Eugenie Bouchard: "Je suis une fille normale, pas une icône glamour"

Eugenie Bouchard
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Eugenie Bouchard - © LUC CLAESSEN - BELGA

Eugenie Bouchard est LA tête d'affiche du tournoi d'Anvers. La Canadienne, 7e joueuse mondiale, est la future grande star du circuit. Elle va loin dans les tournois, et elle fait déjà la une des magazines de mode. Certains n'hésitent pas à la comparer à Maria Sharapova.

A 20 ans, Eugenie Bouchard a déjà presque tout d'une star. Elle est à l'aise devant les micros et les objectifs, les grandes marques se bousculent pour se faire représenter par elle, et elle impressionne sur le terrain, ce qui est bien sûr le plus important. L'année dernière, elle a atteint les demi-finales aux Internationaux d'Australie et à Roland-Garros, et la finale à Wimbledon. Ce n'est évidemment qu'un début.

Elle est la première tête de série du tournoi d'Anvers, qui renaît, après 7 ans d'absence, sous la houlette de Kim Clijsters, la nouvelle directrice. "C'est la première fois que je viens à Anvers, donc je suis très heureuse d'être là. J'ai déjà joué en Belgique, plusieurs fois, quand j'étais juniore. Ce que je connais de ce pays ? La pluie... Non, je blague... Il y a les gaufres, et le chocolat, ça c'est très bon. La première fois que je suis venue, j'avais ramené du chocolat pour toute ma famille."

Et il y a bien sûr les diamants d'Anvers, et la raquette d'or et de diamants, promise à celle qui gagnera le tournoi 2 fois en 3 ans. Eugenie Bouchard peut être considérée comme la favorite de la première édition. "C'est un beau bonus pour ce tournoi. Si ça motive encore plus les joueuses, il n'y a rien de mal à ça. Et ça rend le tournoi un peu plus intéressant."

La Belgique, c'est aussi le pays de Kim Clijsters, qu'elle va cotoyer cette semaine à Anvers, et de Justine Henin. "Ce sont des légendes. Kim, elle a arrêté au moment où je commençais à jouer les tournois professionnels, mais je la connais un peu, et elle est très gentille. Je me souviens l'avoir vue jouer, quand elle a gagné tous ses Grands Chelems. C'était une excellente joueuse. Et Justine était incroyable, par son talent et tout ce qu'elle pouvait faire, alors qu'elle était un peu plus petite que les autres joueuses. Elle faisait des choses incroyables avec la balle, et son revers à une main était l'un des meilleurs sur le circuit."

Eugenie Bouchard, joueuse déjà très populaire, est suivie, un peu partout dans le monde, par une horde de supporters. C'est la "Genie Army", qui a son propre site internet, sa page Facebook, son compte Twitter. La Canadienne ne saura que jeudi, lors de son premier match, si cette "armée" est aussi présente en Belgique. "Je n'en ai aucune idée, mais j'espère. De toute façon, tous les supporters, ceux qui vont me soutenir moi, et ceux qui seront derrière les autres joueuses, c'est bon pour le tennis, et ça crée une belle atmosphère. Ca ne me dérange pas si les fans ne sont pas pour moi, mais c'est sûr que j'aimerais voir ma petite Genie Army."

Etre une star à 20 ans, être considérée comme une icône glamour quand on est si jeune, n'est-ce pas, parfois, lourd, difficile à supporter ? "Moi, je ne me vois pas comme ça, et je ne m'occupe pas trop de ce qui se dit autour de moi. Ce n'est pas difficile pour moi, parce que je me vois comme une fille normale, qui joue au tennis et qui adore ça. Le reste vient de mes succès. J'ai plus de demandes hors du terrain et de choses à faire, mais j'essaye de voir ça comme une chose positive, parce que ça découle de ce que j'ai fait de bien sur le terrain, ce qui est le plus important."

La joueuse canadienne a atteint les quarts de finale aux Internationaux d'Australie, avant de rentrer chez elle, se reposer pendant quelques jours. Elle a fait l'impasse sur la Fed Cup, mais, même sans jouer, elle a fait l'actualité, ces derniers jours. Parce qu'elle a officialisé sa collaboration avec Sam Sumyk, son nouvel entraîneur. La nouvelle a beaucoup surpris, parce que le coach français travaillait avec Victoria Azarenka depuis des années, et avait emmené la Biélorusse vers les sommets (des victoires en Grand Chelem, et une place de numéro un mondiale). "Ensemble, nous n'avons pas parlé de mon objectif ultime, mais ça fait 10 ans que je dis que je veux être numéro un et gagner un Grand Chelem. Lui, il a fait les 2, et c'est cette expérience-là que je voulais trouver chez un entraîneur. Il a de très bonnes idées, et il est très bon. On va donc voir comment ça va se passer. En tout cas, moi je me trouve impatiente. J'ai beaucoup progressé l'année dernière, mais je voulais faire encore mieux. Tout le monde me dit que j'ai eu une bonne année, mais pour moi, ce n'était pas assez bon. C'est important de vouloir toujours le meilleur tout de suite, mais je ne dois pas oublier que le chemin est long. J'ai encore beaucoup de choses à améliorer avant de pouvoir gagner un Grand Chelem. Donc j'essaye de m'améliorer un peu chaque jour. Je suis très chanceuse de voyager et voir le monde depuis mes 9 ans pour jouer au tennis, quelque chose que j'adore."

Ecoutez Eugenie Bouchard...

Christine Hanquet