David Goffin: "Confiant, mais prudent, au moment d'aborder la terre"

David Goffin, l'une des têtes d'affiche du tournoi de Monte-Carlo
David Goffin, l'une des têtes d'affiche du tournoi de Monte-Carlo - © RTBF

On l'avait laissé sur le ciment américain, le voilà sur la terre battue monégasque. David Goffin enchaîne les Masters 1000 (les tournois les plus importants de l'année, après les Grands Chelems), et espère aussi enchaîner les grosses performances. Une demi-finale à Indian Wells, puis une demi-finale à Miami, cela avait bien sûr frappé les esprits. Auprès du public, amateur de tennis, mais également du côté des vestiaires.

Il faut déjà passer à autre chose, et quel "autre chose"... Le début de la saison sur terre battue, avec le tournoi de Monte-Carlo. Encore un Masters 1000, avec tous les meilleurs joueurs de la planète, des spécialistes de la surface, des joueurs qui ont à coeur de bien entamer leur préparation pour Roland-Garros.

Pour David Goffin, la transition entre ces 2 parties essentielles de la saison s'est faite très facilement, même si cela a été rapide. "Le transfert du dur à la terre s'est plutôt bien passé, je me sens déjà bien. Quand on réussit de très bons tournois, on a envie d'enchaîner parce qu'on se sent bien (et ce n'est peut-être pas plus mal, d'enchaîner), mais d'un autre côté, on a besoin d'un peu de repos aussi. On laisse beaucoup d'énergie dans les tournois américains, donc on aurait envie de se préparer très tranquillement pour la suite. Mais là, on n'a pas eu le temps, il fallait tout de suite passer à la terre. Le principal, c'est que le niveau de jeu est toujours là. Et la confiance est là aussi. Je me sens serein et sûr de moi, sûr de mes qualités. Maintenant, tous les matches sont durs. En plus, Feliciano Lopez, mon adversaire du premier tour à Monte-Carlo, c'est probablement l'un des meilleurs joueurs non-tête de série du tournoi. Ce n'est pas un cadeau. Mais aucun match n'est facile; on peut perdre contre tout le monde, tout le monde peut battre tout le monde dans des tournois comme celui-ci. Même si je me sens bien et que je suis sûr de mes qualités, il faut rester vigilant. Donc je suis confiant, mais prudent."

Aux Etats-Unis, David Goffin a éliminé son premier top 5, Stan Wawrinka. Il a beaucoup inquiété Novak Djokovic et Milos Raonic. Ces 2 dernières années, il avait pas mal ennuyé Federer, Nishikori, Ferrer, et d'autres. Son jeu, sa confiance, font penser qu'il est maintenant capable de battre tout le monde (ce qui ne veut bien sûr pas dire qu'il va le faire chaque fois). Est-il d'accord avec ce constat ? "C'est sûr que quand je monte sur le terrain, j'essaye vraiment de gagner, quoi qu'il arrive. Et si cela se passe moins bien, j'analyse ce qui s'est passé. Et je tente de progresser après chaque match et chaque entraînement, pour essayer de battre tout le monde. Sinon, si c'est juste pour "prester", autant rester dans son lit..."

Ces derniers jours, David Goffin s'est beaucoup entraîné à Monte-Carlo. Et pas avec n'importe qui... Ses partenaires s'appelaient Jérémy Chardy, Jo-Wilfried Tsonga, et surtout Novak Djokovic, Andy Murray, Roger Federer, et Rafael Nadal. Il a donc travaillé avec les 4 membres du "Big 4". Son statut et ses qualités tennistiques font aussi de lui un joueur recherché par les plus grands, lors de leur préparation. Et lui, il en retire évidemment énormément de choses. "Je l'ai souvent dit, j'essaie vraiment de m'accrocher aux meilleurs. Il faut tenter de s'inspirer d'eux, de prendre le meilleur d'eux. J'essaie de rester dans le bon wagon, et de continuer à progresser. C'est en les côtoyant, en s'entraînant avec eux, à leur rythme, avec une très haute intensité, qu'on progresse, je crois. Par exemple, quand on joue avec Nadal, il y a plus d'échanges, il faut mettre du physique dans chaque frappe, parce qu'il fait tourner la balle très fort, il est très puissant. Ca reste Nadal, sur terre battue. Quand on joue deux heures avec lui, on le sent dans les jambes..."

Le regard des autres joueurs, et du public, a changé ces derniers temps, encore plus depuis les 2 demi-finales américaines. David Goffin a-t-il aussi changé ? S'adapte-t-il facilement aux demandes plus nombreuses, des fans autour de lui ? "Je ne sais pas si je progresse dans ce domaine, mais j'essaie de faire ça tranquillement, sereinement, sans que cela me prenne trop d'énergie non plus. Et en essayant de prendre du plaisir. Ca fait partie du métier. C'est vrai qu'après la tournée aux Etats-Unis, que ce soit là-bas ou ici, avec mon classement aussi, les gens me reconnaissent de plus en plus. Ca fait plaisir de voir qu'on est un peu plus reconnu, surtout à l'étranger. Parfois ça peut être fatigant, mais ça me fait plaisir..."

Les récents résultats, la 13e place mondiale, la 7e place mondiale à "la Race", qui comptabilise les résultats depuis le début de l'année, tout cela n'est dû au hasard, ou à un concours de circonstances. Le niveau de jeu de David Goffin est là, et il progresse en permanence. "J'essaie de m'améliorer constamment. A l'entraînement, je tente de rechercher la perfection dans chaque coup. Ces dernières semaines, ça se passait vraiment très bien à l'entraînement. Je disais à mes coaches, Thierry Van Cleemput et Thomas Johansson, que j'espérais faire aussi bien en match. En général, quand pendant plusieurs semaines on joue à un super niveau à l'entraînement, il y a toujours un moment où ça passe en match. Je suis vraiment content que ce soit arrivé dans d'aussi gros tournois, et j'espère que ça va continuer comme ça."

Quand on interroge les plus grands sur David Goffin, ils sont unanimes: il va intégrer le top 10 mondial, peut-être cette année. Lui le veut aussi, bien sûr, sans en faire une obsession. "Moi je l'ai toujours dit, c'est évidemment un objectif dans ma carrière. Quand on est 13e, on essaie toujours d'encore prendre 3 ou 4 places. Voire plus... Ca arrivera quand ça arrivera, mais j'ai toujours voulu avant tout progresser, accrocher les meilleurs, en battre. C'est ce que j'ai fait à Indian Wells, avec Wawrinka et Cilic, deux anciens vainqueurs de Grands Chelems. Et Gilles Simon, que je n'avais jamais battu. J'essaie de passer des petits caps, chaque fois, et j'espère me retrouver un jour dans le top 10. Mais ce sera la conséquence, et non pas l'objectif principal."