Enquête ouverte à Paris sur des soupçons d'un match truqué à Roland-Garros

Comme le révélaient le journal allemand Die Welt et le quotidien sportif l'Equipe, ces soupçons portent sur un double féminin ayant opposé le 30 septembre les Roumaines Andreea Mitu et Patricia Maria Tig et les joueuses russe Yana Sizikova et américaine Madison Brengle, lors du premier tour.
Comme le révélaient le journal allemand Die Welt et le quotidien sportif l'Equipe, ces soupçons portent sur un double féminin ayant opposé le 30 septembre les Roumaines Andreea Mitu et Patricia Maria Tig et les joueuses russe Yana Sizikova et américaine Madison Brengle, lors du premier tour. - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Une enquête pour "escroquerie en bande organisée" et pour "corruption sportive active et passive" a été ouverte le 1er octobre en raison de soupçons d'un match truqué à Roland-Garros, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Paris.

Comme le révélaient le journal allemand Die Welt et le quotidien sportif l'Equipe, ces soupçons portent sur un double féminin ayant opposé le 30 septembre les Roumaines Andreea Mitu et Patricia Maria Tig et les joueuses russe Yana Sizikova et américaine Madison Brengle, lors du premier tour.

"C'est un match de premier tour avec des joueuses pas très connues", a simplement confirmé à l'AFP une source au sein de l'Autorité nationale des jeux (ANJ), qui régule en France les jeux, courses hippiques et paris sportifs. L'enquête a été ouverte le 1er octobre.

Les quatre joueuses qui ont participé à cette rencontre n'occupent pas les premiers rangs du classement mondial WTA en simple: Tig y est classée 59e, Mitu 512e, Brengle 78e et Sizikova 652e.

Les soupçons se porteraient particulièrement sur le cinquième jeu du deuxième set, un jeu blanc remporté par le duo roumain après deux doubles fautes grossières de la Russe Sizikova. Les Roumaines se sont imposées en deux sets 7-6, 6-4.

Selon une source proche du dossier, les paris faits sur cette rencontre représentent "des sommes évidemment importantes, anormalement élevées" de l'ordre de "plusieurs dizaines de milliers d'euros".

L'ANJ n'a pas détecté d'anomalie sur les mises opérées "sur le marché français", explique la source en son sein. "Ils ont dû avoir peur de miser en France. Ils ont tenté de disséminer les mises sur les autres marchés mais les associations d'opérateurs savent faire des additions".

Le "Maestro"

"On a reçu des informations via plusieurs canaux. A la fois des opérateurs privés, une alerte de GLMS (Global Lottery Monitoring System) et aussi du groupe de Copenhague (qui regroupe 33 plateformes de lutte contre les manipulations sportives dans le monde)", poursuit-on de même source.

Les policiers du Service central des courses et des jeux (SCCJ) ont été chargés des investigations, a précisé le parquet de Paris.

"Ca veut dire que ces systèmes d'alerte fonctionnent", s'est réjoui mardi le directeur général de la Fédération française de tennis (FFT), Jean-François Vilotte. "C'est satisfaisant. C'est bien que tout le monde prenne sa part en matière d'échange d'informations. Nous, en tant qu'organisateurs de tournoi, on ne peut que s'en féliciter", a déclaré M. Vilotte.

Le tennis est occasionnellement frappé par des soupçons de matchs truqués, qui concernent le plus souvent des tournois professionnels de deuxième voire de troisième catégorie.

Le 27 septembre dernier, deux joueuses de nationalités kirghize et ouzbèke ont ainsi été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire dans le Val-d'Oise, dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Pontoise après un tournoi à Gonesse en mars.

L'enquête la plus retentissante, en France, a été ouverte par le parquet national financier (PNF) en juillet 2019 pour corruption sportive, association de malfaiteurs et blanchiment de corruption en bande organisée, et pourrait avoir des ramifications européennes.

Elle faisait suite à une vaste enquête lancée en Belgique qui, selon le parquet général belge, touchait à son ouverture au moins sept pays (Bulgarie, Slovaquie, Allemagne, Pays-Bas, France, Etats-Unis et Belgique) et concernait "un groupe très structuré d'Europe de l'Est, qui agit depuis la Belgique et s'est spécialisé dans les matches de tennis".

A la tête de ce réseau présumé figurerait un certain Grigor S., présenté comme un Belge d'origine arménienne de 28 ans surnommé le "Maestro".

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