Philippe Dehaes : "Kim Clijsters montre de belles choses… mais pas encore de quoi gagner l'US Open"

Kim Clijsters peut déjà compter sur un service solide.
Kim Clijsters peut déjà compter sur un service solide. - © YORICK JANSENS - BELGA

Kim est de retour ! Engagée cette semaine au World Team Tennis, un tournoi par équipes organisé en Virginie Occidentale (Etats-Unis), Kim Clijsters a disposé de la dernière lauréate de Melbourne, l’Américaine Sofia Kenin (4e joueuse mondiale). C’est la 2e victoire de la Limbourgeoise cette semaine, après deux défaites pour les deux premières rencontres de sa nouvelle carrière… mais c’était avant l’interruption de la saison vu la crise sanitaire. De bon augure avant l’US Open… si celui-ci a lieu.

Cette victoire de Kim est une très belle performance car même si on n’est pas ici dans une compétition officielle, il faut quand même le faire de battre la 4e mondiale " réagit Philippe Dehaes, consultant RTBF. " Pour moi, c’est une surprise, d’autant qu’on sort d’une pause de 4 mois sans compétition. Car même avec beaucoup d’entraînement, rien ne vaut la compète… Je n’ai pas vu le match contre Kenin, mais Kim nous avait déjà montré qu’elle n’avait rien perdu de son tennis et qu’elle frappait toujours la balle aussi bien qu’il y a quelques années. Il lui manquait juste un peu de physique, mais quelques kg à perdre est un handicap rapidement résolu. Il lui manque encore quelques automatismes de matches pour faire la différence dans les moments importants. Mais cette victoire est très réjouissante pour la suite de la saison… si suite de saison il y a. "

Face à Kenin, la Belge de 37 ans a pu s’appuyer sur un service solide, qui constituait sa principale satisfaction après la rencontre.

En tennis, le service est le seul coup qui ne dépend pas de l’adversaire, c’est donc une arme majeure " poursuit Dehaes. " En travaillant beaucoup, on peut le régler… mais c’est aussi un coup très volatile qui peut se perdre très vite ! Aujourd’hui, Kim sert très bien mais ce n’est pas une garantie pour l’avenir. À l’époque, Justine Hénin avait eu des soucis avec son service et avait dû changer régulièrement sa technique de livrée. C’est un coup difficile qui demande un mouvement de bras cassé et beaucoup de coordination et de force, une gageure dans le tennis féminin. Mais Kim a toujours bien servi et c’est un atout pour sa confiance : il lui permet aussi de mettre plus de pression sur son jeu de retour puisque son service assure derrière. Elle est donc rassurée mentalement et émotionnellement. "

Le contexte sanitaire a peut-être favorisé la montée en puissance, à confirmer bien sûr, de Clijsters. Cette longue interruption a sans doute joué sur le nivellement des forces.

Je pense que rien ne remplace la compétition " poursuit Philippe Dehaes. " Mais Kim a sans doute eu plus de temps pour se remettre à jour physiquement et a peut-être plus vite rattrapé son retard. Il sera très intéressant de voir quel sera le niveau des concurrentes après cette pause de 4 mois sans matches. Kim a aussi davantage de marge pour organiser sa nouvelle vie familiale dans le New Jersey : tous les joueurs vous le diront, il faut être bien dans sa tête et heureux dans sa vie pour performer sur le terrain. Après, Kim a aussi vécu en Australie du temps de Lleyton Hewitt et a toujours beaucoup voyagé : c’est une citoyenne du monde accomplie. Mais redémarrer une nouvelle vie dans un nouvel environnement peut toujours produire une énergie intéressante. "

S’impose alors la question à un million de dollars : Kim est-elle capable de s’offrir le trophée à Flushing Meadows… comme lors de son retour précédent de 2009, pour sa 2e carrière ?

Je ne pense pas que Kim puisse gagner l’US Open… car pour gagner un Grand Chelem, il faut pouvoir enchaîner les matches sur deux semaines " conclut Dehaes. " Je suis le premier à dire que Kim peut dominer des filles classées autour de le 50e place mondiale… mais battre successivement des filles du top 10 comme Osaka ou Kvitova est une autre affaire… Maintenant, il faudra voir si cet US Open aura bien lieu... Jouer sans public n’a aucun sens pour moi car le sport est synonyme d’émotions et de partage. Alors oui, on peut dire que les fans suivront tout derrière leur écran et que les enjeux financiers sont majeurs. Mais à titre personnel, je pense que la sécurité et la santé importent plus : on a bien vu ce qui s’est passé quand Novak Djokovic s’est cru au-dessus des lois et a fait son tournoi… Malheureusement, aujourd’hui, l’argent est roi dans le sport de haut niveau et l’humain passe au second plan… "

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