Thierry Van Cleemput: "Je n'ai pas les armes pour aider Halep"

Thierry Van Cleemput
Thierry Van Cleemput - © PATRICK HAMILTON - BELGA

La nouvelle a été annoncée au lendemain de la victoire d'Elise Mertens sur Simona Halep, en finale du tournoi de Doha : la joueuse roumaine et son coach belge, Thierry Van Cleemput, se séparent. Ce tournoi au Qatar restera donc une expérience unique.

Thierry Van Cleemput tient à le souligner, la séparation avec Simona Halep se fait à l'amiable, avec le sourire, sans drame. Chacun estime que l'autre a de grandes qualités, humaines et professionnelles. Mais cela ne collait pas.

Entretien...

Thierry, c'est déjà terminé, vous n'êtes plus l'entraîneur de Simona Halep. Que s'est-il passé ?

Je tiens à dire que tout s'est bien passé à Doha, et que c'est une grande championne et une top-fille. Elle a fait un bon tournoi. Mais cela ne me convient absolument pas. Je ne suis pas capable de l'aider. Moi, je voulais une période d'essai à l'entraînement à Bucarest, et une période d'essai sur les tournois, avant d'éventuellement devenir officiellement son entraîneur. Cela ne s'est donc pas mal passé en tournoi. Mais comme je le disais, je suis incapable de l'aider, je n'ai pas peur de le dire. Je ne peux pas offrir des choses que je ne connais pas, ou que je ne sais pas faire. Elle fait la pluie et le beau temps par elle-même, quand elle joue sur le terrain. Si elle joue mal, ce n'est pas de ma faute. Si elle joue bien, ce n'est pas grâce à moi. Je n'ai pas la faculté de vraiment pouvoir interférer là-dedans, je n'ai pas les armes. Quand on voit ça, on se demande à quoi on sert. Je n'ai pas envie d'être là juste pour être avec Simona Halep, pour avoir un salaire. J'ai envie d'être là parce que je fais mon métier de formateur, parce que je peux proposer des pistes. Et là, on n'a rien senti, ni l'un, ni l'autre. Et on s'est dit qu'il ne fallait pas le faire, que ce serait une erreur, que n'était bien ni pour elle, ni pour moi.

Pendant cette semaine, à Doha, vous n'avez pas bien communiqué ?

C'est vrai que la communication est difficile. D'abord parce qu'elle parle le roumain et elle devait parler anglais avec moi; et moi je parle le français et partiellement l'anglais. Le tronc commun, en anglais, n'était pas suffisant. Mais ce n'était pas un problème de communication, c'était le feeling que l'on a par rapport au travail.

La communication sportive...

Voilà, c'est ça. C'était court, mais à partir du moment où on ne le sent pas, il ne faut pas le faire. Je viens de sortir de cinq ans avec David Goffin, un joueur que j'adorais. C'était très chouette, et je n'ai pas envie d'aller me mettre dans ce genre de dossier. Ce n'est pas mon truc, je préfère me consacrer aux jeunes, à ce moment-là.

C'est cela, votre avenir proche ?

Je vais prendre un peu de recul, ce que je n'ai pas fait après David, parce que les circonstances étaient ce qu'elles étaient. Je vais un peu rester au calme. Là, je suis au bord d'un terrain, pour regarder mon fils jouer au football. Je veux m'occuper de ma famille. Et, plus que vraisemblablement, mon avenir sera là où je dois être. Je vais sans doute retourner à Mons, si on a besoin de moi, pour m'occuper des jeunes.

Des gens vont forcément se poser la question : vous n'envisagez pas de retourner avec David ?

Bien sûr que non... Le dossier "David" et le dossier "Halep" n'avaient rien à voir. L'un n'était pas dépendant de l'autre. David doit maintenant tourner son avenir vers autre chose. David doit trouver un nouveau coach, quelqu'un qui va le booster, qui va l'amener vers le meilleur. Pour moi, sportivement parlant, cela fait partie du passé. Le présent entre David et moi, c'est l'amitié, et rien d'autre. Il n'y a aucun regret par rapport à David. Il fallait stopper avec lui, l'usure du temps était là, la pression était là. Son avenir, ce sera avec quelqu'un d'autre. Et je suis sûr qu'il va faire un bon choix, et qu'il va trouver quelqu'un qui va bien l'aider.

Si un joueur ou une joueuse vous appelle, vous allez quand même étudier la question ?

Je ne peux pas répondre à quelque chose qui n'existe pas pour le moment. J'avais deux offres, mais il n'y a aucun regret après l'expérience Halep. Il faut être dans l'expérience, pour se rendre compte s'il y a une possibilité ou pas. Ce que j'ai appris, c'est que mon vrai métier, c'est quand même le développement des jeunes. Je vais réfléchir, je vais me reposer un petit peu, mais à mon avis ce sera ça. Et je tiens à répéter que je suis très content de l'expérience que j'ai vécue pendant cette semaine à Doha. Tant qu'on n'est pas dedans, on ne peut pas savoir.

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