Cinq choses à savoir sur Daniil Medvedev, le nouveau numéro 2 mondial du tennis

Plus de 15 ans que le tennis n’avait plus connu ça : le numéro 2 mondial du classement ATP publié ce lundi 15 mars ne s’appelle ni Rafael Nadal, ni Roger Federer, ni Andy Murray, et encore moins Novak Djokovic. Le dauphin du Serbe (solidement installé sur le trône mondial) s’appelle désormais Daniil Medvedev, qui a repoussé Rafael Nadal au 3e rang. Le dernier joueur à occuper cette place de numéro 2 sans avoir la carte de membre du "Big Four" s’appelait Lleyton Hewitt, en juillet 2005. Medvedev avait 9 ans… et rêvait de jouer contre Federer et Nadal.

Daniil Medvedev n’est évidemment pas arrivé là par hasard : pour fêter cette place de n°2 mondial, le Russe a certes remporté le tournoi de Marseille, mais son palmarès récent mentionne surtout une place de finaliste à l’Open d’Australie et une victoire finale au Masters de Londres fin 2020. Mais au-delà du palmarès pur et dur, connaissez-vous ces 5 anecdotes à propos de "l'ours de Moscou" et de son caractère bien trempé ?

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Daniil Medvedev, tout un programme © AFP or licensors

Il a remporté un tournoi en battant les trois premiers mondiaux

Et on ne parle pas de n’importe quel tournoi… : Daniil Medvedev ne s’est pas contenté de remporter le Masters ("ATP Finals") en 2020 : il a aussi battu dans l’ordre le numéro 1 mondial Novak Djokovic en phase de groupes, le numéro 2 Rafael Nadal en demi-finale puis le numéro 3 Dominic Thiem en finale. Jamais aucun joueur n’avait signé cette série dans un Masters, un exploit savouré à sa juste valeur par le Russe qui déclarait alors que "battre le numéro 1, le numéro 2 et le numéro 3 mondial dans la même semaine, même si certains n’étaient peut-être pas dans la forme de leur vie, ça reste quelque chose. Ils restent les meilleurs joueurs du monde…"

Il n’a… jamais gagné de match à Roland Garros

Cela peut surprendre, mais le Russe semble en effet jusqu’ici un peu "fâché" avec la terre battue parisienne : en quatre participations, il n’a tout simplement jamais franchi le premier tour de Roland Garros ! Il en plaisante même en expliquant que remporter enfin un match à Roland fait partie de ses gros objectifs de la saison…

On pourrait presque ajouter qu’il est aussi un peu frileux face aux joueurs français quand il les rencontre à la Porte d’Auteuil, puisqu'il a subi 3 de ses 4 défaites contre des "Bleus" (Benjamin Bonzi en 2017, Lucas Pouille en 2018, Pierre-Hugues Herbert en 2019). L’an dernier c’est le Hongrois Marton Fucsovics qui lui a dicté sa loi.

Cela ne veut pas dire que Medvedev est totalement allergique à la terre battue : il a déjà atteint la finale du tournoi de Barcelone, ou encore la demi-finale à Monte Carlo, et battu sur l’ocre des joueurs tels que Djokovic ou Tsitsipas.

Il a remporté tous ses tournois sur la même surface

Daniil Medvedev est ce qu’on appelle un spécialiste du dur, puisque c’est sur cette surface qu’il a remporté tous ses titres ! Dix tournois ATP gagnés, dix tournois sur dur. En extérieur (4 titres) comme en intérieur (6), c’est bien sur le "béton" qu’il s’éclate le plus : en plus du Masters, il y a notamment aussi remporté les gros tournois de Shanghai, Cincinnatti et Paris. Malgré tout, Medvedev confesse pourtant que sa surface préférée est… le gazon. L’art du contre-pied.

Il a "retourné" le public new-yorkais en quelques jours

C’est sans doute un des moments forts de sa carrière : à l’US Open 2019, Daniil Medvedev a poussé Rafael Nadal aux 5 sets dans une finale épique finalement remportée par l’Espagnol au bout du suspense. Ce jour-là, le public new-yorkais a soutenu le Russe, alors que quelques jours auparavant, le joueur avait signé une performance "à la McEnroe" contre Feliciano Lopez au troisième tour.

Mouvement brusque vers un ramasseur de balle pour obtenir sa serviette, avertissement de l’arbitre, jet de raquette et même geste obscène brandi "discrètement"… : docteur Daniil s’était mis le public américain à dos, et mister Medvedev n’avait rien fait pour calmer le jeu en provoquant la foule dans son discours d’après-victoire, toujours sous les huées : "Je voulais tous vous remercier, parce que si vous n’aviez pas été là, je n’aurais pas gagné ce match. J’ai gagné grâce à votre énergie, je veux que vous le sachiez en allant dormir ce soir… Merci à tous, parce que l’énergie que vous me donnez là va me servir, je pense, pour mes cinq prochains matches ! Au plus vous faites ça, au plus je gagnerai. Pour vous les gars ! Merci !"

Une attitude toute en provocation qui a surpris le public américain, pris à froid par un joueur "méconnu". Mais trois victoires (dont des matches contre Wawrinka et Dimitrov) plus tard, Medvedev avait gagné le respect de la foule, qui l’a tout de même encouragé contre Nadal. En vain, cette fois.

Il ne mange plus de croissants au petit-déjeuner

Daniil Medvedev l’a avoué au site officiel de l’ATP : si sa carrière a évolué, c’est sans doute dû notamment à son changement de philosophie de vie. On pourrait résumer cela par "plus de discipline, moins de dolce vita", puisque parmi les exemples que cite le Russe, il évoque sans honte son amour des croissants au petit-déjeuner (la vie "à la française", puisqu’il vit en France depuis ses 18 ans, ce qui lui permet aussi de parler couramment le français), qu’il a fini par remplacer par le porridge.

Plus largement, c’est donc en travaillant son hygiène de vie que le Russe a réussi à mieux cadrer ses performances. En tournoi, il évite aussi d’emporter sa console de jeux "sinon je sais que je deviendrais fou et que je jouerais tout le temps".

(Bonus) Medvedev et Medvedev, aucun lien

Daniil Medvedev n’a aucun lien de parenté avec Andreï Medvedev, l’ancien n°4 mondial ukrainien. Même s’il lui envie sans doute son parcours à Roland Garros 1999 (finaliste, battu par Andre Agassi)…

 

 

 

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