Justine Henin: "Elise ne réussit pas un début de saison tonitruant, mais il ne faut pas paniquer"

Elise Mertens
Elise Mertens - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

L'équipe belge de Fed Cup n'a pas réussi à se qualifier pour les demi-finales de la compétition. Et on l'a su très vite, après trois matches seulement, perdus à Liège contre la France. On pensait qu'il y aurait du suspense lors de ce week-end. On espérait que la numéro un belge, Elise Mertens, gagnerait ses deux simples. Mais elle les a perdus, face à Alizé Cornet et à Caroline Garcia.

Elise Mertens a tout donné, a essayé, a eu des occasions, beaucoup d'occasions parfois (notamment lors de son premier match) mais elle n'a pas réussi à se libérer complètement, et à atteindre son meilleur niveau, en particulier dans les moments les plus importants.

De manière générale, depuis le début de sa saison 2019, elle n'est plus sur son petit nuage d'il y a un an. Forcément, il n'est pas facile de récidiver, quand on avait commencé son année par une victoire en tournoi, et une demi-finale en Grand Chelem.

Justine Henin a assisté aux rencontres de Fed Cup, à Liège. Elle y était consultante pour France Télévision. Et elle a accepté de commenter les prestations d'Elise Mertens...

Justine, Elise n'avait pas encore disputé le moindre match professionnel en Belgique. Pensez-vous que cela a pu jouer, que cette grande première a pu la crisper ?

Il faut être capable, quand on est sportif de haut niveau, de bien jouer à domicile. Mais ce n'est pas facile. Ca m'était aussi arrivé, de passer à côté. Et d'autres fois, ça m'avait permis de me transcender. Cela fait longtemps, six ans, que la Belgique n'avait plus joué à la maison en Fed Cup. Et pour Elise, c'était la première fois. Tout cela, ça crée beaucoup de sentiments différents. En plus, un début de saison, ça peut toujours être un peu difficile, si on n'a pas trouvé le rythme, si la confiance ne s'est pas installée, si la pré-saison ne s'est pas passé comme elle devait se passer. Beaucoup de choses peuvent arriver, à ce moment-là.

Au début de la saison dernière, Elise Mertens jouait sans pression, parce qu'elle n'était ni scrutée, ni attendue à ce niveau...

Et depuis, il a fallu digérer son nouveau statut. C'est la première fois qu'elle a dû défendre d'aussi nombreux points en Grand Chelem. Cela joue, inévitablement. Il y a des caps à franchir. Et parfois, ça prend du temps. Il y a du travail, aussi. Elise a tout à fait les capacités d'aller vers un jeu plus agressif. Mais pour cela, il faut une intensité mentale de tous les instants. Et ce week-end, j'ai pu observer ce manque de régularité et de constance sur le plan mental. Je ne sais pour quelles raisons. Mais la pression était peut-être trop grande. C'est toujours difficile de donner une explication claire.

Une belle victoire en équipe nationale, pour un homme ou pour une femme, peut avoir un impact très positif pour la suite d'une saison, sur le plan individuel. L'inverse peut-il être vrai ? Elise peut-elle avoir du mal à se reprendre, après une telle déception ?

C'est difficile à dire. Cela dépend de la personnalité du joueur ou de la joueuse. De toutes façons, dans ce genre de circonstances, il faut continuer à travailler, avec beaucoup de constance. Il faut garder un cap, c'est essentiel. Les résultats sont évidemment importants, mais ils ne peuvent pas toujours guider des changements ou un nouvel état d'esprit. Il faut essayer de garder une ligne de conduite. Elise m'a l'air d'avoir vraiment la tête sur les épaules, et j'espère qu'elle va avoir la capacité de rebondir. Je ne pense pas qu'il faille paniquer non plus, à ce stade-ci. Ca n'a pas été un début de saison tonitruant, alors qu'elle nous avait habitués à de très belles choses. Mais je répète que son potentiel de progression est toujours là. Il y a du travail, comme je l'avais dit il y a un an.

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