Steve Darcis, bientôt de retour, veut profiter, et retrouver son meilleur niveau

La saison 2018 de tennis touche tout doucement à sa fin, même s'il reste deux rendez-vous très importants, le Masters, et la finale de la Coupe Davis. Cette saison 2018, Steve Darcis n'y a pas participé du tout (en tout cas comme joueur). Il a disputé son dernier match le 26 novembre 2017. Et c'était aussi le dernier match de la saison internationale, la finale de la Coupe Davis, à Lille, contre la France. Déjà touché au coude, il n'avait pas pu se battre normalement, pour ramener le trophée en Belgique.

L'expérience a été douloureuse, physiquement et mentalement. Mais on ne se doutait pas, à l'époque, que le joueur belge serait éloigné aussi longtemps des terrains. La blessure au coude est maintenant enfin guérie. 2018 est presque mort; vive 2019 et vive le retour à la compétition.

Entretien avec Steve Darcis, qui a repris les entraînements il y a quelques semaines...

Steve, comment allez-vous ? Votre coude est-il rétabli à 100% ?

Oui, franchement, cela va très bien. Je pense que j'ai fait le break nécessaire. Cela a pris beaucoup de temps pour cicatriser. J'ai fait une super-rééducation au CHU, j'ai recommencé à taper la balle il y a environ un mois, avec un gros travail physique derrière. On va voir comment ça évolue, mais ça se passe plutôt pas mal...

Le retour en compétition est toujours prévu début janvier ?

Oui, la saison commence le 31 décembre. Et je serai à Pune, en Inde. Après, j'enchaînerai avec le challenger de Canberra, et je finirai la tournée à Melbourne.

Et vous pourrez bien disputer ce premier Grand Chelem de l'année, à Melbourne. Il faut rappeler que vous n'avez plus de classement ATP, mais que vous avez un classement protégé, parce que vous avez été absent longtemps. A quoi avez-vous droit exactement ?

Comme j'ai été blessé un an, j'ai le droit d'utiliser douze fois mon classement protégé, qui est de 90e mondial. Cela va me permettre de faire les Grands Chelems, quelques ATP 250, et quelques challengers. En espérant aussi recevoir des wild-cards dans d'autres challengers. Je voudrais faire une année complète. Et on tirera le bilan à la fin de 2019. Mais je me suis préparé comme si je n'avais jamais arrêté. J'espère que ça se passera bien...

Vous ne faites pas une tournée d'adieu; vous reprenez la compétition pour être compétitif, justement...

Si j'ai fait un break pendant aussi longtemps, c'est pour essayer de rejouer un maximum. La tournée d'adieu, je n'y pense pas. J'ai vraiment envie de revenir au plus haut niveau. En tout cas, je me suis entraîné dans cette optique-là. Maintenant, il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu, et on va voir l'évolution. Mais la préparation aura été optimale. Et j'ai toutes les cartes en main pour essayer de faire une belle année.

On sait que vous voulez choisir le moment de votre retraite, et ne pas être forcé d'arrêter à cause d'une blessure, ce qui paraît tout à fait logique. Mais y a-t-il eu des doutes ? Vous êtes-vous parfois demandé s'il ne valait pas mieux arrêter ? Le fait d'avoir commencé une carrière d'entraîneur, aux côtés de Yanina Wickmayer, aurait pu vous faire changer d'avis, et vous pousser à arrêter ?

Des doutes, j'en ai eu beaucoup. Je m'étais durement préparé, pour pouvoir rejouer à Roland-Garros. Le fait d'avoir de nouveau mal après une semaine d'entrainement, ça a vraiment été un fameux coup dur. Donc j'ai pris la décision de faire le break le plus long possible, pour que ça cicatrise complètement. J'ai eu la chance de voyager un peu avec Yanina. Cela m'a fait prendre conscience que c'était quelque chose que j'aimais bien. Mais que je n'avais pas envie de faire tout de suite. Je me sens capable de pouvoir revenir, et de pouvoir à nouveau bien rejouer au tennis.

Le tennis vous a terriblement manqué, donc vous êtes terriblement impatient ?

