Henin, l'un des plus riches palmarès du sport belge

Pour la seconde fois, Justine Henin annonce mettre un terme à sa carrière. Mais l'annonce faite mercredi par l'un des deux joyaux du tennis belge ne laisse cette fois plus de place au doute.

C'est définitif. A 28 ans, celle qui fut numéro 1 mondiale durant 117 semaines doit renoncer sur avis médical, en raison de sa blessure au coude consécutive à une chute sur le gazon de Wimbledon qu'elle ne remportera donc jamais. C'est le seul tournoi du Grand Chelem qui manquera à jamais à son fabuleux palmarès.

Quarante trois victoires WTA, 7 tournois du Grand Chelem, une médaille d'or olympique, à Athènes, en 2004, une Fed Cup avec la Belgique en 2001, et d'innombrables récompenses individuelles, dont 4 Trophées de Sportive de l'Année, pour honorer l'une des plus grandes championnes que la Belgique sportive ait jamais connu. Justine Henin s'est dit "sous le choc et triste", c'est le sentiment très certainement qui prévaudra à l'annonce de sa retraite.
La seconde. La première fois, c'était aussi un mercredi. Le 14 mai 2008.

Justine Henin annonçait alors qu'elle avait décidé de mettre un terme à sa carrière. Mais 18 mois plus tard, elle revenait dans la course, remplie d'ambitions, celles de regagner un Grand Chelem, de revivre une aventure en Fed Cup, d'aller jusqu'au jeux Olympiques de Londres en 2012. Une malencontreuse chute sur le gazon de Wimbledon aura raison de ses rêves. Ironie du sport, c'est devant Kim Clijsters, sa meilleure ennemie, sa rivale, "l'autre" joyaux du tennis belge, qu'elle doit s'incliner en juin dernier. Elle ne réussira pas à décrocher les Internationaux de Grande-Bretagne, pire les ligaments de son coude sont touchés et cette blessure conduira Justine Henin à s'arrêter six mois, pour reprendre ensuite le flambeau à l'entame de cette année, mais pas pour longtemps, cette blessure met un terme à ses activités professionnelles.
La biographie sportive de Justine Henin restera quoiqu'il arrive l'une des plus riches du sport belge.

-- Un parcours historique ---

Née à Liège le 1-er juin 1982...en plein Roland Garros, Justine Henin a commencé le tennis à cinq ans. Le destin n'est pas tendre avec la jeune joueuse, qui a perdu sa mère en 1995. Un an plus tard, elle rencontre Carlos
Rodriguez, qui est restée jusqu'à ce jour, son entraîneur, son mentor.

Formée au centre AFT de Mons, Justine Henin a commencé à faire parler d'elle en 1996, en remportant l'Orange Bowl, le championnat du monde junior, et les championnats d'Europe des moins de 14 ans. Elle disputait aussi cette année là son premier tournoi professionnel, l'ITF de Majorque, où elle se hissait au 2-ème tour.

Un an plus tard, Justine Henin soulevait son premier trophée à Roland Garros, où elle avait triomphé dans l'épreuve juniore, avant d'empocher ses premiers titres seniors sur le circuit ITF, au Touquet  et à Coxyde, et de devenir championne de Belgique.

Son entrée au classement WTA date de 1998, année qu'elle bouclait à la 226-ème place, après avoir ajouté trois titres ITF à son palmarès (Gelos, Gremelefe et Ramat Hasharon).

C'est l'année suivante qu'elle effectuait le grand saut en devenant professionnelle. Elle participa en mars 1999 à sa première Fed Cup, gagnant ses deux matches de simple face aux Pays-Bas. En mai, Justine Henin disputait son premier tournoi WTA à Anvers, où elle s'imposait en finale face à la Française Sarah Pitkowski. Mai 1999 est également le mois de son premier Roland Garros chez les seniores. Issue des qualifications, la Belge, alors 121-ème mondiale, y fut éliminée au 2-ème tour par l'Américaine Lindsay Davenport, 2-ème mondiale à l'époque (6-3, 2-6, 7-5).

Après une année 2000 où elle s'est hissée en 1/8-ème de finale à l'US Open, la Rochefortoise connut un début de saison 2001 tonitruant, signant 13 victoires d'affilée, avec à la clef des titres à Gold Coast et Canberra, et une élimination en 1/8-ème de finale de l'Open d'Australie face à Monica Seles.

Mais c'est sur la terre battue que Justine Henin se révélait auprès du grand public, en atteignant les demi-finales à Roland Garros, face à Kim Clijsters. La Limbourgeoise s'imposa 2-6, 7-5, 6-3, pour devenir la première Belge finaliste d'un tournoi du Grand Chelem face à Jennifer Capriati. Henin prit sa revanche quelques semaines plus tard en dominant Clijsters en finale à Rosmalen, un tournoi sur gazon préparatoire à Wimbledon, où la Wallonne atteignit sa première finale de Grand Chelem, perdue face à Venus Williams.

Elle terminait l'année 2001 par une première participation aux Masters (élimination en quarts de finale), une victoire avec l'équipe belge en finale de la Fed Cup, face à l'Espagne, et une entrée dans le Top 10 du classement mondial.

