Joachim Gérard, le "Master" du tennis en fauteuil

Joachim Gérard amortit la dernière balle du Masters… avec brio. Exploit du tennisman belge ! Il vient de battre l’incontestable numéro 1 du tennis en fauteuil, le Japonais Shingo Kunieda. Et tout cela en finale du Masters. Epique. Historique. Le Brabançon de 27 ans tente de contenir ses larmes, mais les émotions se bousculent dans sa tête.

"Quelle joie ! C’était une semaine fantastique. J’ai très bien joué. J’ai battu deux fois Shingo qui était invaincu depuis 3 ans. Et j’ai pu gérer et revenir alors que j’étais mené dans le 3e set. Je suis très heureux pour mon coach et tous les gens qui m’ont soutenu et qui m’ont aidé. Merci à eux d’être là et j’espère que je vais continuer comme cela les prochaines années."

Joachim, c’est l’histoire d’un mec ouvert, souriant qui a manqué de chance dans sa tendre enfance. À 9 mois, il contracte la polio à la jambe droite. Un handicap qu’il surmonte grâce à sa force de caractère et à ses parents. "Mon père voyait que je m'ennuyais et savais que j'aimais le tennis. Il s'est renseigné et j'ai commencé", explique-t-il. Des débuts à 12 ans. Quatre ans plus tard, il termine 3e de la Coupe du Monde par équipe. La belle histoire commence.

Chasse aux trophées

Champion du monde junior en 2006. À peine majeur, il démontre une volonté qui va l’amener à affronter les plus grands. Deux ans plus tard, il se hisse en 1/8 de finale des jeux paralympiques de Pékin. À Londres en 2012, il atteint les 1/4 de finale. Sa progression est constante, mais il lui manque ce petit quelque chose pour toucher les cimes. Conscient de cela en 2013, il raconte. "C'est dans la tête que ça ne va pas. La technique est là, mais quand ça fonctionne moins bien dans la tête, la technique ne suit pas." Son coach, Marc Grandjean, confirme. "C'est un joueur flamboyant qui adore les beaux coups. Mais il doit gagner en régularité."

Des concepts qu’il a mis en pratique. Il s’entraîne avec un encadrement de professionnel dans l’académie de Justine Henin. Le travail fait partie de son ADN et l’a fait grandir dans sa discipline. Finaliste du Masters en 2013 face à… Kunieda. Victorieux du double en 2014. Il a donc pris une superbe revanche cette année. Il a battu deux fois le Japonais, mettant fin à 77 victoires consécutives. Mais le 4e mondial s’est surtout fait un nom et une place parmi les grands. Reste à confirmer. Et pourquoi pas lors des Jeux de Rio en 2016.

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