Terriblement, je ne sais pas. Mais ça m'a beaucoup manqué, et je suis très impatient. J'ai fait tous les sacrifices nécessaires pour revenir au top. J'espère que ça va payer. De toutes façons, quoi qu'il arrive, je n'aurai pas de regrets, j'ai fait le maximum. C'est clair que je me réjouis de revenir...

Après tout ce qui vous est arrivé, vous avez la capacité de vraiment savourer les choses. Quand vous voyez un joueur qui ne savoure pas à fond, ou qui ne savoure pas assez le fait d'être en bonne santé, ça vous fait quelque chose ? Et plus qu'avant ?

Ca m'a toujours un peu fait quelque chose. Voir des gens qui ne s'accrochent pas, c'est difficile. Mais on ne peut pas leur en vouloir. S'ils n'ont pas envie de s'accrocher, c'est leur droit. Moi je sais qu'à partir du moment où je monte sur le terrain, c'est pour donner le maximum. Et je pense qu'il faut regarder dans son assiette, et ne pas trop regarder les autres.

Vous vous sentez assez fort pour affronter un 50e mondial, par exemple, et pour jouer à son niveau ? Ou vous vous dites qu'il faudra des mois ?

Il faudra un peu de temps, c'est clair. Les reprises ne sont jamais faciles. On l'a même vu avec les meilleurs joueurs du monde. Un Del Potro a mis quelques mois à revenir. Et même un Djokovic. Mais une fois que la machine est lancée, ils sont plus ou moins inarrêtables. Pour moi, je sais que ça va prendre du temps, je sais qu'il va falloir passer par des étapes difficiles. Encore une fois, à partir du moment où je monte sur le terrain, c'est que je me sens prêt. Et que je me sens prêt à avoir du mal au début. Mais quand je vois la façon dont je joue déjà, après un mois, je suis quand même confiant.

Maintenant, quand on a 34 ans, on n'est plus considéré comme un phénomène. Il y a plus "vieux" que vous, et très haut dans le classement...

Il y a plus vieux, mais il y a surtout beaucoup plus jeunes. Ce qui est bien, c'est qu'à 34 ans, le plus gros de ma carrière est derrière moi. Et la seule chose à faire, c'est profiter. Je n'ai vraiment pas de pression, je vais essayer de profiter un maximum. Tout en cherchant à revenir le plus haut possible.

Vous allez voyager avec une équipe qui va s'occuper de votre physique avant tout ?

Je vais garder exactement la même équipe qu'avant. J'ai Yannis Demeroutis comme entraîneur tennis. Je m'entraîne toujours physiquement avec la Fédération, avec Alexandre Blairvacq et Fabien Bertrand. En décembre, je vais participer au stage d'Hope and Spirit, à Abou Dabi. Et pour ce stage, j'ai repris Patrick Meur. Et j'ai toujours deux kinés, Thibaut Demoitié et Steve Triffoy. C'est exactement la même équipe qu'avant. Je pense que je finirai ma carrière avec ces personnes.

Pendant cette année 2018 totalement blanche, tout le monde vous est resté fidèle ? Vous avez continué à être soutenu par la fondation Hope and Spirit ? Vous avez continué à être soutenu par vos sponsors ? Personne ne vous a lâché ?

Je dois dire merci à Daniel Meyers, le fondateur d'Hope and Spirit, qui a toujours été là pour moi, et depuis très longtemps. Grâce à lui, tous mes sponsors ont continué à me suivre, même pendant cette année compliquée. Maintenant, ça va être à moi de leur prouver que c'était une bonne idée de continuer à m'aider. J'espère qu'ils pourront être fiers de moi l'année prochaine.

Ca ne va pas être trop compliqué pour vos filles ? Elle vous ont eu à la maison pendant un an, mais maintenant, vous allez partir pendant des semaines...

Oui, ça va être un peu compliqué. Maintenant, elles savent un peu ce que c'est, parce que je suis parti avec Yanina, cette saison. Cela va probablement être un peu plus difficile, mais ça fait partie du jeu, et je pense qu'elles comprendront plus tard...

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