Tennis: reprise sous haute surveillance à Palerme, cinq mois plus tard

Plusieurs Belges sont de la partie à Palerme
Plusieurs Belges sont de la partie à Palerme - © PATRICK HAMILTON - BELGA

Une compétition discrète, mais scrutée : après cinq mois d'interruption en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, le tennis mondial reprend sous haute surveillance avec le tournoi féminin de Palerme à partir de lundi, à quelques semaines d'un délicat enchaînement US Open/Roland-Garros.

8 mars : c'est la date à laquelle remontent les derniers matches officiels sur les circuits professionnels, en l'occurrence deux finales dames, à Lyon, en France, et à Monterrey, au Mexique.

Depuis, plus de son et plus d'image, exhibitions en tous genres mises à part, en raison de la crise sanitaire mondiale qui chamboule complètement la saison 2020. Le prestigieux tournoi californien d'Indian Wells a été le premier à être annulé début mars. Ont suivi le report à l'automne de Roland-Garros (27 septembre-11 octobre) et l'annulation historique de Wimbledon, en plus des suspensions à rallonge des circuits ATP et WTA.

Si on sait, depuis, qu'aucun tournoi n'aura lieu en Chine d'ici la fin de l'année, la lumière est réapparue mi-juin, quand l'US Open a acté son maintien à ses dates initiales, à partir du 31 août, mais à huis clos et amputé de ses qualifications. La WTA et l'ATP ont eux fixé une date de reprise en ce même mois d'août, dès le 3 côté dames. Les joueurs doivent eux patienter jusqu'au 22.

"Si ça se passe mal..."

C'est ainsi que le modeste tournoi palermitain, niché derrière une haie de bougainvillées fuschia et cerné de montagnes irradiées par le brûlant soleil sicilien, hérite de la lourde tâche d'inaugurer la cohabitation entre tennis et Covid-19.

Dans un tel contexte, il s'agit clairement d'un test grandeur nature.

"La WTA nous a prévenues que ces deux premières semaines (à Palerme à partir de lundi, et à Prague et Lexington, aux Etats-Unis la semaine suivante, ndlr), ce sont des tournois tests", confirme à l'AFP la joueuse française Chloé Paquet (174e), stoppée dès le premier tour des qualifications du tournoi sicilien samedi.

"On sait que si ça se passe bien, il pourra y en avoir d'autres, poursuit-elle. Si ça se passe mal, le calendrier pourrait peut-être être revu... On en est conscients."

Tests immédiats à l'arrivée, puis renouvelés tous les quatre jours, masques obligatoires à part pour jouer et manger, entourage limité à une personne, consigne passée, sans les interdire formellement, de limiter au maximum les contacts entre joueuses et avec l'extérieur... : on ne lésine pas sur les moyens pour se donner toutes les chances de réussite.

100% européen

"C'est sûr que ça n'a rien à voir avec avant, compare Chloé Paquet. Avant, on pouvait sortir (de l'hôtel), se retrouver au resto après les matches... Là, ça fait un peu moins rêver."

"Mais on est vraiment contentes de pouvoir rejouer et reprendre notre métier, ça nous incite à respecter toutes ces règles" sanitaires, souligne-t-elle.

Illustration du casse-tête des restrictions de déplacements internationaux pour le tennis mondial, à la fois largement globalisé et itinérant, le plateau du tableau principal est 100% européen.

L'envie de jouer, elle, ne manque pas : le tournoi sicilien, qui fait partie de la catégorie la plus modeste du circuit principal, a attiré trois joueuses du top 20.

Mais pas Simona Halep. Attendue comme tête d'affiche, l'ex-N.1 mondiale et double lauréate en Grand Chelem (Roland-Garros 2018 et Wimbledon 2019) a été rattrapée par la quatorzaine dernièrement imposée par les autorités italiennes aux personnes ayant récemment séjourné en Roumanie ou en Bulgarie, et a fini par renoncer à faire le voyage.

Autre rebondissement d'avant-tournoi : la WTA a rapporté samedi après-midi, à quelques minutes du début des qualifications, qu'une joueuse avait été testée positive au Covid-19 et placée à l'isolement. Comme un rappel que l'édifice reste fragile.

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