Sport amateur : les clubs de tennis à l'épreuve, certains risquent de disparaitre

Le petit club du TC Nismes, dans le sud de la Belgique
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Le petit club du TC Nismes, dans le sud de la Belgique - © Audrey Biernaux

Il y a quelques jours, la rédaction des sports de la RTBF lançait un appel à témoignages (via l’adresse mail : sportamateur@rtbf.be) issus du sport amateur. Là aussi les annulations se sont enchaînées et le sport amateur est tout autant (si pas plus ?) remis en question.

Le tennis club de Nismes, le tennis club de Couvin… deux clubs de la même région mais des structures de tailles différentes. Cadre idyllique pour Nismes dans un des plus " beaux villages de Wallonie ", deux terrains disposés le long d’une voie de chemin de fer utilisé par … un train à vapeur atypique qui laisse pantois plus d’un joueur en plein exercice. A Couvin, club familial et accueillant, c’est le long de l’eau et parmi les arbres que le tennis se pratique. Un point commun, la bonne humeur prévaut dans les deux infrastructures, très liée l’une à l’autre. Mais les conséquences du Coronavirus sur ces deux clubs ont une ampleur bien différente.

Une chose rassemble les deux structures plus encore que le tennis en ce moment, la conscience de vivre une crise sanitaire qui dépasse le cadre du sport, et qui a des implications beaucoup plus graves que celles qui concernent leur club aujourd’hui.

D’un point de vue purement sportif, on apprend malgré tout que cette crise pourrait être déterminante pour l’avenir du tennis dans la région.

Le Coronavirus pourrait sonner le glas du TC Nismes ", nous confie Audrey Biernaux, secrétaire du club nismois. " Ces dernières années, le club a perdu beaucoup de ses membres, il n’y a plus de cours qui sont dispensés chez nous et presque plus d’équipes. Mais jusque-là on parvenait à garder un équilibre budgétaire. Sans doute un équilibre un peu instable puisqu’il se pourrait bien qu’on ne résiste pas à cette crise. C'est vraiment dommage parce qu'on a un bel endroit avec une belle infrastructure. "

Le club si bien fréquenté avant est déserté ces dernières années... Les jeunes du club ont grandi, certains ont quitté la région, d’autres ne font plus du tennis une priorité face aux défis de " la vie d’adulte ". Et les nouvelles générations peinent à pointer le bout de leur nez. Le club ne compte plus actuellement que 15 membres, dont une grande majorité de seniors.

"Couvin survivra à cette crise"

A six kilomètres de là, le TC Couvin se porte plutôt bien. Situé au milieu d’une petite ville, nettement plus peuplée que Nismes, Couvin compte le maximum d’équipes d’interclubs possible avec près de 200 membres actifs. Son président, Benoit Visart, n’est pas inquiet. Il faut dire que dans la vie de tous les jours, il est infirmier à domicile. Il relativise très fortement cette situation pour le monde du sport, en cette période très compliquée pour les professionnels de la santé : " On avait prévu une journée ‘tennis en famille’, qui remplaçait notre traditionnel souper. C’est évidemment une source de revenus en moins mais on a une trésorerie et d’un point de vue financier, Couvin survivra à cette crise. C’est plus d’un point de vue logistique que les choses risquent d’être compliquées. " Comme avant chaque début de saison été, les terrains devaient être remis en état de pratique par des professionnels, mais ils sont évidemment à l’arrêt puisqu'ils doivent travailler à plusieurs. Une fois les mesures levées, il faudra sans doute attendre un moment avant qu’ils puissent venir faire les travaux nécessaires. C’est là la conséquence principale sur le TC Couvin. Surtout si les interclubs peuvent se tenir (en retard ou pas). Les infrastructures risquent d’être insuffisantes.

A Nismes, on craint aussi un report ou une suppression de ces interclubs, on a peur alors que les membres ne paient pas leur cotisation : " C’est notre principale source de revenus actuellement. On compte sur la solidarité de nos membres, mais on a conscience que ce sera difficile si on ne peut pas jouer au tennis pendant plusieurs mois. "

Nismes dispose de deux terrains extérieurs, mais surtout d’un terrain dans une salle en bon état. Et évidemment, pour l’instant elle ne peut pas être louée, une autre source de revenu en moins. " C’est notre point fort, notre salle. Des touristes, des gens de toute la région vienne la louer de temps en temps. On dépanne Couvin aussi parfois quand ils en ont besoin, il y a une forte solidarité entre les deux clubs. "

Une fusion n'est pas à l'ordre du jour

Une solidarité qui pourrait aller plus loin ces prochains mois. Couvin a plus de moyens financiers, possède quatre terrains extérieurs mais seulement un terrain couvert. Dans un pays comme la Belgique où la météo est instable, avoir une deuxième salle à disposition est un plus pour les Couvinois, surtout s’il y a un report des interclubs et donc moins de temps pour les disputer. Et cette solution pourrait permettre de renflouer un petit peu les caisses nismoises, de garder la tête hors de l’eau. Mais si Nismes est voué à disparaître sans revenus supplémentaires, pourquoi pas une fusion entre les deux clubs, déjà très proches ? " Une fusion a déjà été évoquée il y a quelques temps… Mais ça n’a pas abouti. Il faut trouver les bénévoles, les personnes motivées… Il y a beaucoup de choses à régler " explique Audrey Biernaux.

Relancer les cours pour les jeunes, créer de nouvelles équipes... le club en rêve mais n'a plus vraiment l'impression d'avoir les clés en main. Nismes a exploré d’autres possibilités, comme tenter de réduire les coups d’éclairage de la salle… mais le devis pour installer des lampes LED s’élève à 5.000€. Le club aimerait demander l’aide de la commune mais n'y croit pas vraiment : " On se sent un peu délaissé, surtout par l’AFT qui n’aide pas du tout les petits clubs. En ce qui concerne la commune, on a peu d’espoirs, mais on va essayer quand même, on ne va pas baisser les bras, on se battra jusqu’au bout et si le club meurt malgré tout, on n’aura pas de regrets. 

Avec un peu de solidarité, le sport finira peut-être par remporter sa bataille face à un virus qui a déjà fait beaucoup trop de dégâts dans les autres domaines. 

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