Pas assez handicapé pour jouer ? Polémique autour d'Alfie Hewett, finaliste contre Joachim Gérard

Alfie Hewett
Alfie Hewett - © MATTHEW STOCKMAN - AFP

Joachim Gérard (ITF 4) s'apprête à vivre un grand moment dans sa carrière, ce samedi à Roland-Garros. Quatre ans après une première finale perdue à l'Open d'Australie contre le Britannique Gordon Reid, le Belge de 31 ans s'est offert une nouvelle opportunité de remporter son tout premier titre du Grand Chelem en simple.

Sur le court Suzanne-Lenglen, il affrontera un autre Britannique, Alfie Hewett (ITF 3), 22 ans, vainqueur à Paris en 2017. Hewett est au coeur d'une polémique depuis plusieurs mois. Il se remettrait trop bien de sa maladie infantile, ce qui l'avantagerait dans un tableau réservé aux personnes porteuses d'un handicap.

"C’est lui qui m’a battu dans ce tournoi, c’est lui qui m’a battu en finale de l’US Open l’an passé, que j’avais joué il y a deux ans déjà en finale de l’US Open, c’est lui qui gagne beaucoup. Et en même temps, moi je suis un fervent défenseur du tennis en fauteuil comme tant un sport à part entière pour lequel j’aimerais que tout le monde puisse s’asseoir et jouer. Donc forcément, la polémique autour d’Alfie, moi je veux l’utiliser pour montrer à quel point, quand on met une limite, on va se retrouver face à un paradoxe de cette limite. Le sien c’est de dire qu’il n’est pas assez handicapé pour jouer. Moi, quelque part, j’ai envie qu’on supprime ce mot de notre vocabulaire, qu’on rejoigne l’univers du sport, pour que ce soit une vraie compétition et qu’on puisse tous jouer assis si on en a envie. Il y a une polémique parce qu’il y a eu un report des JO et que l’ITF avait dit qu’au 31 décembre 2020, ce serait sa dernière journée possible pour disputer les JO. Et là le report fait que c’est prolongé d’un an. J’ai envie d’utiliser cet exemple pour ouvrir notre discipline, plutôt que de la fermer et de dire qu’il y a des petites différences", a analysé le Français Stéphane Houdet.

Et d'ajouter : "Ce n'est pas un tricheur. Déjà parce que le règlement valide sa présence. Il y a un médecin, des instances, qui ont validé le fait qu’il puisse jouer. L’ITF a fait une classification et a dit ‘maintenant, on pense que tu ne peux plus être qualifié pour la suite’ et comme l’ITF n’a pas voulu faire ça du jour au lendemain, comme ça a été le cas en basket avec le capitaine de l’équipe du Canada, et vu que les joueurs se préparent pour les JO, donc ils ont décidé que ce serait après ceux-ci. Donc il n’y a aucune histoire de triche. Pour qu’on ne soit pas gêné par l’utilisation des termes, valides, handicapés, différents, faisons de ce sport un sport à part entière, ouvert, comme on fait d’habitude, à celui qui n’a pas de contre-indication médicale, tout simplement."

Joachim Gérard parviendra-t-il à prendre le meilleur sur Alfie Hewett en finale du tournoi de Roland-Garros ? Réponse à 11H ce samedi.

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