Steve Darcis vient de le confirmer, il prendra sa retraite en janvier

"Nous vous invitons à assister à une annonce importante après le tirage au sort de l’European Open". Les organisateurs du tournoi d’Anvers n’ont rien dit, mais tout le monde, dans le milieu du tennis belge, avait compris.

C’est fait, Steve Darcis vient effectivement d’annoncer qu’il va prochainement mettre un terme à sa carrière. Contraint et forcé. Son coude le fait à nouveau énormément souffrir. Cela fait plusieurs mois qu’il ne peut plus jouer normalement. "Dès Wimbledon, j’ai ressenti des douleurs, et cela m’a rappelé des mauvais souvenirs". Lui aussi, il a compris très vite. Son coude l’avait empêché de jouer le moindre match en 2018. Il s’était battu pour revenir, pour pouvoir choisir lui-même le moment de sa retraite. Ce ne sera donc qu’à moitié le cas. Mais au moins, il a essayé. Il n’essayera plus. Encore arrêter pendant des mois, à 35 ans, et revenir, pour encore avoir mal ? Non, cela n’en vaut plus la peine. "Je n’ai plus l’énergie physique et mentale pour cela".

Steve Darcis parle calmement, au moment d’annoncer l’inéluctable. Il pense déjà à ses derniers tournois. Après Anvers, il y aura deux challengers, et peut-être la phase finale de la Coupe Davis, s’il est retenu. Puis en janvier, l’ATP Cup, en Australie, et les qualifications de l’Australian Open.

Et il revient sur ce qu’il a réussi, pendant seize ans, au plus haut niveau. Il y a eu des blessures, bien sûr, de nombreuses blessures. Mais ce n’est pas ce que l’on a envie de retenir de ce joueur passionné, ouvert, gentil. Il n’y a pas que les top 10, les vainqueurs de tournois du Grand Chelem, qui réussissent, en tennis. Il y en a beaucoup d’autres qui peuvent se targuer d’avoir eu une jolie carrière.

Et Steve Darcis en fait partie. Parce qu’il a permis à la Belgique de disputer deux finales de Coupe Davis, bien sûr. C’est son amour pour cette épreuve qui vient tout de suite à l’esprit. Monter sur le court à deux points partout et "sauver la nation", c’était un peu son job. L’équipe avait confiance, il allait le faire. Les spectateurs savaient qu’il y arriverait et l’accompagnaient vers la victoire, de leurs cris et de leurs chants. "Monsieur Coupe Davis", c’était son surnom. Et pas seulement en Belgique. La seule fois où il n’y est pas arrivé, c’était en finale, contre la France, à Lille, en 2017. Son coude avait déjà décidé de stopper le héros dans son élan. Il n’était pas en état de gagner le match du titre, et il a dû se soigner pendant 14 mois, dans la foulée.

Steve Darcis, ce n’était pas seulement la Coupe Davis. Il a gagné deux titres, aussi. A Amersfoort, aux Pays-Bas, en 2007, il joue le deuxième tournoi ATP de sa carrière, en sortant des qualifications. Il le gagne, à la surprise générale. Et il récidive un an plus tard, à Memphis, aux Etats-Unis. Pour sa ténacité, il aurait mérité d’en gagner au moins un autre. Ce ne sera pas le cas.

En 2013, vient le match dont on lui parle encore tout le temps, sa victoire sur Rafael Nadal au premier tour du tournoi de Wimbledon. Le plus beau succès de sa carrière. Le lendemain, il fait la une des pages sportives dans les journaux du monde entier. Le surlendemain, il ne joue pas le deuxième tour. Une fois de plus, un grand moment est gâché par une blessure. Son épaule douloureuse le tient éloigné des terrains pendant de longs mois.

"Shark" a battu deux autres top 10, dans sa carrière, Tomas Berdych, aux Jeux Olympiques de Londres, et Pablo Carreno Busta, il y a deux ans, à Pékin. Combien d’autres joueurs de haut niveau aurait-il pu éliminer si son corps n’avait pas été aussi fragile ? Combien de tournois aurait-il pu gagner ? Aurait-il pu, au moins une fois, être encore en course en deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem ? On ne le saura jamais, et il est donc inutile de se poser la question. Parce que les blessures ont fait partie de sa carrière, et c’est comme ça.

Ce que l’on préfère retenir, c’est que Steve Darcis faisait plaisir à voir jouer, quand il était physiquement à 100%, et que dans ces cas-là, il était capable du meilleur.

Il lui reste donc quelques semaines à souffrir, mais aussi à tenter de profiter un peu. Quelques semaines pour dire au revoir à un monde qu’il a côtoyé pendant si longtemps. Et au revoir au public belge, notamment, lors du tournoi d’Anvers. "Au revoir", mais pas "adieu". Steve Darcis ne sait pas encore ce qu’il fera à partir du mois de février, mais le rôle d’entraîneur lui ira certainement très bien.

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