La terre, un autre tennis ?

Avec le tournoi de Monte Carlo cette semaine débute véritablement la grande saison de la terre battue de tennis. Avec comme point d'orgue fin mai le grand rendez-vous de Roland-Garros. Après trois mois disputés sur surface rapide, les joueurs doivent revoir leur jeu de fond en comble.

En avril, c’est bien connu, revoici les crocodiles, les spécialistes de la terre battue. La grande saison de l’ocre fait la part belle aux gros moteurs. Première mesure après les premiers mois sur dur : le travail physique.

"Sur terre, il y a entre 6 et 8 échanges minimum alors que sur dur, on en reste à 3 à 5 échanges", explique Philippe Dehaes, ex-coach de Xavier Malisse et de Christophe Rochus. "Comme il y a plus d’échanges, il faut donc plus de condition physique. Selon les joueurs, on prévoit un bloc de 2 à 3 semaines de remise à niveau purement physique."

Mais paradoxalement les matches sur brique pilée sont souvent moins traumatisants : s’ils sont plus longs, ils génèrent moins de blessures.

"La brique est moins contraignante que les surfaces dures. D’abord parce que le sol lui-même est moins dur. Ensuite parce que la glissade permet d’amortir le dernier pas. Pour les articulations, la terre est quand même beaucoup plus agréable que le dur."

Fini l’ère des Vilas, Higueras ou Bruguera : les joueurs sont devenus multi-surfaces. Reste que la terre impose aussi un changement de matériel : le cordage et les chaussures.

"La semelle de chaussure pour terre battue a des encoches spéciales pour mieux glisser : elle permet une meilleure adhérence puisque la glissade fait partie du jeu. Pour le cordage, on change ce qu’on appelle la jauge, c’est-à-dire l’épaisseur de la corde. Sur terre battue, l’effet lifté est déterminant et on adapte donc la jauge : avec une corde plus épaisse, on obtiendra un lift plus efficace."

Et qui dit glissades et longueur d’échanges dit aussi forcément réglages tactiques. C’est là que le coach entre en piste.

"On travaille sur des trajectoires de balles plus hautes et avec des balles qui tournent plus, avec plus d’effet. Le jeu est plus lent, cela permet aussi de prévoir des variétés de jeu plus grandes. Le joueur a plus de choix tactiques : il faut donc remettre tout cela en place et retrouver ces automatismes qui font la différence."

Alors, à qui les meilleurs réglages ? Réponse ces prochaines semaines.

Newsletter sport

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir