set 6-2.

Williams se révolte mais...

A Paris, Williams a un titre à défendre et elle va faire passer le message. En milieu de deuxième set, la méthode d'intimidation de l'Américaine commence à porter ses fruits. Sur le court, elle crie de plus en plus fort et retrouve ses frappes lourdes, très lourdes.Justine est breakée et la numéro un mondiale s'échappe à 5-3 et hurle sur le Central " Come On !".

A 21 ans, Justine Henin doute et échange de nombreux regards avec son coach. Elle a fait une partie du chemin pour rejoindre Kim en finale, une partie seulement. Charleston trotte dans une partie de sa tête mais ici, on est en demi d'un Grand Chelem. Williams gagne le deuxième set 6-4 et prend un ascendant psychologique.

Un nouveau match commence et le public va jouer son rôle, il va transcender Justine Henin, acculée par son adversaire, dans le set précédent. Les échanges sont tendus. Dans le début de ce set décisif, Williams est devant pour la première fois du match. Immédiatement, elle  prend ses distances et se détache à 4-2, 30-0...mais Justine est une battante. Williams est proche de la finale mais quatre points consécutifs réussis par la Belge la rappelle à la réalité.

Mieux sur sa lancée, Justine égalise à 4 partout. Williams s'énerve. Le public, excessif, a choisi son camp et booste Justine qui prend l'avance à 5-4. Williams recolle mais Justine est solide. Deux jeux plus tard, c'est la délivrance, un des premiers  grands moments de sa jeune carrière et sur le plan humain aussi, un sentiment particulier, celui d'avoir résisté jusqu'au bout pour atteindre la finale, Sa première finale en Grand Chelem, une finale noir, jaune, rouge à la Porte d'Auteuil...quarante-huit heures plus tard.