"David Goffin a tout pour faire des finales de Grands Chelems"

Sébastien Grosjean et Richard Gasquet
Sébastien Grosjean et Richard Gasquet - © FRANCK FIFE - AFP

Au tournoi d'Anvers, la situation du Français Richard Gasquet, tête de série numéro 3, est assez particulière. Il est l'un des favoris de l'épreuve; et son entraîneur, Sébastien Grosjean, en est l'un des organisateurs. Rencontre avec les 2 hommes, pour parler d'eux, du tournoi, de David Goffin, etc...

Sébastien Grosjean, voilà une expérience nouvelle pour vous. Vous avez été joueur, et numéro 4 mondial. Vous n'avez jamais quitté le monde du tennis, après votre retraite sportive. Et vous voilà dans une nouvelle fonction...

Nous avons créé la société "Tennium", avec Kristoff Puelinckx, et deux autres personnes, pour investir dans ce sport que j'aime et que nous aimons tous. Et on avait envie de redonner à la Belgique un grand tournoi, un 250, à Anvers. Je fais partie de l'organisation, et c'est une première pour moi. Mais cela reste autour du tennis, et je suis ravi.

Vous n'êtes pas belge, donc vous n'avez pas ressenti le même manque, quand il n'y avait plus de tournoi ATP en Belgique, pendant 18 ans...

Cela manquait, parce qu'il y a toujours eu de grands champions, en Belgique, hommes ou femmes. Et il n'y avait plus de tournoi ATP depuis 18 ans. La Belgique se doit d'avoir un événement de ce niveau-là. On espère que la première édition sera une réussite, mais surtout que le tournoi deviendra une habitude, et durera.

Le tournoi d'Anvers, masculin ou féminin, était connu dans le monde entier grâce à la fameuse raquette d'or et de diamants. Ici, pas de raquette, vous voulez grandir tranquillement, et faire parler de vous grâce au sport, uniquement...

Il y a l'aspect sportif qui compte, mais aussi l'économie. On ne peut pas réussir un événement de ce niveau-là sans sponsors, sans collectivités locales, sans soutiens. Mais on a envie que ce tournoi perdure. L'objectif n'est pas du tout d'organiser juste un événement et puis que ça s'arrête. On veut redonner du charisme à ce tournoi. Ca prendra peut-être quelques années, mais on est vraiment très motivés et ambitieux.

David Goffin est la vedette du tournoi. Vous, en tant que Français, comment vous jugez son tennis et sa façon de mener sa carrière ?

Moi j'adore... Je connais bien sûr très bien David et son entraîneur. Il a de l'ambition. C'est un joueur très doué, avec un tennis fluide. Il sent très bien le jeu, il est agréable à regarder. Et chaque année, il progresse, il ajoute quelque chose à son jeu, à son physique. C'est un très bel ambassadeur pour ce tournoi.

Comme pour vous, et comme à votre époque, il y a encore moyen de réussir quand on n'est pas un colosse de 2 mètres...

Oui, et on en a aussi la preuve avec Kei Nishikori, qui a déjà atteint la finale de l'US Open, et qui a gagné de grands tournois. David a un gabarit "normal", j'ai envie de dire. Tous les styles de jeu peuvent bien évoluer dans ce milieu.

Après votre retraite, vous aviez décidé tout de suite de rester dans le milieu du tennis ? Il n'y avait pas de choix possible, le tennis était votre vie ?

Tout à fait. J'aime ce jeu, ce sport. J'aime également les gens qui y jouent encore. Et les gens qui sont autour, parce qu'il y a beaucoup d'anciens sportifs qui sont restés dans le milieu du tennis. Je ne savais pas dans quel registre aller, mais au moins, là, il y a tout. Je suis avec Richard Gasquet en tant qu'entraineur, je suis dans les médias avec beIN Sport, j'ai joué quelques exhibitions en double. Rester au contact, j'en ai besoin pour mon équilibre, parce que le tennis, c'est ce que j'ai fait toute ma vie, et c'est ce que j'aime.

Il est difficile de ne pas s'ennuyer après sa retraite, et de se trouver une occupation ?

C'est difficile parce qu'il faut déjà "faire le deuil" de sa carrière d'athlète. Mais c'est plus simple lorsque l'on a d'autres objectifs, d'autres défis, et que l'on est assez équilibré. J'ai une certaine stabilité, avec ma femme et mes enfants. Pour moi, cela a été facile. J'ai eu de belles opportunités, et des rencontres m'ont aidé à continuer à évoluer dans ce secteur-là. Et aujourd'hui, je suis épanoui...

Ecoutez Sébastien Grosjean...

Richard Gasquet, ce tournoi d'Anvers est très particulier pour vous...

J'ai un entraîneur qui fait partie de l'organisation, ce qui est quand même assez atypique. Cela n'arrive pas à beaucoup de joueurs. Rien que ça, c'est déjà excitant. Et puis, c'est la première fois depuis longtemps qu'il y a un tournoi en Belgique. Je pense qu'à Anvers, il y a une tradition du tennis, il y a eu beaucoup de tournois dans le passé. C'est un tournoi qui est important pour moi, et pour tout le monde. Et je ressens l'excitation qu'il y a ici.

Le tennis belge a été au sommet grâce aux filles. Et maintenant il y a David Goffin. C'est votre pote ?

Oui, bien sûr. C'est vrai que vous avez eu deux très grandes joueuses, deux des plus grandes du tennis féminin. Et David a tout pour devenir un très très grand joueur. Il joue déjà très bien aujourd'hui. Il a tout pour aller plus haut, faire des finales de Grands Chelems, aller dans les 10, voire dans les 5 premiers. Il en est largement capable.

David va essayer de gagner ce tournoi, mais vous aussi. Vous êtes en forme, et ce tournoi, vous venez pour le gagner...

Bien sûr, quand on vient sur un tournoi, c'est pour le gagner. J'en ai déjà gagné d'autres qui peuvent ressembler à celui-là. Là, c'est vrai que le tableau est fort, il y a beaucoup de très bons joueurs. On sait que ça va être dur, mais c'est le sport. Je ferai le max pour le faire et on verra bien ce qui va arriver...

Ecoutez Richard Gasquet...

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