Sander Gillé et Joran Vliegen, des potes qui ont de l'ambition pour 2019

Joran Vliegen et Sander Gillé à Anvers
Joran Vliegen et Sander Gillé à Anvers - © Ph.Buissin/IMagellan

Ils sont les meilleurs Belges dans leur domaine. Et leur domaine, c'est le double. Joran Vliegen et Sander Gillé ne font que ça, jouer des doubles. Le plupart du temps en challenger, et parfois à l'échelon supérieur.

Anvers n'était que leur quatrième expérience commune dans un ATP 250. L'année dernière, ils avaient été battus par les frères Bryan, sur un score serré. Et cette fois, ils ont été éliminés par les Espagnols Lopez et Munar, 7/6-7/6, après avoir eu deux balles de deuxième set. L'expérience est forcément toujours particulière, pour Sander Gillé. "La semaine dernière, on était en Italie, et les tribunes étaient remplies, pour notre finale. Mais on ne connaissait personne. Ici, il y avait beaucoup moins de monde, mais la famille et les amis étaient là. Nous n'avons nos supporters derrière nous qu'une seule semaine sur l'année. Ca change beaucoup de choses, et ça aide. C'est chouette de faire un tournoi à domicile."

Les Belges forment une vraie équipe de double, qui a déjà gagné cinq challengers cette année. Mais ils restent méconnus du grand public, et sont très rarement présents dans les médias. "Parfois, oui, c'est frustrant, que l'on ne parle jamais du double. Je ne m'intéresse pas trop à ce qui se dit, mais de temps en temps on a l'impression d'être oubliés. Bien sûr, le simple est hyper-important, et des joueurs comme Nadal et Federer prennent toute la place, ce qui est logique. En Belgique, il y a David Goffin. Mais parfois j'ai l'impression qu'on mériterait un peu plus d'attention. C'est comme ça, on essaye de faire notre chemin, on va encore monter au classement, on a encore un bel avenir. On va essayer de faire en sorte que les gens parlent de nous grâce à nos résultats."

Leurs résultats ont été plutôt bons, en 2018. La semaine dernière, la paire belge gagnait son cinquième challenger de l'année, à Ortisei, en Italie. Gillé est 87e mondial, et Vliegen 95e. Un joueur de simple qui gagnerait cinq challengers en une saison serait sans doute mieux classé, selon Sander Gillé. "Il serait top 50, en simple. Mais le système est comme ça, le top est très protégé, et les grands tournois donnent beaucoup de points. Les challengers en offrent moins, donc il faudrait en gagner sept ou huit. Nous en avons gagné cinq en 2018, ce qui n'est pas mal du tout. Je ne pense pas que beaucoup de joueurs de simple remportent cinq challengers en une saison. Mais le circuit est différent, d'autres équipes gagnent autant que nous. On va tenter d'encore gagner plus, et on va y arriver."

Et peut-être se rapprocher du tableau final dans les tournois du Grand Chelem, ce qui sera l'un des objectifs de la saison 2019. Les Belges ne sont pas loin, mais Joran Vliegen estime que ce sera encore un peu juste pour l'Australian Open, en janvier prochain. "Il nous reste cinq semaines de tournoi, mais je ne pense pas que l'on pourra rentrer, à Melbourne. Ce sera difficile. Mais on ira jusque là, et on s'inscrira, si jamais on est deuxièmes, troisièmes, ou quatrièmes 'dehors'. Notre but, pour la saison prochaine, c'est de jouer des Grands Chelems, de jouer plus d'ATP 250, et de gagner des matches dans cette catégorie-là. Et être dans le top 50, aussi."

Et de rejouer en Coupe Davis, peut-être. Les deux Limbourgeois ont vécu leur première expérience dans cette épreuve au printemps dernier, aux Etats-Unis. Ils avaient très bien résisté à Sock et Harrison, leur prenant un set, et en ne perdant les 3 suivants que de justesse. "C'était un bon moment. On espère être là en février, au Brésil. Sinon, tant pis, il n'y a pas de soucis."

Le duo noir-jaune-rouge, on l'aura compris, consacre tout son temps et toute son énergie au double. C'est leur vie, c'est une passion. Mais pas seulement, explique Sander Gillé. "C'est aussi notre travail, maintenant. Je préfère le tennis à un autre boulot, bien sûr, mais on est en vacances trois semaines maximum par an. Donc, on peut considérer que c'est un vrai boulot. Mais c'est un boulot que j'aime faire".

Un boulot qu'ils font ensemble. Les bons et les mauvais moments, ils les partagent. Chacun estime que l'autre est son meilleur ami. Dans la vie, et pas seulement sur le court. Et ils parlent d'une même voix. "On est tout le temps ensemble, donc on est forcément très proches. Bien sûr, il y a de temps en temps des disputes entre nous. Mais c'est normal, on habite presqu'ensemble, on travaille ensemble, on est collègues et amis. On a parfois besoin de discuter, pour tenter de franchir des étapes dans notre carrière. Et quand on vient de jouer quelques tournois d'affilée ensemble, on a besoin d'espace, on a besoin de respirer, donc on ne se voit pas tout le temps en dehors des terrains. Tout cela est normal."

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