Kirsten Flipkens: "Cette demi-finale retarde ma préparation sur gazon, mais je prends, évidemment"

Kirsten Flipkens et Johanna Larsson
Kirsten Flipkens et Johanna Larsson - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Kirsten Flipkens et la Suédoise Johanna Larsson se sont qualifiées pour les demi-finales du double dames, à Roland-Garros. En quart, elles ont éliminé la Tchèque Kveta Peschke et l'Américaine Nicole Melichar, 3/6-7/6-6/1.

La joueuse belge va donc disputer sa première demi-finale de double, en Grand Chelem, elle qui a déjà, bien sûr, participé à une demi-finale en simple, à Wimbledon.

Et on peut toujours rêver à une finale belgo-belge, même si on en est encore loin. Parce qu'Elise Mertens est toujours dans le tournoi également. Elle doit encore jouer son quart de finale, en compagnie de sa partenaire biélorusse, Aryna Sabalenka.

Entretien avec Kirsten Flipkens, après son quart de finale victorieux...

Kirsten, il y a quelques jours, vous étiez dépitée. Vous veniez de perdre au premier tour en simple. Vous n'aviez pas gagné un seul simple sur terre battue, cette saison. Et vous voilà en demi-finale du double. Vous l'aimez, finalement, cette terre battue...

Maintenant, j'ai gagné quatre matches sur terre battue. Ce n'est qu'en double, mais une demi-finale dans un Grand Chelem, ce n'est pas mal du tout. Je suis très contente. C'est sûr et certain que le simple est prioritaire, mais je m'amuse, en double. Je me donne à fond pour le double, quand je suis sortie du tournoi en simple. C'est très chouette, d'être en demi-finale d'un Grand Chelem. Et pour moi, ce n'est pas "que" du double. Je m'amuse, avec "Jo", je cherche à aller loin, et à gagner des tournois. Quand on gagne en double, on prend aussi confiance.

Comment expliquer la différence de vos résultats sur terre battue, en simple et en double, cette saison ?

C'est facile à expliquer. En double, même sur terre battue, il n'y a pas de très longs échanges. C'est presqu'un sport différent, le simple et le double. J'aime jouer à la volée. Que ce soit sur terre ou sur gazon, je monte au filet. Et il est plus facile de jouer service-volée en double.

C'est votre première demi-finale de Grand Chelem, en double. Et on peut encore espérer vous voir aller plus loin, pourquoi pas...

Oui, c'est sympa. Mais on verra. Chaque match est plus "lourd" que le précédent. C'est la même chose pour nous que pour nos adversaires. On verra jour après jour.

Votre quart de finale était très particulier.  Il y avait une histoire de coach...

Oui, le coach de Johanna Larsson est aussi le mari de Kveta Peschke, et l'entraîneur du duo Peschke/Melichar. Donc c'était un peu compliqué. C'était mieux de préparer ce quart de finale sans lui, parce que c'est normal qu'il soit du côté de sa femme. Et pendant le match, il était neutre. Il a été très professionnel, rien à dire.

Quand vous croisez Elise Mertens, vous vous faites des petits clins d'oeil ? Vous vous dites "rendez-vous en finale" ?

Non, pas du tout. Honnêtement, je n'ai pas vu le tableau, et je ne savais pas qu'elle était dans l'autre partie. Après chaque match, on cherche le nom de nos futures adversaires. Et je suis sûre que c'est la même chose pour Elise. Elle doit encore jouer son quart, et nous on a une demi-finale difficile. On voit ça match par match. Et on s'amuse, c'est le plus important.

Quand on est en demi-finale, on n'est plus très loin du titre. Pensez-vous que maintenant, il va y avoir un peu plus de pression ?

Honnêtement, pas du tout. Parce qu'il reste encore deux matches, et ce sont les plus difficiles. Je pense qu'on doit juste se concentrer sur chaque point, et chaque match. Et on verra. Je ne vais pas trop penser à la suite. Notre tournoi est déjà plus que réussi.

Expliquez-nous votre complémentarité, avec Johanna Larsson...

Nous sommes des joueuses de 33 et 31 ans, et nous avons beaucoup d'expérience. On parle beaucoup, et on arrive à changer des choses, quand cela ne va pas. C'est arrivé en quart de finale, où nous avons corrigé ce qui n'allait pas, après avoir perdu le premier set. Jo aime bien la terre battue, c'est clair. Je pense qu'elle est meilleure que moi à l'arrière, et que je suis meilleure au filet. On doit essayer de construire un jeu qui nous laisse profiter de ces atouts-là. Nous sommes très complémentaires. C'était déjà le cas dans les petits tournois. Nous avons gagné quelques "250", et nous savions que nous étions capables de bien jouer. Jo a beaucoup joué avec Kiki Bertens, ces dernières années. L'année dernière, nous avons commencé à jouer ensemble de plus en plus souvent.

Si vous n'aviez pas été loin en double, vous auriez déjà commencé à préparer la saison sur gazon...

Naturellement, c'est super, d'être en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem, même si c'est en double. Mais c'est clair que la préparation pour le gazon n'est pas idéale. Mais c'est comme ça, je prends. Et je n'ai pas besoin de beaucoup d'entraînements sur gazon, parce que c'est ma surface. Et je veux bien sûr rester ici, à Paris, le plus longtemps possible.

Une question sur le simple. Que pensez-vous d'Ashley Barty ? Elle est très talentueuse, et elle est toujours dans le tableau...

J'ai joué contre elle à Cincinnati, il y a deux ans, en qualifications. Elle était aux environs de la 80e place mondiale. J'étais sûre que six mois plus tard, elle serait top 20, et qu'elle gagnerait un jour des Grands Chelems. Je ne sais pas quand ce sera, mais elle va le faire. Avant Roland-Garros, j'avais dit que ce serait soit pour Halep, soit pour Barty. C'est encore possible, elles sont encore là toutes les deux. J'adore Ashley Barty. Pour le moment, c'est ma joueuse préférée. Elle aime jouer des slices, monter au filet. Et c'est une joueuse très intelligente.

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