Joueuse de cricket il y a trois ans, Ashleigh Barty rêve de gagner Roland Garros

Ashleigh Barty peut gagner Roland Garros après avoir arrêté le tennis, il y a cinq ans
Ashleigh Barty peut gagner Roland Garros après avoir arrêté le tennis, il y a cinq ans - © MARTIN BUREAU - AFP

Engagé en demi-finale de Roland Garros ce vendredi, l’Australienne Ashleigh Barty revient de loin. Entre stress et possible carrière dans le cricket, la native d’Ipswich dans le Queensland a failli s’éloigner à tout jamais du tennis. Mais, il semblerait que son talent ait arrangé les choses.

Parfois, une relation tient à très peu de choses. Elle peut être proche de l’échec et finalement renaître aussi rapidement qu’elle n’avait disparue. Ce n’est pas le synopsis d’un film romantique mais plutôt l’histoire d’Ashleigh Barty avec le tennis. Cette petite australienne (1m66) de 23 ans avait une carrière toute tracée mais qui a failli être tuée dans l’œuf.

Barty montre vite des aptitudes pour le sport. Netball (un dérivé du basket), cricket mais surtout tennis. Elle atteint vite le deuxième rang mondial chez les juniors, en simple comme en double. Dotée d’une belle vision du jeu, elle ne tarde pas à être comparée à Martina Hingis. Cela prend plus d’ampleur après son titre à Wimbledon en 2011 dans le simple junior, à l’âge de 15 ans.

L’Australienne est rapidement catégorisée comme future espoir féminin sur le circuit. Ses débuts professionnels suivent et elle ne tarde pas à faire parler d’elle en Grand Chelem, non pas en simple mais en double. Très complète, la droitière crée la surprise à l’Open d’Australie 2013 en atteignant la finale (à 16 ans) avec sa compatriote Casey Dellacqua alors que le duo bénéficie d’une invitation. Elles s’inclinent face à la paire italienne Vinci/Errani alors n°1 mondiales.

Cette année-là, Barty et Dellacqua font fureur en double. Elles atteignent trois des quatre finales de Grand Chelem, échouant à chaque fois sur l’ultime marche. Barty est 12e mondiale de la catégorie fin 2013. Mais, en simple, les progrès sont plus lents. Elle ne rentre pas dans le top 100 et ne remporte aucun titre en simple. Elle ne passe pas le moindre deuxième tour dans un Majeur.

L’hésitation entre raquette et batte

En fin de saison 2014 après le dernier tournoi du Grand Chelem, l’US Open, Barty prend tout le monde de court et annonce qu’elle fait une pause dans sa carrière. En réalité, Ashleigh ne supporte plus la pression, le rythme des voyages. Tout va trop vite pour la jeune joueuse de 18 ans, une fin de carrière est même envisagée. Pendant cette pause, elle en profite pour s’aérer l’esprit et reprendre une autre de ses passions, le cricket.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle montre un certain talent dans ce sport. N’ayant pourtant jamais évolué en club, elle se laisse tenter par le sport après une rencontre organisée avec l’équipe nationale féminine australienne. Ses qualités pour cette discipline sont évidentes et elle frappe dans l’œil d’un entraîneur de première division des Queensland Fire. Elle jouera aussi pour Brisbane et cumule onze matches avec des performances intéressantes qui lui laissent des possibilités de percer en championnat national.

Coup de théâtre début 2016, la jeune Australienne fait volte-face et reprend le tennis. Elle se laisse tenter par des apparitions dans les tournois ITF et en remporte trois en quelques semaines. À presque 20 ans, elle est de retour sur le circuit, totalement apaisée sur le plan psychologique. Une année de rodage lui permet de retrouver ses marques. C’est au-delà de la 300e place mondiale qu’elle aborde 2017 et l’Open d’Australie. Elle n’avait jamais gagné un match dans un Majeur, elle en remporte deux en quelques jours pour atteindre le troisième tour à domicile.

Lancée, elle ne s’arrête pas en si bon chemin et remporte son premier tournoi individuel à Kuala Lumpur (Malaisie). Elle atteint deux autres finales et reprend aussi ses bonnes habitudes en double avec Casey Dellacqua puis avec l’Américaine CoCo Vandeweghe avec qui elle gagne l’US Open 2018 en double. Grâce à ses résultats, elle remonte à la 17e place en fin d’année 2017, soit un bon de 300 places en 12 mois. Depuis 2018, elle progresse doucement mais sûrement. Elle remporte trois tournois dont celui de Miami cette année. En Grand Chelem, elle connaît son premier huitième de finale à l’US Open 2018, puis son premier quart de finale à l’Open d’Australie 2019 avant d’atteindre ces demi-finales à Paris.

Il lui reste deux matches pour succéder à sa compatriote Margaret Court, quintuple vainqueur à la porte d’Auteuil (la dernière en 1973) et se prouver que son sport n’est pas le cricket mais bien le tennis.

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