En 2002, quart de finaliste à Melbourne, et finaliste à Anvers, Justine Henin remportait son premier tournoi de l'année sur la terre battue de Berlin, en battant Serena Williams en finale. Mais, malade, elle ne confirmait pas à Roland Garros, où Anita Kapros brisait son rêve dès le 1-er tour. Elle chutait ensuite de nouveau face à Venus Williams, cette fois en 1/2 finale, à Wimbledon, puis atteignit les huitièmes à l'US Open et les quarts au Masters.
Le 16 novembre 2002, elle épousait Pierre-Yves Hardenne, rencontré trois ans plus tôt.

Justine Henin avait rendez-vous avec l'histoire en 2003, en devenant la première Belge victorieuse d'un tournoi du Grand Chelem, où elle dominait Kim Clijsters en finale à Roland Garros. Demi-finaliste à Wimbledon, quelques semaines plus tard, elle s'offrit ensuite un deuxième Grand Chelem à l'US Open.

Cerise sur le gâteau, elle devient numéro un mondiale après sa victoire à Zurich -son septième titre de l'année-, en octobre 2003.

Justine Henin continuait sur sa lancée en 2004, avec des victoires à Sydney et à l'Open d'Australie. Elle remportait encore les tournois de Dubaï et d'Indian Wells, avant de voir sa carrière stoppée par un cytomégalovirus, un virus apparenté à la mononucléose. Malgré la fatigue, elle venait défendre son titre aux Internationaux de France, où elle était sortie au deuxième tour par Tathiana Garbin.

Elle décidait alors de prendre du repos et, sans véritable repères, participe aux Jeux Olympiques d'Athènes, d'où elle repartait avec la médaille d'or, la seule de la délégation belge.

La championne olympique se rendait dans la foulée à l'US Open. A nouveau fatiguée, elle disparaissait au stade des huitièmes de finale à New York, éliminée par Nadia Petrova dans son dernier match en 2004.

- 2007, le grand cru -

Elle n'a pas fini de manger son pain noir. Blessée au genou, elle ne réapparaissait qu'à Miami (quarts de finale) et se montrait ensuite intraitable sur terre battue, avec en point d'orgue un troisième titre à la Porte d'Auteuil. Elle enchaînait avec Wimbledon, sans avoir disputé de match sur gazon avant la troisième levée du Grand Chelem, dont elle fut éliminée au premier tour par Eleni Daniilidou.

Après être restée éloignée des courts fin 2005, Justine Henin revenait à la compétition en Australie en janvier 2006. Victorieuse à Sydney, elle était contrainte à l'abandon en finale de l'Open d'Australie, à cause de douleurs à l'estomac, face à Amélie Mauresmo.   

Au printemps, la Belge retrouvait l'équipe de Fed Cup, qui élimine la Russie en quart de finale, et s'offre un nouveau titre à Roland Garros.
Quelques semaines plus tard, elle ne parvenait toujours pas à inscrire Wimbledon à son palmarès, Mauresmo la dominant en finale. Elle était de nouveau finaliste malheureuse à l'US Open, face à une Maria Sharapova en grande forme.

Nouveau coup dur: Justine Henin se blessait en finale de Fed Cup, remportée par l'Italie à Charleroi. Elle prenait une nouvelle période de repos et ne revenait qu'aux Masters, qu'elle remportait, ce qui lui permettait de redevenir numéro un mondiale.

Le début d'année 2007 était contrarié par des éléments extra-sportifs. En raison de son divorce, Justine Henin faisait l'impasse sur la tournée australienne. Mais 2007 était tout de même sa meilleure année, malgré un nouvel échec à Wimbledon (battue par Marion Bartoli en demis): elle triomphait à nouveau à Roland Garros, à Flushing Meadows et aux Masters, remportant 10 tournois au terme d'une année qui lui valut un nouveau titre de Sportive belge de l'année (pour la quatrième fois après 2003, 2004 et 2006) et le titre de Sportive mondiale de l'année.

Si 2008 débute par une nouvelle victoire à Sydney, le début d'année de la Belge, éliminée par Sharapova en quarts de finale de l'Open d'Australie, était plus laborieux. Elle s'imposait, sans briller, à Anvers, où elle avait décroché son premier titre neuf ans plus tôt. La suite était moins rose, avec des éliminations à Dubaï (où elle était invaincue), Miami et Berlin. Suite à sa défaite en Allemagne, Justine Henin faisait l'impasse sur Rome, et annonçait sa retraite le 14 mai 2008.

Dix-huit mois plus tard, Justine Henin revenait à la compétition pour se hisser dès son retour en finale à Brisbane, battue par .. Kim Clijsters (6-3, 4-6, 7-6 (8/6) puis à l'Open d'Australie, battue par Serena Williams au terme d'un épique duel: 6-4, 3-6, 6-2. Elle remportait l'année de son retour les tournois de Stuttgart et de Rosmalen, juste après avoir été sortie en 8e de finale par l'Australienne Samantha Stosur dans son Grand Chelem fétiche de Roland Garros qu'elle se jurait alors de remporter une fois encore. Puis ce fut la chute, au 4e tour à Wimbledon, face à Wimbledon. Le coude en compote, la blessure s'avérait plus grave que prévu et surtout plus délicate. Elle devait s'arrêter six mois pour reprendre par une exhibition à Anvers, face à Kim Clijsters, pour ce qui sera, mais personne ne le sait encore, le dernier match de Justine Henin devant son public. Après une Coupe Hopman ensuite, où elle atteignait la finale avec Ruben Bemelmans, pour préparer l'Open d'Australie, la Belge chutait au 3e tour face à la Russe Svetlana Kuznetsova. Son dernier match...
 

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