Kim Clijsters, retour vers le futur

Kim Clijsters, retour vers le futur
Kim Clijsters, retour vers le futur - © YORICK JANSENS - BELGA

"Mais non?", "C’est une blague?". Avouons-le, nous avons tous réagi de la même façon, en apprenant la nouvelle du retour prochain de Kim Clijsters… Nous avons cherché la faille, le détail qui prouverait que cette annonce cachait une exhibition, un geste pour un sponsor. Mais la WTA a confirmé très vite.

Quel choc… Personne n’avait rien vu venir… La dernière fois que nous avions vu Kim Clijsters "sur un court de tennis", en public, c’était il y a quelques jours à peine. Durant l’US Open, elle était venue recevoir, sur le Central, une plaque à son nom, et une bague. Elle entrait, de cette façon, dans une sorte de "Hall of Fame" du tournoi. Un honneur réservé à ceux et celles qui ont marqué l’épreuve, et qui ont arrêté le tennis depuis au moins cinq ans. Drôle, après coup… Sa plaque sera peut-être, l’année prochaine, la seule à ne pas répondre au critère "des cinq ans"…

À l’occasion de cette cérémonie, la presse belge présente à New York avait demandé une interview avec Kim Clijsters. "Ce ne sera pas possible, elle est trop occupée", fut la seule réponse. Un refus plutôt rare, qui n’a éveillé aucun soupçon. Au début, oui, les journalistes lui demandaient si elle comptait revenir un jour. Elle partait d’un grand éclat de rire, et balayait l’idée. Et cela faisait plusieurs années qu’on ne lui posait même plus la question. Ce n’était pas envisageable, les années passaient, et elle était maintenant la maman de trois enfants.

Et pourtant, c’est un fait, nous allons revoir Kim Clijsters sur les courts, en compétition. En vraie compétition, parce qu’elle participait régulièrement aux épreuves de Légendes, dans les tournois du Grand Chelem.

Ce retour fait plaisir. Et pas seulement à ses supporters belges. Il soulève beaucoup de questions, aussi.

L’ex-numéro un mondiale ne revient pas parce qu’elle est désœuvrée, qu’elle ne sait pas quoi faire de sa vie, qu’elle s’ennuie, qu’elle déprime. Mais parce que le tennis lui manque, tout simplement. Parce qu’elle est passionnée. Elle n’a jamais quitté le milieu. Elle était consultante, sur place, dans les grands tournois. Elle s’occupe de son académie. Mais ce n’est pas la même chose. Il lui fallait un peu plus d’adrénaline, de défis, de jeu.

Elle a le droit de revenir, bien sûr. Et même le droit d’encore changer d’avis d’ici à la fin de l’année. Elle s’attaque à un challenge énorme. Après sept ans sans tournoi, comment son corps va-t-il réagir ? C’est sans doute la plus grande incertitude qui règne, après cette annonce.

Les coups, Kim Clijsters les a. Le talent aussi, évidemment. Un bon niveau, elle peut le retrouver. Un assez bon niveau pour rivaliser avec les meilleures ? On est déjà impatient de le voir. Il y a dix ans, elle avait étonné, en gagnant l’US Open quelques semaines après son premier come-back. Mais elle n’était pas partie sept ans…

Il est assez courant d’entendre que le niveau du tennis féminin est très faible, puisqu’aucune fille ne domine le circuit très longtemps, et que les mieux classées sont régulièrement éliminées très tôt, dans les tournois du Grand Chelem. Mais le tennis féminin est-il vraiment faible, ou les joueuses prétendument "moyennes" ont-elles maintenant les mêmes qualités, tennistiques, physiques, et mentales, que les joueuses du top ? Ce que Bianca Andreescu vient de montrer à l’US Open était tout, sauf "faible". Kim Clijsters peut-elle faire aussi bien ? Encore une fois, tennistiquement et mentalement, elle devrait être là. Mais il faudra que son corps accepte le défi, et qu’aucune blessure ne vienne perturber cette incroyable tentative de retour.

Même en jouant très peu, Serena Williams arrive encore régulièrement, et assez facilement, en finale des tournois du Grand Chelem. Mais son congé-maternité n’a pas duré des années.

Kim Clijsters pourra-t-elle rivaliser avec des adversaires qui auront presque la moitié de son âge, et avec des filles qui n’ont pas arrêté de travailler et de progresser, ces dernières années ? On verra. Et elle verra, puisqu’elle revient aussi pour, elle-même, répondre à ce genre de questions. Elle ne veut pas jouer les touristes, mais elle n’a pas dit non plus qu’elle voulait redevenir la meilleure joueuse du monde. Juste qu’elle voulait redevenir la meilleure possible. Combiner son rôle de maman et sa carrière. Et prendre du plaisir…

Il y a dix ans, Kim Clijsters réussissait l’un des plus grands retours de l’histoire du sport. Tous sports confondus. Quoi qu’il arrive, rien de ce qu’elle réussira, ou pas, lors de sa troisième carrière, n’entachera ses performances passées. Elle est, et elle restera, une icône du sport belge.

Joyeux retour, Kim… Bon amusement, surtout…

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