La Coupe Davis ou la Coupe divise

La Coupe Davis ou la Coupe divise
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La Coupe Davis ou la Coupe divise - © BRYAN R. SMITH - AFP

La première soirée a rendu ses verdicts sportifs, mais c’est surtout sur les réseaux sociaux que les coups les plus vus ont été comptés. La tension est palpable. Et peut-être plus dans les bureaux de l’organisation que sur les courts. En reprenant la coupe Davis pour une manne remplie de dollars, Gérard Piqué et sa société Kosmos ont vu grand. Le but non encore avoué est d’en faire un rendez-vous incontournable comme l’est la coupe du monde en football ou en tennis. A l’annonce de la nouvelle formule, en août 2018, les critiques se sont abattues en nombre avant de disparaître avec le temps… et de reprendre de plus belle aujourd’hui.

L’équipe de com' de Kosmos est à l'affût. Sur les nerfs même. Elle se sent attaquée de toute part. Lundi le compte Twitter de Gérard Piqué a pris la peine de répondre à Filip De Wulf qui faisait remarquer que dans la tribune en face des joueurs, il y avait à peine 50 spectateurs avant le simple Darcis–Giraldo.

Une étincelle de l’ancien joueur qui ne s’attendait pas à voir les réseaux sociaux s’enflammer.

Le milieu du tennis ne pardonne pas à Piqué d’avoir voulu transformer la légende d’un plat à punch devenu une des coupes les plus célèbres du sport.

Alizée Cornet y est allée de sa réplique alors que les organisateurs du tournoi de Madrid avaient posté une photo des mêmes courts de Caja Magica bondés en mai lors de l’ATP Master 1000 avec la délicieuse légende : "La réalité c’est ça".

Une flèche adressée à Piqué après celle moins directe venue du compte de Federer qui avouait son bonheur de retrouver l’Amérique du Sud pour une tournée exhibition… très lucrative. Marrant quand on sait que le Suisse a souvent décliné la sélection en raison d’un calendrier trop chargé. Calendrier qu’il n'a pas manqué de remplir avec la Laver Cup, une autre exhibition qui rapporte. C’est vrai qu’entre Rodge et la coupe Davis, ça n’a jamais été un amour rempli de richesses.

Pourtant le tableau n’est pas aussi sombre dans la réalité. Sur le stadium 3, la poignée de spectateurs belges et colombiens ont mis le feu en donnant de la voix les trois matchs durant. Quand l’Espagne entrera sur le court, c’est le central bondé qui frémira. Réunir sur un même site Nadal, Murray, Medvedev ou Djokovic défendant les couleurs de leur pays a de quoi séduire l’amateur de tennis. L’enjeu sportif existe. La formule qui selon Ion Tiriac n’a pas d’avenir pourrait cependant s’ériger comme un 5e "Grand Chelem" à condition de quelques aménagements.

Une autre date plus tôt dans la saison par exemple, car lorsqu’il fait 4 degrés dans les allées, et même si les stades sont chauffés, vous n’avez pas forcément envie de passer huit heures en dehors de chez vous. Certains plaident pour un billet d’entrée unique pour le site… Car à 50 euros la place pour un Pays Bas – Kazakstan à Madrid, on ne doit pas s’étonner que les tribunes soient vides. D’autres avancent une compétition tous les deux ou quatre ans…

La nouvelle "Coupe Davis" officieusement appelée coupe du Monde est née. Laissons-lui quelques éditions pour se développer et corriger les erreurs comme le soulignait Tsonga que la formule replonge en enfance lorsque fier dans son survêt de l’équipe de France il participait à la Copa del Sol avec les meilleures équipes du monde. Qu’importe le nom finalement, si la coupe Davis est morte, comme l’a souligné Steve Darcis, l’honneur de représenter sa nation reste toujours un privilège.

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