Justine Henin et Kim Clijsters, entre rivalité et respect

TENNIS-RG2003-HENIN-HARDENNE-CLIJSTERS
TENNIS-RG2003-HENIN-HARDENNE-CLIJSTERS - © JEAN-LOUP GAUTREAU - AFP

Le 7 juin 2003, Justine Henin remportait le premier de ses sept titres en Grand Chelem. C'était à Roland-Garros.

17 ans plus tard, jour pour jour, Benjamin Deceuninck et Raffaela Raschella nous proposent sur la Deux, à partir de 14 heures, un documentaire de 90 minutes intitulé :" J'espère que t'es fière de moi, maman." 

Tout au long de cette semaine, nous revenons sur quelques-uns des thèmes abordés par Justine pendant cet entretien.

Une longue histoire...

Les années ont passé, les passions sont retombées. Lorsque, Justine aborde cette rivalité avec Kim, elle veut relativiser, retenir le positif de ces deux parcours parallèles où chacune a appris de l'autre. Une histoire qui commence très tôt...

" Nous avons partagé beaucoup de bonnes choses, très tôt. La première fois que nous jouons l'une contre l'autre, j'ai 9 ans, elle a 8 ans. Ensuite, nous allons faire toutes nos années dans les catégories de jeunes, ensemble. On dispute les mêmes compétitions, on va représenter la Belgique dans les tournois internationaux. On voyage ensemble. C'est un million de souvenirs."

Humainement, Justine ne peut oublier ce partage alors qu'elles jouent un tournoi en Israël : " J'avais perdu ma maman, j'avais appris que sa maman était malade. C'est un instant que je redoutais.Nous avons partagé ce moment d'intimité, échangé des mots. Kim savait ce que j'avais vécu, il y avait de la complicité même si après, on va prendre beaucoup de distance, notamment par rapport nos entourages respectifs aussi."

L'histoire est magnifique sur le plan médiatique pour un petit pays comme la Belgique. Kim et Justine vont devenir n°1 et n°2 mondiales, chacune à leur tour c'est unique !

Mais notre pays, c'est le Nord et le Sud, ce sera aussi Kim ou Justine.Elle ne l'a pas oublié : " En Belgique, il faut toujours choisir. Kim avait des supporters en Wallonie, moi, j'avais des supporters en Flandre. On était soit Kim, soit Justine. Je trouvais ça génial. Il n'y avait pas de compromis. Nos personnalités respectives, c'était difficile de faire plus opposé !" 

Le jour du titre à Roland-Garros, Justine se souvient encore des premiers mots échangés au filet quelques instants après la balle de match. " Kim s'est d'abord exprimée, j'ai ressenti beaucoup de bienveillance dans son attitude.A ce moment précis, je sens aussi une certaine complicité entre nous, même si c'est plus facile lorsque vous gagnez. De mon côté, je pouvais comprendre ce qu'elle éprouvait à cet instant précis. J'avais vécu le même moment lorsqu'elle m'avait privée de finale en 2001."

Au delà de cette rivalité, Justine ne peut pas oublier des moments où elle s'est sentie blessée :" Il y des choses qui m'ont fait mal, des Unes de presse qui m'ont touchées. J'enviais Kim qui avait cette capacité à gérer les choses. Elle avait toujours l'air d'être plus épanouie, plus détendue avec un rapport aux choses beaucoup plus facile et j'étais dans une période de ma vie plus compliquée, on n'avait pas une forme d'équilibre en dehors du terrain et une certaine presse a mis cela en avant et c'était douloureux. Ce n'était pas contre Kim. Moi, j'ai fait mon chemin, je me suis épanouie davantage, j'ai réglé plein de choses avec moi-même aussi, mais tout cela se rajoutait à une rivalité tennistique énorme."

Trois ans après la finale, Justine retrouve Kim en demi-finale à Roland-Garros. Les choses ont changé, la complicité a fait place à la rivalité. "Ce ne serait pas honnête de ne pas en parler. Mais la rivalité était énorme, mais  entre nous, la relation est restée saine. Elle est restée positive. Cette rivalité nous a rendue meilleure, elle a créé une émulation. Quand, Kim faisait des résultats, j'avais envie de progresser, envie de faire comme elle et je pense que ça l'animait de la même manière. Je ne serai jamais devenue cette joueuse là sans elle et j'ai beaucoup de reconnaissance par rapport à cette situation." 

Des années plus tard, Justine reconnaît plus encore ce respect mutuel :" Aujourd'hui, Kim et moi, on peut se croiser, on ne va pas aller manger un bout au resto, on ne va pas planifier des vacances ensemble mais on va savoir que quelque part, on se doit beaucoup. Il y a un respect immense. On a eu beaucoup de chance d'être là ensemble." 

Sept titres en Grand Chelem et 43 victoires en tournoi pour Justine, six titres en Grand Chelem et 41 victoires en tournoi pour Kim, même dans ces statistiques, elles seront toujours restées très proches. Ce n'est certainement pas un hasard.!

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK